La légende "666"

Soumis par Hayan Sidaoui le dim 27/08/2017 - 10:23

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Bien des légendes populaires sont ancrées dans la mémoire collective de diverses sociétés bien qu'elles soient, du moins à notre époque, étrangères à toute logique ou même au simple bon sens. Toutefois, ces légendes ont une vraie origine historique que les pouvoirs, notamment religieux, s'appliquent à changer de nature en leur prêtant une interprétation "céleste", dans l'unique but de maintenir leur mainmise sur les esprits et les destins des peuples.

Les chiffres tiennent une place particulière parmi ces légendes dépourvues de sens; chez les hindous il y a le 7 porte-bonheur, ou encore le 13 porte-malheur chez certaines communautés chrétiennes. Mais la "star" de ces chiffres est sans doute le 666 censé représenter le diable chez les catholiques.

En réalité le chiffre 6 a bien une signification antique qui remonte à la première civilisation connue - on y revient toujours - la civilisation mésopotamienne c'est-à-dire la sumérienne.
J'avais déjà évoqué, dans une autre publication, la nature centralisée et lourde du pouvoir administratif de cette civilisation, une lourdeur et donc une lenteur qui a été la cause de sa propre disparition.

Il fallait remonter tous les grains de blé, d'orge ou de maïs, du royaume vers l'entrepôt central avant de le redistribuer. Comme les récoltes de l'époque étaient exceptionnelles, il fallait comptabiliser chaque grain, ce qui demandait un temps astronomique.

Comme les sumériens ne connaissaient pas le chiffre, ils ont opté pour un système de jetons sous forme de petites boules d'argile. C'était un matériau local, il suffisait de se baisser pour en avoir suite à l’assèchement du golfe persique. Celui-ci était 200 km plus étendu qu'aujourd'hui et il a couvert le sol de limon et de terre argileuse.

Chaque boule représentait un sac de grains. Ce système avait le défaut d'encombrer les comptables de milliers de jetons. Par commodité, ils ont fabriqué des boules creuses et entreposaient à l’intérieur les jetons puis les scellaient.

Par pur hasard, cette boule en question ne contenait que 6 jetons car ils n'arrivaient pas à en faire de plus grosses avec l'argile. Et pour simplifier la tâche des comptables, ils transportaient ces boules dans des sacs qui contenaient 6 boules chacun. Donc, le plus gros chiffre connu par les sumériens était le 36 : 6 jetons x 6 boules = 36 sacs.

Jusqu'à nos jours, 5300 ans plus tard, on dit par exemple "il n'y a pas 36 façons de faire". Les arabes du Croissant fertile ayant attribué au zéro une valeur décimale disent "il n'y a pas 60 façons de faire" !

La voix de mon père raisonne encore dans mes oreilles quand il me grondait gamin en me lançant "ça fait 60 fois que te le répète".

Il existe bien d'autres exemples comme le jeu de la roulette anglaise où le plus gros chiffre est le 36 etc.

Je reviens au 666! Faut dire que la première mission du monothéisme, encore fragile au début de son apparition, ne consistait qu'à dénigrer le paganisme en associant systématiquement ses traditions au diable, à Lucifer la méchante créature qui ne veut que nous éloigner de Dieu! Et le 6 est le chiffre maudit par excellence étant l'unité arithmétique des païens! On a même "enfoncé le clou" on rajoutant deux autres 6 comme si le 666 diabolique représentait la trinité du diable en opposition à la trinité sacrée du père, du fils et du Saint-Esprit.

Pour terminer, je ne vous cache pas que le 6 et je n'irais pas par 36 chemins, est l’un de mes chiffres porte-bonheur et j'en suis 60 fois satisfait.