Poesie

Terre

Soumis par Hayan Sidaoui le jeu 16/04/2020 - 02:53

Terre douloureuse, pieuse, versatile
Si intensément de sang nourrie
Si haute de son rouge bien fourni
Terre, de toi je m’en ferais une âme
De toutes les fiancées tu es la plus habile

Ton jasmin m’enflamme, ton thym me berce
Et ce ciel turquoise que je chéris
Longs sont tes chemins fleuris
Où reposent les corps qui nous blâment
Où dorment sereins les vainqueurs de la farce

Sommeil

Soumis par Hayan Sidaoui le mer 15/04/2020 - 00:33

Souvent longeant les rivières
Cherchant un coin où un arbre sains
Têtu, déterminé et aventureux en vain
Les ombres se diluant dans la lumière

Poursuivant une vision odorante
Une fenêtre à l’ombre d’un cerisier
Éclairé par mes yeux outranciers
Guettant des flammes flamboyantes

Tel un païen j’ai récité des prières
Tel un profane ignorant les dieux
J’implorais les nuages et leurs cieux
Espérant une tempête nourricière

Sentiment naissant

Soumis par Hayan Sidaoui le sam 11/04/2020 - 20:59

Sous la lumière argentée de la lune
Quelque part au-dessus de la colline
Je sens ta douce présence feline
Éclairer de son ombre les dunes

Je te vois dormir sur l’horizon
Planant par dessus les êtres
Tel un vieux chêne ou un hêtre
je vieillis regardant le firmament

Veux-tu descendre ici-bas
Colorer de tes yeux la Terre
Veux-tu t’asseoir parmi les fleurs
Que je puisse danser au pas ?

Deux lunes

Soumis par Hayan Sidaoui le lun 06/04/2020 - 22:42

Quelque fois l’air absent
Occulté par un lourd masque
Pour se protéger, dit-on
De quelques airs fantasques

Confiné entre le temps et l’espoir
Tel un chercheur d’aubes
Attendant dans un boudoir
Attendant quelques belles odes

Tels deux belles lunes
Malgré les nuits sombres
Tes yeux, toi la douce brune
m’abreuvent de leur ombre

Il est de ces virus vicieux
Qu’on respire à plein poumons
Irriguent le cœur malicieux
L’emmenant au firmament

Glas

Soumis par Hayan Sidaoui le mer 01/01/2020 - 11:40

Mon verre plein, cet horizon
Oú se jettent mes pensées
Sans voile, sans retenue ni trahison
Avec le rouge du sang glorifié

L’esprit s’y plonge volontiers
Tel un soleil au crépuscule
À l’abri des vents alizés
Savourant des plaisirs minuscules

Viendra la lune et son clair
Déchirer le noir inquiétant
Éclairant le légitime flair
Des âmes libres des combattants

Les voilà nus mais plus légers
Débarrassés de la lourde cape
Qui emprisonne les ardentes envolées
Pour atteindre la vérité qui frappe

Euphrate

Soumis par Hayan Sidaoui le mer 04/12/2019 - 13:15

Large sillon au long cours
Aux remous incertains
Aux berges où l’amour
Inonde les lendemains

Dieux et temples y veillent
Les prières font échos
À la pluie et au soleil
Aux augures des corbeaux

Des rois magnifiques
Et des hommes dociles
Les esprits maléfiques
Craignent leurs faucilles

Berges au blé brillant
Aux semences célestes
Aux graals des innocents
Aux sacrifices funestes

Avide

Soumis par Hayan Sidaoui le sam 16/11/2019 - 00:11

Il est encore plus beau ce novembre
Pas encore tout à fait nu, mais coloré
Comme un serpent qui mue à l’ombre
Du soleil absent qui oublie les damnés

Il est encore plus serein cet automne
Attendant que les tiges se dénudent
Au rythme des chuchotements monotones
Qui annoncent aux amants un prélude

Mieux que le printemps que j’oublie
Mieux que les précoces avances sordides
Mieux que toi et moi hâtivement réunis
Le vent et ses notes me rendent avide

L'air et le vent

Soumis par Hayan Sidaoui le jeu 06/06/2019 - 18:57

Nous sommes l'air et le vent
Ensemble partout nous sommes
Ensemble la mère nature aidant
Brises puis tempêtes en somme

L'exceptionnel charnel grisant
Ce complément de notre œuvre
Vécu, sublimé puis accompagnant
L'attente envahissant nos plèvres

Mieux que l'espoir et l'attente
Mieux que nos désirs brimés
Les rayons des envies latentes
Se jouent des nuits étoilées

Mieux, très chère, sont les ondes
Défiant les monticules obturant
Les hauts sommets frondent
Nos cœurs d'eux s'amusant

Miroir

Soumis par Hayan Sidaoui le jeu 16/05/2019 - 22:25

Ces étoiles brillantes et sordides
Comme tant de visages anodins
Flottants sur l'eau où candide
Je me vois dans ce miroir alcalin

Cléments sont les cieux me dit-on
Si toute promesse on absorbe
De ces dieux malins et flottants
Où les châtiments débordent

De mille visages et d'autant d'enfers
Du tien, muse aux multiples talents
Je ne sais que trop bien quoi en faire
Si demain je demeurerais vaillant

Tempête de nuit

Soumis par Hayan Sidaoui le dim 28/04/2019 - 13:35

Une brève rencontre le temps d'un orage
Nez à nez dans un duel ombrageux
Si près de sa poitrine, de son visage
Les souffles voltigent emmêlés et nuageux

Les regards détonnent, l'éclair dévoilant
La rivière, le sous bois et les collines
Exhibant les berges humides au soupirant
Il pleut, il pleut, chante la bécassine

Puis, les chants se taisent brusquement
Dans un long silence étourdi
Le noir profond revient, enveloppant
Les sensations qui s'évaporent dans la nuit

*publié sur mon compte FB le 27 avril2017