• Genèse d’une philosophie pour les nuls

    Soumis par Hayan Sidaoui le jeu 17/04/2025 - 17:13

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    Le problème de la culture occidentale de manière générale quand il s’agit des autres cultures est qu’elle n’est qu’un cocktail d’amalgames mêlés à des clichés et à des idées préconçues reflétant la superficialité de leurs propres sociétés, ce qui ne les empêchent pas de mitrailler leurs avis, leurs points de vues, analyses et même parfois leurs solutions pour les problèmes des autres alors qu’ils ignorent presque tout de leurs sociétés et de leurs Histoires… une connaissance qu’ils prétendent avoir où dominent le fracas de la jactance et le silence du bon sens et de la rationalité où l’humilité brille par son absence !


     

    Je propose donc la lecture de cet excellent article de mon compatriote Khalil Wayzani qui éclairera sans doute ceux qui en Occident s’intéressent réellement à nous et à nos problèmes récurrents, et qui éclairera aussi un bon nombre d’arabes dont l’ignorance joue des coudes à celle des occidentaux et où le sectarisme borné et le chauvinisme à l’orgueil mal placé tue tout discernement.


     

    Cet article traîte du chiisme levantin qui, avant d’être, une confession, est une philosophie politico-révolutionnaire qui se distingue de « l’establishment » dynastique des différents Califats et royautés musulmanes sunnites qui se sont succédés dans le Monde Arabe depuis la bataille de Karbala (Sud de l’actuel Irak).


     

    Avant l’excellent article de Khalil Wayzani je propose un petit préambule sur ce qu’est le chiisme pour une meilleure compréhension de l’article proposé.


     

    Beaucoup ignorent que le chiisme , qui a vu le jour en l’actuel Irak, se proclame du sunnisme (tradition) avec qui il partage le même Livre et où le dogme proprement dit s’est légèrement dévié du dogme traditionnel que tardivement, la bataille de Karbala a eu lieu entre sunnites puisque le chiisme n’existait pas encore, cette bataille opposait en réalité deux visions sunnites de l’Islam, celui dynastique de ceux qui sont devenus les omeyyades qui ont instauré un Califat dynastique contraire aux préceptes du Prophète, une structure dynastique contestés par les descendants directs du Prophète dont le testament oral préconisait que le Califat doit revenir à celui qui est le plus apte à diriger la communauté, peu importe son appartenance sociale ou tribale, comme ce fut le cas des quatre premiers Califes dits majeurs, d’autant plus que les fondateurs de la dynastie omeyyades n’ont adopté l’Islam devenu endémique au Proche-Orient que très tardivement, après avoir combattu le Prophète dans un premier temps, dans l’unique souci de garder le pouvoir qui était le leur avant l’avènement du l’Islam !


     

    Plus tard, entre le despotisme des uns et la frustration des autres, le fossé s’est élargi pour aboutir à la naissance du dogme chiite proprement dit dont les fondements sont l’éloquence et la sagesse d’Ali gendre du prophète, premier philosophe de l’Islam et le quatrième et dernier Calife majeur qui a été assassiné, et le martyr de 7 de ses fils, dont Hussein, lors de la fameuse bataille de Karbala (Hussein était le deuxième fils d’Ali, et donc petit fils du Prophète, Ali avait eu 14 fils et 17 filles en tout);  l’aîné Hassan qui fut cinquième Califat éphémère avant son abdication pour éviter la division a été aussi assassiné quelques années après la bataille de Karbala).


     

    L’émergence du chiisme comme dogme a été graduel et ne s’est vraiment révélé comme tel que plusieurs décennies après Karbala. Quant aux perses ils sont passé du sunnisme au chiisme imposé par la dynastie Safavide huit siècles après Karbala, le choix des safavides était purement politique motivé par le souci de protéger les perses, ennemis séculaires des arabes, de l’influence culturelle du Califat arabe sunnite, alors qu’en Irak, en Syrie et au Liban les minorités chiites existaient déjà depuis 7 siècles, et peu le savent : le chiisme libanais se distingue du chiisme iranien sur un seul aspect, c’est l’unique communauté du Monde Arabe à défendre la laïcité comme mode de gouvernance, dont le but est d’instaurer une cohabitation tolérante et pacifique entre toutes les religions et aussi éviter la division qui n’est que l’arme première du sionisme et du colonialisme.


     

                                               Hayan Sidaoui


     


     


     

    « Genèse d’une philosophie pour les nuls » de Khalil Wayzani :


     

    Qu’on soit bien clairs dès le départ : je ne parle pas ici de religion au sens strict. Je parle d’une idéologie. Celle du chiisme comme levier de résistance à l’injustice, comme soif de liberté face à toutes les tyrannies. Une idéologie enracinée depuis Karbala, nourrie du sang d’Hussein et transmise par ceux qui ont refusé de se soumettre aux idoles du pouvoir.


     

    Petit rappel historique pour ceux qui réécrivent l’histoire à leur convenance : le chiisme est présent au Liban depuis le VIIe siècle, avec l’arrivée des partisans d’Ali dans la région du Jabal Amel en provenance su Sud de l’actuel Irak... Tandis qu’en Iran, ce n’est qu’au XVIe siècle, sous les Safavides, que le chiisme a été imposé comme doctrine d’État... Cela pose déjà les bases de qui a influencé qui...


     

    L’histoire n’est pas toujours écrite par les vainqueurs... Parfois, elle est portée par des exilés, des savants, des hommes debout dans la brume des montagnes, loin des palais... Avant que l’Iran ne se drape du turban de l’Imamat, c’est dans les collines du Jabal Amel que le chiisme s’est enraciné... Profond, discret, intransigeant... Le Sud-Liban, terre de silence et de savoir, portait déjà la doctrine des Douze Imam, dont le dernier serait le Messie attendu (Al-Mahdi), alors que l’Iran pré-safavides suivait encore les Hadith des prédicateurs sunnites radicaux tels Abu Hanifa ou Houreyra  (  oui oui, bien sûr... À cette époque, les arabes avaient déjà inventé le dictaphone.... pour rapporter autant de conneries rapportées au Hadith qui était censé rassembler l’ensemble des discours et prêches du Prophète )


     

    Alors remettons les pendules à l’heure pour les imbéciles et les idiots utiles de l’ordre établi : le chiisme libanais ne vient pas de Téhéran, c’est Téhéran qui s’était abreuvé à notre source... Quand les Safavides ont imposé le chiisme en Iran au XVIe siècle, ils ont dû faire appel à nos savants du Jabal Amel... Pourquoi ? Parce que leur terre, aussi vaste soit-elle, ne comptait pas assez de chiites pour faire tenir debout une doctrine d’État... Le chiisme iranien est né d’un décret impérial, mais il n’avait ni âme, ni chair, ni colonne vertébrale...


     

    Alors ils sont venus chercher nos hommes... nos érudits... les enfants de nos martyrs... Ils ont importé notre science, notre jurisprudence, notre fidélité à la mémoire des Imams descendants du Prophète ... C’est nous, Libanais, qui avons structuré leur pensée, encadré leur clergé, enseigné leur théologie... Leurs premières hawzas ( écoles de théologie) étaient animées par des Libanais... Leurs grandes figures spirituelles parlaient l’arabe du Jabal Amel... L’Iran avait le pouvoir... Nous avions le savoir...


     

    Oui, l’Iran nous doit... Il nous doit ses fondations doctrinales et confessionnelles  ... Il nous doit l’idée même de résistance spirituelle et de la légitimité de l’enseignement théologique destiné à combattre l’injustice...


     

    Mais nous lui devons aussi... Il a été l’écho de notre solitude... Il a brisé notre marginalité historique... Il a transformé notre isolement en force... Il a offert un toit à notre combat, une tribune à notre cri...


     

    Et c’est ici que l’hypocrisie commence... Ces  Libanais minoritaires qui dénigrent et haïssent les chiites... à peine instruits, à peine ancrés dans leur propre histoire... qui n’existaient pas dans le combat, ni dans la douleur, ni sous l’ombre des bombardements... mais qui aujourd’hui osent insulter l’Iran...

    Leur seule mémoire politique est celle des discussions de comptoir ... Leur courage se limite à insulter ceux qui les ont protégés, alors qu’eux ne protégeaient avec leur rhétorique bien rodée et vide de sens que leurs vies artificielles...


     

    Ils nous parlent d’"occupation iranienne" alors que c’est la seule main qui ne les a jamais vendus... elle les a même défendu face au terrorisme… ils vomissent l’alliance avec Téhéran parce qu’elle dérange leurs mécènes occidentaux et leurs petites ambitions mercantiles... mais ils oublient que sans cette alliance, ils auraient été depuis longtemps avalés par le feu sioniste ou livrés en miettes au salafisme saoudien...


     

    Cela dérange ? Tant mieux... cela choque les courtisans du Golfe ou les résidus d’empire à Paris ? Parfait... l’alliance entre le chiisme libanais et l’Iran n’est pas née d’un caprice géopolitique... elle est née d’une symbiose entre le sang et la science où se mêlent martyrs et manuscrits... elle est gravée dans l’histoire, non négociable, non soluble dans les injonctions des chancelleries...


     

    Alors qu’ils continuent à vociférer ... qu’ils persistent à danser au rythme des télévisions sponsorisées par les pétrodollars... qu’ils lèchent les bottes de ceux qui ont rasé "leurs" villages pendant qu’eux se "terraient" dans les beaux cafés... mais qu’ils sachent une chose : nous n’oublierons pas...


     

    Ce lien est éternel...

    Nous avons été la source... Ils ont été le fleuve...

    Aujourd’hui, nous sommes la digue... Ils sont l’orage...


     

    Et tant que l’injustice règnera, notre pacte tiendra... Qu’ils hurlent, qu’ils complotent, qu’ils assassinent : on ne divise pas une filiation scellée par la foi, la douleur et la mémoire...


     

    Et tant qu’un seul d’entre nous croira encore à la justice, cette alliance vivra...

    Qu’ils s’étouffent avec leurs mensonges, qu’ils dégainent leurs éditos ou leurs fatwas de pacotille : le chiisme libanais n’a jamais été importé... Il a été exporté ... et il ne se reniera jamais...

    Le Hezbillah n’a jamais placé les intérêts de l’Iran au-dessus de ceux du Liban… Et croyez-le ou non, l’Iran n’a nul besoin de nous : elle agit uniquement par devoir de justice et par fidélité à ses principes et par solidarité avec ses lointains parents…


     

    Ps : Al-Shahid al-Awwal, ou le Premier Martyr, de son vrai nom Mohammad ibn Makki al-Ameli, est un grand juriste chiite né en 1334  au Sud-Liban. Brillant érudit, maîtrisant à la fois les jurisprudences chiite et sunnite. Accusé de propager le chiisme en secret à Damas, il fut condamné à mort, décapité en 1385, puis son corps fut crucifié et brûlé. À cette époque, l’Iran n’était pas encore chiite... Tandis qu’au Liban, nous subissions déjà l’oppression pour notre foi, mais nous avions cette soif intarissable du savoir et un amour profond pour la justice... Son martyr incarne à la fois la douleur et la dignité de ceux qui ont porté haut l’étendard de la vérité malgré les persécutions... et rappelle le rôle pionnier des savants libanais dans la diffusion du chiisme bien avant qu’il ne s’enracine ailleurs.


     

     

     

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  • Beyrouth l’autre éternelle

    Soumis par Hayan Sidaoui le mer 13/09/2023 - 19:26

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    En 5000 ans d’Histoires Beyrouth la phénicienne a été plusieurs fois détruites et à chaque fois reconstruite, fondée il y a 5 millénaires en même temps que Tyr, Sidon et Byblos, « la fiancée de la mer » comme l’appellent les beyrouthins est immortelle, invasions des grands empires de l’antiquité et du moyen âge tels que Égyptiens, hittites, babyloniens, macédoniens, romains, moghols, mamelouks, croisés, ottomans en plus de plusieurs tremblement de terre meurtriers (en 551 un tremblement de terre accompagné d’un tsunami l’a complètement détruite), guerre civile entre 1976 et 1989 et en 1982 fut à nouveau détruite puis occupée, après un mois de bombardements intenses qui l’ont détruite à 40% et a tué 35000 beyrouthins de tous bords, par l’entité sioniste occupant la Palestine avec l’aide de la France et des USA puis chassée par une résistance courageuse et obstinée et avec elle les légionnaires français et les marines américains après qu’ils aient subit des pertes lourdes (plus de 80 légionnaires et presque 300 marines tués), on retiendra de cette triple occupation le massacre de Sabra et Chatilla commis conjointement par les forces libanaises de Geagea et Hobeika et l’armée israélienne ! 
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    La « fiancée de la Méditerranée » est aussi connue pour sa première faculté de droit de l’Histoire fondée au 2e siècle et détruite par le séisme de 551, elle est à l’origine de la jurisprudence dans le sens moderne et ses élèves avaient élaboré le code de Justinien, premier véritable code de loi 2000 ans après celui d’Hammurabbi ! 

    En outre Beyrouth est connue depuis le 19e siècle pour être la capitale arabe culturelle et artistique et est réputée pour ses nombreuses et prestigieuses maisons d’édition multilingues ! 

    Ses universités et écoles particulièrement performantes ont été jusqu’au début de la guerre civile la destination préférentielle des étudiants du Monde Arabe dès les années 1940 avant l’Europe et les USA ! 

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    Si le Sud-Liban, Baalbeck et la banlieue Sud de Beyrouth sont les fiefs de la résistance libanaise elle est elle-même la capitale incontestée de la résistance au sionisme, aujourd’hui encore malgré la guerre économique que mène l’Occident sionisé contre le Liban, dans le but d’atteindre sa puissante résistance qui est à ce jour unique vainqueur arabe de l’entité sioniste (en 2000 et 2006), elle demeure digne n’offrant aucune concession à cette nouvelle agression de l’Occident, agression d’un nouveau genre avec l’aide de quelques traîtres libanais notoires ( les bandes du trio Hariri-Geagea-Joumblatt). 

    Pour mémoire, les plus grands partis politiques du Monde Arabe anti-colonialistes et anti-sionistes ont été fondés à Beyrouth pour certains et pour d’autres ils y ont trouvé un terrain propice à leur essor !

     

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    Cependant, Beyrouth, malgré ses belles plages, sableuses comme rocheuses, et sa vie nocturne très animée, est une ville où il ne fait pas forcément bon vivre à cause de sa exceptionnelle densité démographique due à sa petite superficie, densité aggravée par la migration massive des provinces du Sud et du Sud-Est après l’invasion israélienne de 1978. Sa géographie naturelle est aussi belle que particulière puisque c’est une presque-île légèrement vallonées et adossée à la montagne sans aucune possibilité d’extension. Malgré tout son front de mer est d’une exceptionnelle beauté ! 

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    Beyrouth, souvent martyrisée mais aussi souvent adulée sera toujours la fiancée de la Méditerranée mais aussi et surtout la fiancée de la dignité, du courage et de la liberté!

    5000 de fiançailles déjà et ce n’est qu’un début 

     

     

     

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  • Les ailes brisées

    Soumis par Hayan Sidaoui le jeu 15/04/2021 - 19:58

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    Je bouscule un peu la programmation annoncée des articles à venir sur mon site "l'Occidentaliste".
    Au gré de les navigations hasardeuses sur facebook, je tombe sur une publication de Said Ben qui exhume un monument de la littérature levantine! Un algérien qui me rappelle un oubli coupable de ma part! Je l'en remercie en publiant son texte sur mon cite avec mon introduction en préambule.

    Gibran Khalil Gibran (Bcharré, Liban 1883 - New-York 1931) philosophe, poète et écrivain libanais et May Ziadé (Nazareth, Palestine 1886- Le Caire 1941) poétesse, ecrivaine, essayiste ont formé au tournant entre le 19e et 20e siecle un couple littéraire unique dans son genre. un couple virtuel où la distance et l'impossible rencontre n'ont pas empêché une sensualité grandiose bercée par leurs plumes à la fois si légères et si lourdes de sens, où la légèreté porte la tristesse langoureuse comme un triomphe. Le triomphe d'une âme tendre et aussi celui du charnel sans cesse fuyant et hors d'atteinte...

    Quel homme n'aurait pas aimé rencontrer le goût éternel de l'amour, éternel car inaccessible que la native de Nazareth a si bien symbolisé ? Et, quelle femme n'aurait aimé passer sa vie à caresser l'admiration pour son aimé devant le même inaccessible amour ?

    Entre relation épistolaire jusqu'à l'extrême entre May et Gibran renferme en elle une petite part, sans l'avouer, de l'aventure litteraire "giflante" animée par la malice de Musset et les coquetteries de Georges Sand quoique dans une autre registre, mais aussi une part plus importante de la sordide relation entre Rodin et Camille Claudel, qui avec le "couple" Gibran et Ziadé complète un trio littéraire, dans trois registres différents, faisant ainsi le tour de "la mythologie amoureuse", rien n'est oublié, tout est poussé à l'extrême!

    Gibran était-il aussi devoué à May que ses lettres l'affirment ? Et May, était-elle aussi passionnée que sa plume enflammée le disait ?
    On ne le saura jamais et tant mieux car la littérature des âmes est bien plus bienveillante que celles des coprs et c'est ce que ce couple imaginaire nous apprend. Parfois vaudrait mieux ne pas voler trop haut pour ne pas finir par durement retomber!

    Gibran, l'auteur notamment du "Prophète" et des "ailes brisées" nous avait confié; "vos enfants ne sont pas les vôtres mais ceux de la vie", je lui emboîte le pas en vous confiant: "nos amours ne sont pas les nôtres mais ceux du destin"
    Hayan Sidaoui

    Par Said Ben:

    Chronique des temps passés
    Un Amour impossible au goût d'amertume et de tristesse

    Une incroyable histoire d'amour qualifiée d'impossible à réuni deux êtres , deux cœurs et deux âmes
    Son charme particuler et extraordinaire est qu'elle a duré 19 ans Le plus incroyable, c’est que jamais nos deux amoureux ne se sont rencontrés. Il était dit, il était écrit, que cet amour serait impossible
    Une passion ardente platonique qui a consume leurs cœurs
    leur histoire est devenu un conte de fée, même si le contenu reste triste et regorge de peines. Les deux amoureux, que le temps, l’espace et la géographie ont séparés, empêchant leur amour de se concrétiser dans la réalité, avaient tout pour être heureux à jamais. Mais le destin avec ses imprévus, la destinée avec ses caprices en décideront autrement et qui s'est perpétuee pendant toute cette durée, avec des moments parfois entrecoupes de longs silences
    Nos deux protagonistes sont tous deux Libanais, de cet Orient fascinant au parfum d'ambre et de Jasmin d'avant guerre berceau des trois grandes religions monotheistes qui vivaient en parfaite harmonie dans un climat de respect et de consideration
    Elle c'est May Ziada chrétienne , elle a vu le jour en Palestine. De père libanais et de mère palestinienne
    May Ziada de son véritable nom Marie Ziadé, est une poète libanaise née en 1886 à Nazareth, en Palestine. Elle est élevée dans sa ville natale, puis part au Liban y faire ses études primaires et secondaires. C’est au Caire qu’elle s’installe finalement avec ses parents pour y étudier les littératures étrangères modernes à l’université égyptienne. Sa maitrise des langues la pousse à entreprendre un travail de traduction
    Elle commence à écrire dès son adolescence et est publiée dans des revues diverses, dont celle dirigée par son père. Elle portera tout au long de sa carrière d’auteure de nombreux pseudonymes, dont le plus beau est peut-être bien celui d’Isis Copia (en référence à la déesse égyptienne Isis et Copia étant la traduction de son nom de famille en latin, qui signifie « abondance » Ziada ) sous lequel ses poèmes sont publiés en France alors qu’elle vient d’avoir vingt-quatre ans.
    Dynamique, elle fonde le Salon littéraire qui deviendra l’espace des intellectuels égyptiens et du monde arabe.
    Son salon est fréquente par des écrivains de renom, tel Taha Hussein, Al Akkad Mohamed Abdou, Quacim Amine, Mustapha Sadek Al Rafii...... Pour ne citer que ceux ci...
    Elle avait un talent d'oratrice indéniable, c'est elle qui présidait et animait les débats
    May Ziadé s’intéresse au féminisme, elle est considérée comme étant la pionnière du féminisme oriental. A travers son travail, elle appelle les femmes à s'interroger sur leur condition de vie et à s’émanciper. Elle milite dans ses salons mais surtout dans ses écrits
    Lui c'est Gibran Khalil GIbran il était libanais, tout comme May. Et était né en 1883
    Issu d'une famille modeste chrétienne, Khalil Gibran suit sa mère qui, aspirant à une vie meilleure, quitte le Liban pour Boston. Nostalgique, il retourne dans son pays et entame des études à l'Ecole de la sagesse à Beyrouth où il étudie l'arabe et le français, tout en suivant un enseignement religieux et moral. Passionné de peinture, Khalil Gibran décide de s'installer à Paris et d'étudier à l'Ecole des beaux-arts
    Sa mère mourante, il accourt à son chevet à Boston et décide dès lors d'exercer ses talents à New York. Son génie créatif lui vaut quelques oeuvres remarquables dont l'incontournable 'Le Prophète', véritable référence spirituelle.
    Il garde dans l’exil une passion exaltante pour son pays.philosophe, écrivain, poète et peintre, c’est un lecteur de la Bible qui parle comme un soufi, un chrétien qui chérit la gloire de l’Islam, un amoureux qui cherche sur le miroir de son oeuvre la pureté de son âme. Il a passé sa
    vie à écrire et à peindre. Il est de Bécharré ville libanaise somptueuse avec ses cascades, ses forêts, ses hivers de neige, ses chants , ses collines plantées de vieux ceps, et « leurs grappes suspendues comme des lustres d'or »,qui lui ont appris cette touche poétique merveilleuse de voir le fond des choses où il rentrera après trois étapes décisives (Paris, New York, Boston), dans un cercueil en bois de cèdre, pour y être enterré en un dernier hommage.
    Histoire de leurs amours
    Tout à commencé par
    l'attention et admiration que porté May aux écrits de l’exilé Gibran, en osant lui écrire une lettre, intellectuelle, critique et amicale. Gibran, des États-Unis, lui répond avec amabilité, courtoisie et admiration.
    Les lettres seront le seul contact réel entre les deux écrivains, qui vont s’échanger des écrits, et des sentiments. Au fil du temps, l’amour s’installe sans se dévoiler, puis devient un fait. Plus les années passent, plus les mots d’amour enrichissent le répertoire de leur incroyable histoire. Leur relation amoureuse, intense et unique dans son genre, aura duré presque vingt ans pendant lesquels leur amour aura pris des proportions inimaginables. Seules leurs lettres peuvent raconter la dimension de cet amour féerique et emouvant.
    Le plus incroyable, c’est que jamais Gibran et May ne se sont rencontrés. Il était dit, il était écrit, que cet amour serait impossible. Quand Gibran disparaît en 1931 à New York, May sera inconsolable durant les dix ans qu’il lui restera à vivre.
    Son souvenir restera gravé dans son cœur jusqu'à la dernière minute de sa vie
    Elle quittera ce monde pour rejoindre son amoureux dans l’autre
    "L'amour ignore sa profondeur jusqu'à l'heure de la séparation" paroles prémonitoires de Gibran en guise d'epitaphe, pour terminer ce sublime roman d'amour original
    Extraits des lettres d'amour
    May
    "Mais je sais que vous êtes mon bien-aimé et que je vénère l'Amour. Je dis cela en sachant parfaitement que le plus petit Amour est grand. La pauvreté et les épreuves qui vont de paire avec l'Amour sont de loin préférables à la richesse sans lui."
    Gibran
    " May, vous êtes le plus grand des trésors de la vie - vous êtes même plus que cela - vous êtes vous. Et je remercie Dieu que vous apparteniez à la nation à laquelle moi-même j'appartiens, et que vous viviez à la même époque que moi. Quand parfois je vous imagine vivant au siècle dernier ou dans le siècle à venir, je lève la main et balaie l'air comme quelqu'un qui dissipe un nuage de fumée devant son visage "

    *lien de la page Facebook de “l’Occidentaliste”:
    https://facebook.com/occidentaliste/

    *Lien d'inscription au site "l'occidentaliste":
    http://www.hayansidaoui.net/user/register/

  • La Chine et le Wuhan vus autrement. Partie II

    Soumis par Gérard Luçon le dim 08/11/2020 - 18:33

    Rubrique

    Gérard Luçon continue de nous abreuver de sa profonde connaissance de la Chine et nous la fait découvrir comme personne d'autre. Cette Chine multiple et infinie, multi-civilisationnelle et multi-culturelle, homogène et hétéroclite... Un État aux multiples nations historiques où le mystère est roi et où la tradition est reine...

    Je me suis engagé à publier toute la série "La Chine vue autrement" malgré mon "allergie chinoise", allergie purement politique, ce qui ne m'empêche pas, étant architecte et historien des civilisations antiques, d'être admiratif de sa longue Histoire, exceptionnelle à plus d'un titre.

    C'est donc avec plaisir que je vous présente ce deuxième volet de "la Chine et Wuhan vus autrement" où on en apprend autant que pour le premier volet, tout en étant réservé sur la dernière phrase sur le régime chinois actuel à connotation politique, voire idéologique, de mon ami Gérard, qui prête à interprétation : " les dirigeants ne sont pas ouvertement les ennemis du peuple, eux". Non, ils ne le sont pas "ouvertement" selon moi !

    Bonne lecture

    Hayan Sidaoui

     

     „Dictature médicale et effondrement de l’Occident”

    Quelques jours après la parution de mon article intitulé « La Chine et Wuhan vus autrement », et sans aucun lien de cause à effet, le gouvernement chinois a demandé des explications sur la multiplication plus ou moins clandestine de laboratoires « douteux » dans les anciennes républiques soviétiques, dont une quinzaine rien que pour l’Ukraine, pays dont la stabilité est plus que relative !

    Détails dans ce lien https://reseauinternational.net/activites-us-de-militarisation-biologique-la-chine-exige-des-explications/ 

    Je ne suis pas certain que cette information et que ces laboratoires aient un lien avec cette « pandémie »mais il est bon de savoir qu’un peu partout, sur cette planète, des Docteurs Maboules et des Généraux Foldingues jouent avec le feu, et apparemment sans aucun contrôle de quelque organisme international que ce soit !

    Concernant l’épidémie de coronarnaque je vais partir d’un postulat, à savoir que « il n’y a aucune guerre contre le Covid,  il y a une guerre contre les Peuples ! »

     

    D’abord parlons des virus de type corona :

    "Les coronavirus, qui paraissent exister depuis la nuit des temps, forment une famille de virus variés (Coronaviridae) qui peuvent infecter aussi bien l'homme que l'animal. Leur nom signifie "virus en couronne" et vient du fait qu'ils possèdent tous un aspect en forme de couronne lorsqu'ils sont observés au microscope. Les coronavirus ont été identifiés pour la première fois chez l’animal dans les années 1930 et chez l'humain dans les années 1960. Il s'agit de virus causant des maladies émergentes, c'est-à-dire des infections nouvelles dues à des modifications ou à des mutations du virus. Les coronavirus humains causent principalement des infections respiratoires, allant du rhume sans gravité à des pneumopathies sévères parfois létales. Ils peuvent aussi s'accompagner de troubles digestifs tels que des gastro-entérites."

    J’ai mis ce texte entre guillemets car il est le résultat d’une synthèse que j’ai faite de divers sites dits spécialisés, la plupart désormais soit oubliant cet historique soit le transformant pour ne parler que des pangolins, chauve-souris et de la gravité de l’actuel corona, ainsi que de la justesse des décisions politiques en Europe, donc ils relayent de la pure propagande !

    Face à cette épidémie déclenchée officiellement en janvier qu’ont fait différents pays (j’en ai choisi 3, que je connais plutôt bien) :

    1 - Réaction de la Chine

    Les autorités chinoises, probablement ayant en mémoire la façon un peu touristique dont elles avaient abordé le SARS du début des années 2000, décident de faire ce qu’elles savent le mieux faire depuis des siècles : le pays se referme sur lui-même ! Les entrées sur le territoire sont strictement contrôlées, et en même temps l’Occident rapatrie de Chine ses ressortissants dans une inconsciente panique révélatrice du « foutoir » qui va suivre…

    Au niveau interne toutes les communications routières, ferroviaires et aériennes sont suspendues, sauf pour stricte nécessité comme les approvisionnements des villes, le transfert de personnel médical et la sécurité (armée, police, ..). Ayant des amis sur place (Harbin, Beijing, Suzhou, Shanghai, Hong-Kong et même Wuhan) je reçois notamment via facebook et de la communauté roumaine expatriée des informations, des photos, des vidéos.

    Je me permets de préciser que les informations reçues de la communauté roumaine sont particulièrement fiables notamment du fait que les roumains expatriés en Chine n’y sont pas allés (contrairement aux français dont l’ego est surdimensionné) pour éduquer les chinois et les sortir du pétrin, leur apporter la bonne parole, la civilisation des lumières, mais pour y vivre ! Rien n’est alarmiste, ils décrivent entre autres Beijing sans nuage de pollution, avec très peu de circulation, peu de gens dans les rues, et les magasins régulièrement approvisionnés ; l’un des roumains que je connais met une photo de son balcon, il voit pour une fois les montagnes au nord-ouest de la ville, un autre parle de Wuhan et cet hôpital « de campagne » mis en place en un temps record. Un troisième, franco-chinois cette fois et ami personnel, originaire de Hong-Kong tombe sur un spécialiste chinois masqué et anonyme, se disant originaire de Wuhan et critiquant la stratégie menée, et il me dit « le gars a l’accent de Hong-Kong », bingo ! La propagande bat son plein…

    Les autorités décident aussi de ne pas fêter le Nouvel An chinois qui est pourtant un événement majeur dans ce pays. Je suis aussi en contacts par mail avec Jenny, la directrice de la société que j’ai créée à Harbin, laquelle me fait savoir que chez eux aussi tout est bouclé mais que rien de grave ne se passe… simple principe de précaution… les chinois qui sont de gigantesques fêtards restent sagement chez eux mais apparemment aucune mesure de contrôle à domicile, aucun quota d’invités dans les appartements, aucune amende délivrée par un abruti en uniforme qui a pris la grosse tête de par le pouvoir discrétionnaire qui lui a été offert, alors qu’on ne lui a pas donné un képi plus large pour permettre à ses deux neurones de respirer. Le sommet de ces contacts avec Jenny est quand je m’inquiète pour elle et qu’elle me répond « ici tout est sous contrôle, vous devriez faire attention à vous », et aussi quand dans la presse occidentale est annoncé que Harbin, 10 millions d’habitants, entre en quarantaine (info relayée même sur la page d’Olivier Berruyer, lequel m’avait habitué à plus de sérieux). Jenny m’explique qu’en réalité il s’agit d’une jeune femme rentrée d’Amérique du nord et qui a été déclarée contaminée, du coup seule la cage d’escalier où celle-ci réside a été mise en quarantaine !

    Economiquement les conséquences sont sans appel, même si la quarantaine du pays est levée dans la seconde partie du mois de mars, la Chine enregistre au 1er trimestre une baisse de son PIB de 6,1%. Socialement elles sont par contre révélatrices, petit à petit la vie reprend, les spectacles, les fêtes, les mariages la fameuse distanciation physique (que l’Occident appelle distanciation sociale) est abandonnée, on désinfecte, on est prudent mais le virus est déjà du passé pour la Chine et le chinois.  Du coup au second trimestre le PIB de la Chine est positif (+3,2%) et au 3ème trimestre c’est +4,9%. Sur 2020 ce pays devrait s’en sortir avec une croissance de son PIB d’environ 2%, et nous ?

    Sources : un mariage « de rattrapage » à Wuhan http://dantomozei.ro/2020/10/22/wuhan-cadrele-medicale-au-organizat-o-ceremonie-de-nunta-in-grup/?fbclid=IwAR0pStSMiU4Ce7ZJMYhGnjTeIqagxa-mbryE9GXey5Ke8Tmt8LvG7koV_ZY

    Source PIB : http://dantomozei.ro/2020/10/19/china-pib-in-crestere-cu-49-in-t3/?fbclid=IwAR2ZH1zYVM4n1fukIzIfQdQTkWoM7FXV82RRiOBgoDEeJiH8GOvFBCjXWuU

    Et quand le virus reprend en octobre au Xinjiang, où a été déclarée infectée une jeune ouvrière de 17 ans, c’est branle-bas de combat: plus de 4 millions de personnes sont testées en 4 jours pour 137 résultats positifs (y compris les asymptomatiques), la vie n’est aucunement stoppée.

      https://fr.yahoo.com/news/chine-plusieurs-millions-personnes-d%C3%A9pist%C3%A9es-175027694.html

    Quand à la vaccination, la Chine s’est basée sur les résultats de tests avec 60.000 volontaires (ou désignés volontaires, qui sait ?), et elle a commencé sa campagne de vaccination vers les publics qu’elle juge prioritaires, à savoir les médicaux et para-médicaux, les douaniers, la police, en bref les gens „au contact”. Et toujours en octobre elle décide d’imposer le double test pour les ressortissants notamment européens et nord-américain, vu leur superbe gestion de cette „pandémie”. Les ambassades de Chine en Russie, USA, UK, France, Italie, Pologne, Népal etc... imposent à tous les passagers allant en avion en Chine, quelle que soit leur nationalité, de présenter à la fois le test „acide nucléïque” et un résultat négatif au test „anticorp IgM seric” datant de maximum 48 heures avant l’embarquement. Cette décision est entrée en vigueur le 4 novembre.

    Bref, pour conclure sur la Chine, les médecins ont fait leur boulot, et les autres autorités ont fait le leur...

    Et les écoliers, à Wuhan ne portent pas de masque (photo rentrée scolaire fin août)

    Chine-photo-rentree-scolaire-2020-08

     

    2 - Réactions de la France et de la Roumanie

    Qu’on peut appeler respectivement Absurdistan de l’Ouest et Absurdistan de l’Est… ou comment la pandémie a vaincu une partie de l’Union Européenne”.

    Après l’épisode tragico-comique de nos avions rapatriant de Wuhan des ressortissants européens, divulgué fin février donc avec un mois de retard, les dirigeants politiques et médicaux de ces deux pays s’en sont donné à coeur joie, voici un best off de leurs débuts respectifs en mars et avril:

    - 3 mars, un décret (2020 190)  interdit en France la vente de masques chirurgicaux aux particuliers https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000041679951?r=Mlx08ZHQx1

    - 6 mars, le président Macron et Maman vont au théâtre, suivis par les médias aux ordres, pour „inciter les français à sortir”

    - 10 mars, Raed Arafat (Secrétaire d’Etat roumain en charge des situations d’urgence): “Tous les cas légers doivent rester à domicile”

    - 11 Mars, Klaus Iohannis (Président de la Roumanie): „Je me suis un peu intéressé à l’état de ceux qui ont été déclarés positifs, les 30 cas et plus, qui sont considérés malades et j’ai constaté que leur état général est bon. Plus précisément, nombre d’entre eux ne présentent aucun symptôme. Nombre d’entre eux ont aussi des symptômes très légers, de type „coup de froid”. Quelques uns ont des symptômes de type grippe. Même les personnes âgées, qui ont en plus d’autres problèmes de santé, ont un état général acceptable. C’est pourquoi il convient de démystifier un peu cette maladie, parce que j’ai lu quelques articles hier, où on parlait d’un virus tueur, d’une manière particulièrement apocalyptique”.

    - 12 mars: le président Macron et son 1er ministre confirment que les élections municipales auront bien lieu le dimanche 15 mars, qu’il n’y a aucun danger.

    - 13 mars, le décret du 3 mars est abrogé et un nouveau décret (2020 247) apparait  avec comme article 1:

    I. - Eu égard à la nature de la situation sanitaire et afin d'en assurer la disponibilité ainsi qu'un accès prioritaire aux professionnels de santé et aux patients dans le cadre de la lutte contre le virus covid-19, sont réquisitionnés, jusqu'au 31 mai 2020 :

    1° Les stocks de masques de protection respiratoire de types FFP2, FFP3, N95, N99, N100, P95, P99, P100, R95, R99, R100 détenus par toute personne morale de droit public ou de droit privé ;

    2° Les stocks de masques anti-projections détenus par les entreprises qui en assurent la fabrication ou la distribution.

    II. - Les masques de protection respiratoire de types FFP2, FFP3, N95, N99, N100, P95, P99, P100, R95, R99, R100 et les masques anti-projections produits entre la publication du présent décret et le 31 mai 2020 sont réquisitionnés, aux mêmes fins, jusqu'à cette date.

    https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000041721820/  

    - 15 mars, des politiciens français se font photographier en train de voter, sans masques, Rachida Dati, Edouard Philippe, Anne Hidalgo entre autres.

    - 23 mars, le virus est devenu très dangereux, la France est confinée, état d’urgence sanitaire, les magasins et les marchés sont fermés, par contre les supermarchés restent ouverts, chez eux les légumes, boites de conserves et autres produits en vente ne sont pas contagieux.

    - 27 Mars, le ministre roumain de la Santé, Nelu Tătaru: “Si la Roumanie dépasse les 2.000 cas confirmés pour le nouveau coronavirus, les cas légers vont être traités à la maison, en grande partie via des volontaires, et les médecins confirmés positifs, mais avec des symptômes légers, vont continuer à travailler en hôpital”.

    - 21 Avril, Klaus Iohannis, président de la Roumanie: “Est apparue une idée qui a amené à beaucoup d’inquiétude et je tiens à préciser clairement quelle est la situation: dans un tel plan, quelqu’un proposait par exemple une mesure aberrante, aberrante, je ne peux m’exprimer autrement, selon laquelle les personnes de plus de 65 ans soient mises en quarantaine, voire même soient enlevées de leurs maisons et conduites dans des lieux de quarantaine. Chers amis, une telle chose ne va pas arriver ! C’est inacceptable ! Nous vivons dans une société libre, une société qui se protège en cas d’épidémie, mais en aucun cas nous ne devons en arriver à une telle mesure totalitaire, je ne peux la qualifier autrement. Donc je dis clairement aux personnes âgées: soyez tranquilles ! Personne ne va venir vous enlever à votre maison, ne va vous mettre en quarantaine, personne ne va vous imposer des choses inhumaines ! Quand le moment sera venu, nous allons venir et vous expliquer les mesures à prendre pour que vous vous protégiez face à cette maladie. En aucun cas, je le répète, en aucun cas l’Etat ne va vous imposer de telles mesures inhumaines, qui ne devraient pas même être discutées dans une société du XXI-ème siècle.”

    Ensuite en Roumanie les ordonnances se sont succédées, les plus de 65 ans ont été consignés à domicile, les hôpitaux réservés aux cas positifs au „covid” et tous les traitements lourds pour d’autres maladies ont été suspendus... les libertés individuelles ont été supprimées, les amendes sont devenues l’objet d’un concours malsain an sein de la Police, les appels d’offres truqués pour la fourniture des masques, gants et autres „babioles sanitaires” ont fait florès...

    De la même manière, excepté pour les plus de 65 ans, en France les hôpitaux ont été réservés aux cas positifs au „covid” et tous les traitements lourds pour d’autres maladies ont été suspendus... les libertés individuelles ont été supprimées, les amendes sont devenues l’objet d’un concours malsain an sein de la Police, les appels d’offres bizarres pour la fourniture des masques, gants et autres „babioles sanitaires” ont fait florès...

    Quand aux achats dans les supermarchés, on atteint des sommets du ridicule

    chaussettes-interdites

    Au niveau du droit, ce lien est intéressant car il donne des pistes pour contester la légalité du confinement généralisé et les dérives autoritaires http://idhbp.org/?fbclid=IwAR0d4eCYjVw5gMYgAh4__ueOR7O0E3BUDitXxaGvWzbUsDrICJThFR4h62M

    J’ai pu remarquer un autre point commun entre ces deux extrémités de l’Absurdistan, le refus de pratiquer des autopsies, la crémation ou bien l’enterrement direct sans laisser aux familles le droit et donc la possibilité de reconnaitre les corps, et une attaque énorme contre les pratiques et traditions religieuses... tout le monde sait bien qu’on se contamine plus en priant qu’en tripotant les légumes dans les rayons du supermarché du coin !

    Ce que nous pouvons constater, dans ces deux pays, c’est que petit à petit les „médecins”, enfin certains d’entre eux, sont devenus les piliers (et l’alibi) du fonctionnement de la politique, et sous prétexte de „nous sauver” ils ont déclenché une peur générale, avec le soutien des médias, et au grand bénéfice des politiques et de leurs amis et sponsors, hommes d’affaires...

    En France, et essentiellement via les réseaux sociaux, nous avons pu apprendre combien d’argent les médecins „Main Stream” touchaient en provenance des laboratoires; côté roumain certains „chercheurs” (non journalistes) se sont attachés au passé de certains de ces médecins, et on a pu ainsi découvrir que Alexandru Rafila, représentant de l'OMS en Roumanie et un des 3 chefs de file de la répression sanitaire actuelle, est le fils de Alexandru Rafila (né en URSS et ex-Officier de la Securitate), un des dirigeants de la répression dans la région Timisoara – Arad (source Lucia Hossu Longin, massacre de Crisul Alb). Ce personnage est candidat aux prochaînes élections parlementaires sur la liste PSD, en poste facilement éligible, ce qui lui permettra de pouvoir bénéficier d'une immunité/amnistie si par hasard les procès déclenchés suite aux nombreux décès liés à sa politique sanitaire donnaient lieu à des condamnations ! En France, les politiques ont tout prévu, ils ont „leur propre tribunal” pompeusement appelé Cour de Justice de la République.

    Au plan économique, et pour ces deux pays, le résultat est impressionnant: pour l’Absurdistan de l’Ouest, à fin août nous comptabilisions 1 million de chômeur de plus et 500.000 „nouveaux pauvres”. En Absurdistan de l’Est, 3 fois moins peuplé, ils étaient seulement 500.000 chômeurs de plus.

    Au niveau du PIB, l’Absurdistan de l’Ouest était déjà dans le rouge, nous devrions atteindre une chute d’environ 10% en 2020, tout en restant le 2ème financeur de l’Union Européenne, donc nous empruntons pour aider les autres....

    De son côté l’Absurdistan de l’Est, gouverné par de sérieux illuminés, devrait tomber de +5 en 2019 à moins 5, voire moins 8% en 2020.

    Quand au futur de ces deux pays, apparemment et contrairement à la Chine seront en priorité vaccinés les vieux, les enfants et les femmes enceintes... les dirigeants et les militaires auraient-ils des stocks d’hydroxychroloquine?

    Il est un autre résultat, impressionnant, c’est lorsqu’on comptabilise le nombre de décès attribués au covid à la population des pays respectifs. Plutôt que de m’en tenir à ce seuls trois pays j’ai un peu élargi avec d’un côté les pays de la mer de Chine et de l’autre ceux de l’UE. La population totale Chine + Japon + Corée + Philippines + Viet-Nam, est d’un peu plus de 2 milliards d’habitants; à fin octobre le total de décès était de 14.000 victimes dont la moitié pour les seules Philippines.

    La population totale de l’Union Européenne est de 450 millions d’habitants, et à fin octobre le total de décès déclarés covid était de 220.000 victimes ! (source https://www.worldometers.info/

    Cette UE qui depuis fin octobre est entrée à nouveau dans une phase de restrictions des libertés, ne semble pas tenir compte des conséquences sociales, humaines, économiques désastreuses qui vont en découler. Comme si c’était une stratégie ! Et au plan médical  il existe environ 13 traitement en plus de l’HCQ +AZ pour traiter les cas les plus lourds et dont les autorités sanitaires ont connaissance, y compris l’Organisation Mondiale de la Santé; donc quel intérêt de ne pas utiliser ces traitements, si ce n’est pour imposer un vaccin qui sera aussi efficace que celui contre la grippe, avec rappel chaque année, c’est à dire financièrement très juteux.

    Des cadors, les dirigeants et médecins européens, ou bien des criminels?

    Ce qui apparait désormais c’est qu’en Chine, les dirigeants ne sont pas ouvertement les ennemis du Peuple, eux !

     

    Nota: Les deux liens qui suivent nont pas un rapport direct avec ce que j’ai écrit, si ce n’est qu’ils décrivent comment on peut manipuler des hommes, des groupes d’hommes ...

    -Expérience de Milgram   https://psychotherapie.ooreka.fr/astuce/voir/664115/experience-de-milgram

    -La mémoire traumatique  https://reseauinternational.net/covid-19-dr-louis-fouche-on-fouette-votre-memoire-traumatique-un-peu-comme-un-enfant-battu/

     

    Autres articles de Gérard Luçon :

    *  http://hayansidaoui.net/Chine-Wuhan-vue-autrement-partie-I

     *  http://www.hayansidaoui.net/la-Chine-et-le-Xinjiang-vus-autrement#sthash.VpJKHmSH.dpbs

     

     *  lien de la page Facebook de “l’Occidentaliste”: https://facebook.com/occidentaliste/

  • La Chine et Wuhan vus autrement. Partie I

    Soumis par Gérard Luçon le dim 18/10/2020 - 11:58

    Rubrique

    La Chine aux innombrables facettes et "masques" est fascinante pour plus d'une raison. Immense par sa superficie, immense par sa démographie hors échelle, immense par sa civilisation plusieurs fois millénaire... en réalité la Chine est immense par ses multitudes de civilisations ou par sa civilisation multiple !

    Bien des occidentaux, ainsi que d'autres, ont du mal à ne pas regarder la Chine comme une seule entité homogène alors qu'elle n'est qu'une mosaïque colorée qui s'est formée au cours des siècles et ce depuis la plus haute antiquité !

    Ses sociétés diverses et variées ne se complémentent pas toujours, au contraire parfois elles se superposent ou se juxtaposent formant ainsi un ensemble difficile à déchiffrer pour le commun des mortels.

    Toutefois, quand on plonge notre regard neutre dans ce le Monde chinois on s'aperçoit que le communisme, comme tout autre éventuel régime, devient secondaire vue le poids culturel ou multiculturel de la population chinoise. En réalité il n'y a jamais eu de révolution culturelle en Chine mais une révolution de système politique tout au plus !

    Dans ce nouveau volet de "la Chine vue autrement" de Gérard Luçon, après le Tibet et le Xinjiang, nous découvrons une nouvelle composante de la mosaïque chinoise, en l'occurrence Wuhan (en deux parties), sans pour autant insister sur le côté politique ou géopolitique pourtant présent en fond de toile le long de la lecture de cet excellent article.

    Il ne s'agit pas dans cette série d'articles d'aimer ou de détester la Chine mais d'essayer, autant que possible, de la comprendre.

    Hayan Sidaoui

     

    L'article de Gérard Luçon

    La Chine et Wuhan vus autrement...

    Je ne traite pas dans cet article du corona-machin, qu’il soit corona-virus, corona-bactérie ou coronarnaque, même si par moment j’y fais référence, mais de la ville de Wuhan essentiellement. Un second article suivra sur cette autre partie avec comme objectif de traiter  dictature médicale et effondrement de l’Occident.

    1 - Wuhan, une ville vue d’une drôle de manière par les „médias” 

    Jusqu’en décembre 2019, Wuhan était quasiment inconnue du grand public, et soudain, en cette année de Grâce 2020 elle est devenue la ville dont on a le plus prononcé le nom quasiment dans tous les pays de notre planète.

    Initialement, dès janvier, nous avons pu voir ces pauvres gens qui tombaient raide morts dans les rues de la ville, dans l’indifférence générale. Incroyables ces chinois, ils font comme nous quand une jeune fille est agressée, ils filment ! Puis il nous a été expliqué que ce virus qui causait leur mort venait de leur marché aux animaux sauvages, où on trouve, entre autres, des grenouilles et des escargots, ce qui a choqué les anglais, habitués à la panse de brebis farcie (cf sketch de Jacques Bodoin https://www.youtube.com/watch?v=5qUyRnQDxk0  avec cette appréciation sublime au début j’ai cru que c’était de la crotte, et après y avoir goûté j’ai regretté que ça n’en fût pas"). Malheureusement cela ne suffisait pas pour nous choquer, nous les français, donc on y a rajouté le pangolin et la chauve-souris (cf sketch de Pierre Desproges  https://www.youtube.com/watch?v=YiQ5VBUSABc  ce qui me permet de rappeler que le petit du Pangolin s’appelle Gérard). Ensuite on nous a appris que ce virus se promenait partout, et en priorité en Italie et en Espagne, mais qu’en France il n’était pas encore arrivé et qu’on pouvait voter.

    Des petits malins qui avaient monté un canular avec un rapport sexuel entre un chinois et une chauve-souris se sont vus réprimander par le service fake news" de nos déconnex réunis en Pravda des lampions", on ne rigole pas avec une pandémie !!!

    sex_chauve_souris

    2 - Wuhan, une ville récente mais une longue histoire

     Wuhan, environ 10 millions d’habitants, est dans le Centre-Est de la Chine, c’est la capitale de la Province du Hubei (qui s’écrit  湖北省, qui se prononce Hu Bei Sheng et signifie Province du Nord du Lac). Le lac est le Dongting, alimenté par le Yang Tsé Kiang et le Huan, il est considéré comme le plus grand lac de Chine, toutefois sa superficie varie en fonction des crues des fleuves, de 4.000 à 20.000 km2. Il fait partie officiellement du Hunan (qui s’écrit 湖南省 , se prononce Hu Nan Sheng et signifie Province du Sud du Lac). Cette ville officiellement créée en 1927 est composée de trois villes historiques datant du début de l’ère chrétienne, Wuchang, Hankou et Hanyang.

    En 208 et 209 a lieu près de l’actuelle Wuhan la bataille de „la Falaise Rouge” (cf. Le Roman „Les trois royaumes” de Luo GuangZhong https://www.babelio.com/livres/Guanzhong-Les-trois-royaumes/521455)   dans laquelle auraient été engagés plusieurs centaines de milliers de combattants et qui se termine par la coupure en deux de la Chine, une partie (Chine du Sud) centrée autour de la vallée/bassin du Yang Tse Kiang (YangZi Jiang 扬子 , aussi nommé Chang Jiang, ce qui signifie le Long Fleuve)  et l’autre (Chine du Nord) celle du Fleuve Jaune (黃河 , Huang Hé, que l’on trouve entre autres écrit Hoang Ho sur certaines de nos cartes).

    Lors des „Traités Inégaux” (traités imposés à la Chine, la Corée et au Japon par les puissances colonisatrices et notamment celui de Tien Tsin en 1858 – Guerre de l’opium) Hankou devient une des onzes villes ouvertes au commerce extérieur et cinq concessions s’y installent „de force”, dont une française, les autres étant allemande, japonaise, russe et anglaise. Et c’est à Hanyang en 1891 qu’est construite la 1ère aciérie, avec en parallèle la construction de la ligne de chemin de fer entre Beijing et Hankou, achevée en 1905.

    Au début du XXème siècle on assiste à une tentative de découpage encore plus importante divulguée par un journal des USA :

    projet-partage-chine

     

    3 - Au XXème siècle, tout change, d’abord jusqu’en 1949

    Dans mon précédent article sur la Chine et le Xinjiang je mentonnais qu’en 1911 les nationalistes chinois renversent la dernière dynastie, celle des Qing (mandchous) qui régnait depuis 1644; l’actuelle Wuhan semble avoir été le point de départ de cette „révolution” qui verra ensuite la naissance de la République de Chine en 1912. Le Kuomingtang a comme objectif de reconquérir le pays livré aux „seigneurs de la guerre”, c’est Tchang Kaï Chek qui va se charger de cette reconquête dès 1926 et libère la provinde du HuBei. Créé en 1912 par Sun Yat Sen, le Kuomingtang qui dirige le pays (essentiellement la partie sud) s’installera à Wuhan en 1927. A cette occasion il est procédé à la fusion des 3 villes créant cette agglomération de Wuhan. Tchang Kaï Chek sera démis de ses fonctions suite au „Massacre de Shanghai”, quand son armée (aidée par les triades?) exécute des civils et communistes chinois. C’est aussi à partir de cet événement que se concrétise la rupture entre le Parti Communiste chinois et le Kuomingtang, qui sera suivie en 1934 de la célèbre Longue Marche (rupture qui se terminera 20 ans plus tard par la victoire des communistes et la création de la république Populaire de Chine en 1949 ainsi que la création de la République de Chine - Taïwan, sur une île cédée au Japon en 1895 suite à la 1ère guerre sino-japonaise et connue également sous le nom de Formose). Parallèlement à ces événements le Japon envahit la Mandchourie en 1931 (une guerre éclair) et y crée l’Etat du Mandchoukuo. En 1937 le Japon lance une offensive contre l’est de la Chine, appelée „seconde guerre sino-japonaise”, cette guerre va durer jusqu’en 1945, quand les USA bombardent Hiroshima et Nagasaki et que l’URSS procède à la libération (ou occupation selon le camp qui en parle!) de la Mandchourie et d’une partie de la Corée, stoppant au niveau du fameux 38ème parallèle. L’URSS en profite aussi, grâce à l’appui de sa flotte du Pacifique, pour récupérer Sakhaline et occuper les îles Kouriles. On peut noter qu’en 1943 la France (Gouvernement de Vichy) rétrocède sa concession de Wuhan à la Chine.

    4 - Et depuis 1949

    Dès 1949 et la victoire des communistes le gouvernement chinois investit lourdement dans le Hubei avec comme objectifs de faire de cette ville de Wuhan une capitale de l’industrie lourde, une capitale de l’industrie de pointe et des nouvelles technologies (China Optics Valley), et une capitale de la recherche... tiens, tiens ..

    C’est en effet en 1956 qu’est fondé à Wuhan un Laboratoire de Microbiologie qui deviendra Institut de Microbiologie en 1962. Avant lui avait été créée à Harbin, par les autorités japonaises dès 1932 et jusqu’en 1945, une Unité Militaire de Recherche Bactériologique, l’Unité 731, désormais reconnue comme coupable de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. On y pratiquait des expérimentations sur des animaux et aussi sur des humains, les allemands n’ayant pas durant cette période, l’exclusivité de l’infâmie (https://fr.wikipedia.org/wiki/Unit%C3%A9_731).  Précision: quand j’ai vécu et travaillé à Harbin des amis chinois m’ont parlé de cette période mais je n’ai pas pu visiter les camps (ou ce qu’il en reste).

    En 2018 cet institut de Harbin obtient lui aussi le „Label P4”.

    Quand au P4 de Wuhan il convient de noter que c’est sous la „forte influence” des autorités françaises qu’il y a été créé. Parallèlement à notre retour officiel (réinstallation d’un consulat) sur Wuhan on voit y arriver diverses sociétés, telles Peugeot-Dongfeng, Renault, Eurocopter, Schneider Electric, L'Oréal ou encore Pernod-Ricard... Début 2020 devait sortir des usines de Wuhan (lieu de conception-recherche)  la 1ère Renault-Dacia 100% électrique à un „prix battant toute concurrence”. Finalement cette voiture nommée judicieusement „Spring” vient d’être lancée en Automne, et bizarrement en évitant de mentionner Wuhan et la Chine https://www.largus.fr/actualite-automobile/renault-decouvrez-les-nouveaux-modeles-electriques-en-live-10441400.html

    A Wuhan au niveau des nouvelles technologies la 5G  est aussi de la partie, la course étant entre les USA, la Corée du Sud et la Chine. Finalement ce sera la Corée qui va mettre en service le 1er réseau 5G en avril 2019 (https://www.la-croix.com/Economie/Monde/Coree-Sud-remporte-course-5G-2019-04-07-1201014024).

    Dès le début des années 2000 la France est engagée aux côtés de la Chine dans la recherche médicale.  „En 2003, le SRAS, le syndrome respiratoire aigu sévère frappe la Chine. Le pays a besoin d’aide. Le président Jiang Zemin, dont le mandat s'achève, est un ami du Docteur Chen Zhu. Ce Shanghaïen francophile a été formé à l'hôpital Saint-Louis, dans les services d’un proche de Jacques Chirac, le professeur Degos. Lorsque Hu Jintao succède à Jiang Zemin, Jean-Pierre Raffarin va rencontrer le médecin. Puis, en octobre 2004, lors d'un voyage à Pékin, Jacques Chirac scelle une alliance avec son homologue chinois. Les deux pays décident de s’associer pour lutter contre les maladies infectieuses émergentes. Ce partenariat semble d’autant plus nécessaire qu'un autre virus, celui de la grippe aviaire, le H5N1, vient frapper la Chine.” (source France Culture).

    C’est la création des Laboratoires P3 qui est décidée. Mais cela ne suffit pas, la France et la Chine décident donc de créer à Wuhan un laboratoire de type P4 (id. De Très Haute Sécurité Biologique). Il en existe déjà une trentaine disséminés dans différents pays, nous ne voulons pas être „à la traîne” . Sur le lien suivant on trouve la liste des laboratoires P4 officiellement connus dans le monde https://fr.wikipedia.org/wiki/Laboratoire_P4 , ceux liés aux armées fonctionnant bien évidemment „en toute transparence militaire” !

    Un 1er accord est signé en 2004 sous Jacques Chirac par Michel Barnier (ce dernier semble ne pas s’en vanter), en 2008 c’est Alain Mérieux qui co-dirige le Comité de Pilotage et c’est sous Nicolas Sarkozy que les travaux commencent, en 2010, avec l’aval de l’OMS. En 2017, sous François Hollande, Bernard Cazeneuve et Marisol Touraine se rendent en Chine et annoncent envoyer à Wuhan 50 chercheurs spécialisés dans ce domaine, et ce sur une durée de 5 années. Accompagne cette délégation Yves Lévy, Directeur général de l’INSERM et époux de Madame Buzyn. (cf. Discours de B. Cazeneuve https://www.vie-publique.fr/discours/202272-declaration-de-m-bernard-cazeneuve-premier-ministre-sur-la-cooperatio). Le laboratoire P4 sera officiellement mis en fonction en janvier 2018, à l'occasion de la visite d'Etat de Emmanuel Macron en Chine, les chefs d'Etat des deux pays ont signé des accords sur la coopération bilatérale et ont publié une déclaration commune, indiquant : "la Chine et la France conduiront des recherches de pointe conjointes sur les maladies infectieuses et émergentes, en s'appuyant sur le laboratoire P4 de Wuhan". Le domaine médical et sanitaire constitue une partie très importante de la coopération bilatérale entre les deux pays. http://french.xinhuanet.com/2018-05/10/c_137169033.htm

    On peut noter que les USA suivent eux aussi de très près ce Laboratoire P4, qui est en liens avec celui de Fort Detrick, dont on ne peut pas affirmer que ce dernier soit au dessus de tout soupçon en ce qui concerne la Maladie de Lyme et une épidémie aux USA (https://www.sudouest.fr/2019/07/19/une-experience-qui-a-mal-tourne-pourrait-elle-etre-a-l-origine-de-l-epidemie-de-lyme-aux-etats-unis-6351349-4803.php).

    On peut noter que les allemands ont eu également des mésaventures dans leurs manipulations:  Année 1967, laboratoire Behring de Marburg, Allemagne. Des chercheurs travaillent sur un vaccin à partir de cellules rénales de singes verts (Cercopithecus Aethiops) provenant d'Ouganda. Au cours des travaux, des erreurs de « manip » se produisent. Trente et un membres du labo sont brutalement atteints de violents maux de tête et d'une faiblesse extrême et, au sixième jour, de signes hémorragiques. Sept d'entre eux en mourront. Au même moment, des cas semblables se déclarent dans des labos à Francfort et à Belgrade (Yougoslavie) –Source Les Echos  (https://www.lesechos.fr/idees-debats/sciences-prospective/coronavirus-les-laboratoires-de-recherche-p4-en-7-questions-1199573).

    Bref, cette affaire de virus échappé de Wuhan et de laboratoires militaires semble concerner bien plus que les seuls chinois et peut expliquer la façon dont la France a rapatrié de Wuhan, fin janvier et en février, des français via les aéroports militaires de Istres et Creil et a laissé certains des passagers partir chez eux en toute tranquillité, sans aucun test ni mesure de mise en quarantaine !On n’allait quand même pas communiquer „au bon peuple” la liste de nos militaires et scientifiques en poste là-bas, même porteurs de virus... ni celle des ressortissants d’autres pays de l’U.E. qui ont profité de ce voyage.

    à suivre donc...

    * Photo d'illustration : Poterie traditionnelle chinoise à l'effigie de Sun Yat Sen, le père de la Chine moderne

     

    - Autres articles de Gérard Luçon :

     *  http://www.hayansidaoui.net/la-Chine-et-le-Xinjiang-vus-autrement#sthash.VpJKHmSH.dpbs

     * http://www.hayansidaoui.net/node/198#sthash.GSrQXdQk.dpbs

     *  http://www.hayansidaoui.net/le-journalisme-à-la-française#sthash.DlHuE0Zj.dpbs

     *  http://www.hayansidaoui.net/Migration-ou-mi-vérité#sthash.7w7oNCTR.dpbs

     *  lien de la page Facebook de “l’Occidentaliste”: https://facebook.com/occidentaliste/

  • La Chine et le Xinjiang vus autrement

    Soumis par Gérard Luçon le sam 26/09/2020 - 12:30

    Rubrique

    Je remercie mon ami Gérard Luçon pour sa troisième contribution au site "l'Occidentaliste" avec un article, de qualité comme d'habitude, toujours sur la Chine.

    En fin connaisseur, pour y avoir vécu et travaillé, de ce gigantesque pays, aux ethnies et traditions multiples, difficile à cerner.

    Révoquant tour à tour les fanfaronnades des pro et anti-Chine, et loin de tout dogme ou idéologie, il nous gratifie d'un nouveau éclairage, fort utile, sur l'une des innombrables facettes de l'Empire du Milieu.

    Il se trouve, malheureusement, que les propagandistes de tous bords focalisent, avec subjectivité, sur les épluchures d'une civilisation de manière globale et généraliste faisant fi des particularités et des spécificités intrinsèques de ce pays-continent, cela en omettant de fixer les contours de l'attitude géo-politique du pouvoir central chinois!

    On ne peut pas se contenter d'être "pour" ou "contre" la Chine tellement la complexité de son Histoire, et donc de son existence comme "entité", ressemble à un gigantesque puzzle où rien n'est tout à clair ou tout fait obscur!

    Pour ma part, tout en étant admiratif de cette grande civilisation, j'ai toujours critiqué son rôle ambigüe sur la scène internationale notamment au Proche-Orient et sa proximité avec l'entité israélienne occupant la Palestine!

    "L'impérialisme" chinois est un impérialisme financier non belliqueux faut bien le préciser.

    Il est vrai qu'il faudrait mieux avoir à composer avec la Chine qu'avec les pays de l'OTAN gangrenés par le sionisme et infestés par leur voracité séculaire, pourquoi ? Car la confrontation avec les chinois se limite au terrain de la négociation et que le meilleur gagne! S'il arrive qu'un négociateur prenne le dessus sur eux ils plient bagages et partent sans vague. Alors que si pareil cas de figure se présente avec l'Occident il n'hésite pas à envoyer ses missiles, ses armadas et ses terroristes pour renverser la vapeur!

    Cela dit, et c'est un souhait personnel, j'aimerais tant que les peuples dits du "tiers-Monde" puissent se passer de l'un et de l'autre.

    Merci encore une fois à Gérard pour cette contribution très instructive.

    Hayan Sidaoui

     

    L'article de Gérard Luçon

    Chine, Xinjiang, un Han pour chaque Ouighour !

    Impressionné par le nombre de „journalistes” qui ont pu, sans jamais s’être rendu au XinJiang et pour certains pas même en Chine, rencontrer des Ouighours ayant survécu aux innombrables tortures qu’ils ont subies dans des camps de concentration dont personne ne ressort vivant sauf eux, camps dans lesquels ils ont tous appris à parler couramment l’anglais, voire même le français, je me suis dit que moi aussi j’avais le droit d’apporter mes élucubrations à cette „grande aventure des Ouighours”, peuple dont quasiment personne n’avait jamais entendu parler avant 2005 et dont l’Occident se foutait royalement, excepté la CIA bien entendu ... allez donc savoir pourquoi?

    D’abord je souhaite poser quelques bases „formelles” sur la Chine.

    1 - La Chine communiste

    Vous vous souvenez de la Révolution Culturelle, ce foutoir immonde avec les camps de rééducation, les gardes rouges, etc ... ça a foiré! Pourquoi ont-ils tenté cette révolution? pour faire changer les mentalités et les comportements! Pourquoi ça a foiré? parce que le chinois n'est pas communiste et qu'on ne change pas des millénaires de traditions en quelques décennies... il s'en est suivi une période de latence puis Deng XiaoPing a lancé la modernisation du pays (bref: le passage officiel au capitalisme sous contrôle d'Etat). Certes le PCC existe et semble diriger, mais c'est de la poudre aux yeux, le pays est profondément capitaliste et "traditionnaliste", alors c'est à nous de faire notre révolution culturelle, et de regarder la Chine autrement ... appelez Xi Jinping l'Empereur, les dirigeants des régions des Mandarins, et n'oubliez surtout pas ceci: Chine s’écrit « 中国 » et se prononce Tzhong Guo. Décodons ces deux idéogrammes. Le premier, « 中 », Tzhong, est composé d’une flèche « ŀ », qui indique la cible, et d’un carré « 口 » qui porte deux significations, la bouche et les limites (dont la frontière). Le second « 国 », Guo est composé du même carré, « 口 » mais dans une dimension plus grande, ce carré ayant en son sein le symbole « 玉 » qui signifie jade, pierre précieuse, richesse.

    L’appellation Guo est indépendante du système politique du pays, par exemple La France, république, s’écrit « 法 国 » et se prononce Fa Guo. L’Angleterre, royaume, s’écrit « 英国 » et se prononce Ying Guo. Les USA, union d’états, s’écrivent « 美国 » et se prononcent Mei Guo. L’Allemagne, république fédérale, s’écrit « 德国 » et se prononce Teuh Guo.

    Concernant la Chine, ces deux idéogrammes associés donnent « 中国 », c'est-à-dire « mon pays », « là ou sont mes richesses ». Nous sommes loin de „l’Empire du Milieu” !

    2 - La sécurisation des frontières ou „Un Han pour chaque Ouighour...”

    Tout le monde a entendu parler de la Grande Muraille, cette barrière érigée sur la frontière nord de la Chine et commencée au III-ème siècle, qui s’étend sur plus de 6.000 km; elle est surtout connue et visitée dans la partie la plus proche de Beijing, construite sous la dynastie Ming, dynastie qui a suivi celle des Yuan alors dominée par les Mongols. En 1644 la dynastie Ming qui est la dernière dynastie dominée par les Han cède la place à celle des Qing, dominée par les mandchous. L’Empire Mandchou est renversé par les nationalistes chinois en 1911.

    En Chine on dénombre 56 ethnies dont les Han qui représentent plus de 90% de la population. Excepté les Hui et les Mandchous, toutes les autres ethnies ont leur propre langue et une vingtaine ont leur propre écriture (les Miao, au sud du pays et qui sont 9 millions, ont 4 modes différents d’écriture)! Certaines ont leurs propres universités, mais toutes les ethnies minoritaires ont un dénominateur commun: la discrimination positive (nombre d’enfants pris en charge par l’Etat, des bonus de points aux concours nationaux (équivalent du bac), des quotas de postes dans les administrations ...).

    Citant les Miao et leur nombre, je me dois de préciser que, concernant la Chine, les chiffres sont parfois bien plus importants que les %; cette minorité ethnique ne représente que 0,7% de la population, mais ils sont 9 millions !!!

    Il va de soi que de telles différences rendent difficile la notion d’identité nationale, et que certaines de ces ethnies, si elles n’avaient pas été protégées au fil des siècles, tant par leur isolement pour certaines que par la politique des différentes dynasties, auraient été éliminées d’une manière ou d’une autre.

    Les Han, bien que très majoritaires, sont répartis (quand à leur origine géographique initiale) sur seulement 40% du territoire, mais ce sont eux qui depuis 1947 tiennent les rênes du pouvoir et ils ont eu une lourde responsabilité dans les errements du „grand bon en avant”. Ce qu’on peut toutefois constater c’est que la Chine „moderne” les a utilisés pour sécuriser ses frontières en envoyant, dans ses provinces limitrophes, ceux qui étaient enseignants, administratifs, militaires, et donc, parallèlement à l’octroi de statuts spécifiques d’autonomie pour ces provinces, le pays sécurisait ainsi son intégrité territoriale. La notion de région autonome s’applique strictement aux zones dont l’ethnie majoritaire est „non Han”, elles sont au nombre de 5, toutes ayant une frontière avec un autre pays:

    la Mongolie Intérieure

    mongolie-interieure

    mongolie-interieure

     

    le Ningxia (musulmans Hui)

    Ningxia

     

    le Xinjiang (musulmans Ouighours)

    Xinjiang

     

    le Tibet (plusieurs ethnies dont la principale sont les Tibétains)

    Tibet

     

    et à la frontière avec le Viet-Nam le Guangxi (ethnie Zhuang)

    Zhuang

    L’envoi de populations „sûres” dans des zones sensibles n’est pas une spécificité chinoise, loin s’en faut, l’Empire austro-hongrois par exemple l’a appliqué en Transylvanie ... mais on ne peut que constater ces différences visibles du nord au sud, et de l’est à l’ouest de la Chine. On peut aussi y constater des appréciations similaires à celles que l’on connaissait (et qui existent peut-être encore) entre le nord et le sud de la France, quand un chinois de Canton (au sud) vous dit qu’à Harbin (au nord) ce sont des poivrots, et que le chinois de Harbin vous dit qu’au sud ce sont des fainéants ...

    Pour la petite histoire la Chine a eu 8 capitales :

    - Beijing (北京) qui signifie grand ville du nord, id. Capitale du nord),

    - Nanjing (ou Nankin, 南京 qui signifie grande ville du sud, id. Capitale du sud et connue pour les massacres commis par l’armée japonaise),

    - Luoyang (洛阳 qui signifierait ville lumière),

    - Chang’An (长安 qui signifie paix éternelle; actuelle Xi’An 西安 qui signifie paix de l’ouest),

    - Kaifeng (开封 qui signifierait la ville qui donne les titres, actuelle Bianliang, ville avec des communautés musulmanes et juives),

    - Hangzhou (杭州 , qui signifierait la ville des Hang, une ville proche de Shanghai et siège de Alibaba),

    - Anyang (安阳qui signifierait paix lumineuse , ville avec une forte minorité catholique)

    et Zhengzhou (郑州 qui signifierait la ville solennelle), où on fabrique le Nissan x-trail, des smatphones!

    On pourrait penser que cette „valse des capitales” ait été un facteur de divisions, or il semble qu’il n’en ait été rien, aucune de ces 8 villes n’a été détruite, rasée au profit d’une autre !

    3 - D’où viens-tu Ouighour ?

    Le Peuple Ouighour n’est pas originaire de cette province actuelle nommée XinJiang (traduction: frontière de l’ouest de 新, xīn, « nouveau » et 疆, jiāng, « frontière », territoire limitrophe ») et qui couvre la superficie de 3 fois la France (1,6 millions de km carrés). Situés sur la route de la soie, les Ouïghours ont joué un rôle important dans les échanges culturels entre l'ouest et l'est, et ont développé leur propre culture et civilisation. Le khaganat Ouïghour (744-848) est durant cette période situé sur l'actuelle Mongolie et en grande partie en Sibérie (Bouratie, lac Baïkal). Les Ouïghours, alors alliés des chinois de la dynastie Tang, les aident à reprendre leur capitale, Chang'an (actuelle Xi'an) à l'Empire du Tibet en 757 (dynastie des Tubo - 629-877). Le khan Bögü des Ouïghours se convertit au manichéisme en 762. Le manichéisme est un syncrétisme du judaïsme, du bouddhisme, du brahmanisme et du christianisme. (Ceci laisse à penser que les „juifs” askhénazes, supposés issus du Royaume de Khazarie, au bord de la Mer Noire, puis ciblés sur les bords de la Mer Caspienne, pourraient provenir de bien plus à l’est, ce qui pourrait en partie expliquer la décision de l’URSS sous Staline de créer cette région de Birobidjan pour y installer les juifs ne désirant pas (ou ne pouvant pas) émigrer vers la Hongrie et l’Autriche, ni vers la „terre promise” ...)

    En 840, les Ouïghours sont vaincus par les Kirghizes, les obligeant à émigrer vers les actuelles provinces (régions) Xinjiang et Gansu (province peuplée de beaucoup de musulmans de la minorité „Hui” et où on a trouvé la trace de l’Homme de Denisova, qui y vivait il y a 160.000 ans).

    Quand on connait un peu la Chine et les chinois, il est assez difficile de croire que ceux-ci ont oublié ce vieil allié qui les a aidés à récupérer leur capitale dans la lutte contre le Tibet. Tout ceci n’empêche pas qu’il y ait eu, au fil des siècles, tant des vélléïtés d’indépendance (concrètes avec la République du Turkestan Oriental de 1933 à 1934 puis de 1944 à 1949) que des tentatives de récupération de certaines parties du Xinjiang par ses „voisins”.

    Pour cette mémoire d’éléphant qu’ont les chinois, je peux raconter cette anecdote quand, avec des amis roumains, nous nous sommes rendus à l’Ambassade de Chine à Bucarest pour leur proposer d’organiser un raid d’amitié Roumanie-Chine, reliant Bucarest à Beijing, et intitulé „sur les traces de Spatarul Milescu” ... Sourire habituel du représentant chinois qui nous dit que c’est une excellente idée mais que le choix du nom est à étudier ... nous étudions donc plus avant l’histoire de Milescu et découvrons que, pour les chinois, c’était un espion du Tsar russe Alexis 1-er . (https://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolae_Milescu)...

    4 - A propos de religions

    Actuellement il y a plus de 30 millions de musulmans en Chine dont 1/3 de Ouighours, l’ethnie musulmane la plus nombreuse étant les Hui. L'Islam est entré en Chine par voie maritime et aussi (et surtout) par la Route de la Soie. Les premières relations entre le monde islamique et la Chine datent de l’an 651, quand une délégation officielle est envoyée auprès de l’Empereur Tang Gaozong qui décidera de la construction de la Mosquée Huaisheng à Canton (Guangzhou). Quand à l’entrée de l’Islam par la Route de la Soie, cela se concrétisera par la construction en 742 de la Grande Mosquée de Xi’An (ancienne capitale ). Cette Mosquée a été rénovée au 15-ème siècle (https://www.voyageschine.com/xian-voyage/xian-attractions/grande-mosqu%C3%A9e.htm).

    Il en est de même avec les juifs, Harbin par exemple qui accueille des juifs dès la fin du XIX-ème siècle (http://french.peopledaily.com.cn/VieSociale/7417699.html) , mais aussi Shanghai et Le Bund, et son quartier juif où des sépharades commencent à s’installer dès 1843 (cf. Le livre „Shanghai la juive” de Michèle Kahn, éd. Babelio), et la ville de Kaifeng (ancienne capitale) qui accueille des juifs dès le Moyen-Âge...

    La Chine a toutefois une particularité, les lieux de culte ne peuvent exister que pour des religions reconnues officiellement par l’Etat, ce qui a comme conséquence que les sectes y sont interdites, et notamment le fameux mouvement Falun Gong dont le fondateur Li Hongzhi considère que les êtres humains ont été créés par des extraterrestres, que le métissage est le fait d'extraterrestres « méchants » et que les métis sont donc « intellectuellement et corporellement incomplets ». Présent dans les médias, le Falun Gong contrôle la chaîne New Tang Dynasty chaîne de TV basée à New-York et diffusée aux USA, en Europe et en Asie. Le Falun Gong s'est également investi dans d'autres médias, dont une radio (Son de l’espoir) et un journal+télévision (The Epoch Times) bien entendu basés aussi aux USA. Dépassant le simple relais du mouvement, ces médias agissent comme une voix d'opposition au gouvernement chinois.

    Cette politique de contrôle des débordements des religions a comme effet que la Chine n’est apparemment pas confrontée à des événements comme le Temple du Soleil, pas de „Waco”, pas de Gourou, pas de suicides collectifs...

    5 - Le Xinjiang, une province „capitale”

    Cette région autonome possède une frontière commune avec huit pays: la Mongolie, la Russie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan, l'Afghanistan, le Pakistan, et l'Inde. C’est donc une région stratégique et ultra sensible, puisque, entre autres, l’OTAN est à sa porte! Peuplée de 25 millions d’habitants, environ 10 millions sont Ouighours, et toutes ethnies confondues les musulmans y sont 60% soit 15 millions. Historiquement c’est le passage principal de la route de la soie, celle contournant le Taklamakan par le nord, et qui continue vers l’est entraversant le Gangsu (peuplée par les musulmans Hui) pour se terminer à l’actuelle Xi’An et celle contournant par le sud. (sur ce lien on trouve les itinéraires (https://www.universalis.fr/media/CI050013/).

    Que trouve t-on, entre autres, au Xinjiang?

    - Le site de Lop Nor, à l’est du désert de Taklamakan (mot qui signifierait en arabo-persan „endroit délaissé, à l'abandon”, à rapprocher de Tanezrouft „là où il n’y a rien” (au sud de Reggane en Algérie)); Lop Nor est le lieu où la Chine a fait ses tests nucléaires, Tanezrouft est celui où la France a fait ses essais.

    - des produits agricoles et d’élevage: raisins, melons, poires, coton, blé, soie, noix, moutons,

    - des richesses souterraines et minérales: plomb, zinc, cuivre, fer, charbon, uranium, sel, or, pétrole (30% des réserves du pays), borax, jade, gaz (1/3 de la production nationale).

    6 - La violence „religieuse”

    Croire la Chine islamophobe, ou christianophobe, ou judéophobe, ou simplement limiter son analyse à cela, c’est probablement oublier l’ensemble des raisons mentionnées ci-avant, qu’elles soient historiques, géographiques, économiques,...!c

    Par contre ce pays a un problème avec un "mouvement indépendantiste Ouighour" qui semble avoir été relancé et financé par la CIA dans les années 50 (en parallèle avec le problème du Tibet dont je rappelle qu’il a été offert par Roosevelt à Tchang Kai-Chek avant que les communistes n'arrivent au pouvoir, les USA pensant ainsi bloquer définitivement la présence et l’appétit des anglais manifestés durant leur présence pendant les quelques décennies qui ont précédé); ce mouvement Ouighour a été actif avant les JO de Beijing de 2008 avec des attentats en Chine, et une partie de ses militants combat aux côtés des djihadistes/Terroristes en Syrie. De là à penser que si l’Occident s’intéresse aux Ouighours, c’est aussi pour ce „juste combat” qu’ils mènent contre le „méchant” Bachar Al Assad! Il y aurait environ 30.000 militants Ouighours „violents”, mais ce chiffre n’est étayé nulle part! A noter que le Uyghur Human Right Project est basé à Washington.

    A noter également qu’au parlement européen les indépendantistes Ouighours ont un soutien particulièrement véhément, le français Raphael Glücksmann, bien connu pour son soutien au régime de Kiev et ses liens avec Saakachvili, celui-là même qui avait profité de l’ouverture des J.O. de Beijing le 8/8/2008, pour attaquer l’Ossétie et l’Abkhazie. Quand on connait le poids des symboles en Chine, et la valeur du chiffre „8”...

    Il est clair que les autorités chinoises ne font pas dans la dentelle pour résorber le terrorisme, y compris en tentant de l’éteindre dans l’oeuf ... mais ont-ils chez eux un Guantanamo? Ont-ils des prisons secrètes comme nous les avons vu fleurir dans l’Union Européenne à la demande de la CIA (chose dévoilée par le Washington Post en 2005 et par Amnesty International également en 2005 et parlant d’un „archipel du Goulag”), et dont l’existence a été reconnue par le Président Bush le 6 septembre 2006? Un rapport du Conseil de l’Europe (rapporteur Dick Marty) publié le 8 juin 2007 mentionne qu’à minima la Pologne et la Roumanie savaient de l’existence de ces prisons secrètes sur leur territoire et des transferts illégaux, prisons existant également au Maroc et en Afghanistan! Sur ce sujet ce lien parait, pour une fois, très sérieux: https://fr.wikipedia.org/wiki/Prisons_secr%C3%A8tes_de_la_CIA

    Ce qui coince finalement, c’est que les autorités chinoises feraient exactement ce que nous faisons, nous les pays démocratiques et membres de l’OTAN, ainsi que quelques monarchies, mais elles le feraient manifestement plus discrètement, car personne n’a pu y entrer pour vérifier, même si, comme je l’écrivais en préambule, des gens seraient arrivés à en sortir, à ramener des photos, à quitter la Chine, et à parler en toute liberté occidentale ... Des témoignages de prétendues victimes, des gens décrivant de manière poignante des événements non survenus, nous en avons quelques uns, de la petite Bana Alabed, seule habitante d’Alep ayant accès à internet, à la fille d’un Emir du Koweit pleurant en se présentant comme une Nourrice témoin de massacres de bébés par les troupes irakiennes.

    Et puis la Chine n’est pas dans le „camp du bien” et de la justice, donc elle doit comprendre que les prisons secrètes et la torture est notre seul apanage, notre „droit régalien planétaire” ... et que finalement, si des attentats terroristes ont lieu sur son territoire, c’est de sa faute, comme l’avait suggéré la „journaliste” française Ursula Gauthier, correspondante de l’hebdomadaire l’Obs, en justifiant l’attaque meurtrière d’ouvriers „Han” dans une mine par des terroristes „Ouighours”, en septembre 2015, attaque qu’elle qualifiait d’explosion de rage localisée, et critiquant la politique anti-terroriste menée par la Chine au Xinjiang... ce qui lui a valu le non renouvellement de son visa de journaliste. Faire l’apologie du terrorisme au nom de la liberté d’expression, c’est interdit (aussi) en France...

    A force de voir et entendre ce que l’on reproche aux chinois, j’en suis arrivé à me demander si dans la plupart des cas ce se sont pas des exemples venus d’ailleurs et dont on a décidé de les accuser, tels:

    - la stérilisation des femmes Ouighours, avons-nous des nouvelles de l’accusation dressée contre Israël au sujet de la stérilisation des femmes juives d’ethnie Falasha?

    - le découpage à la pièce des Ouighours et la vente de leurs organes, avons-nous des nouvelles de cette accusation faite contre le Kosovo et la complicité bienveillante de certaines ONG et de l’OTAN?

    Alors oui il y a eu des attentats en Chine, oui certains Ouighours y sont pour beaucoup, oui les autorités chinoises répriment les auteurs sans aucune pitié, oui il y a en Chine des riches et des pauvres, des gens honnêtes et des criminels, et quand j’y ai vécu et travaillé j’ai même rencontré des gens heureux avec lesquels j’ai fait des fêtes phénoménales...

    Le reste tel qu’il nous est présenté par les médias et les autoproclamés spécialistes est propagande, dans les deux camps!

    Pour les gens intéressés, il existe un livre (je ne sais pas si on le trouve en langue française), il est paru en chinois, en roumain, „Drumul Matasii” (la Route de la Soie, édition Corint), de Wang Qing, histoire et images, l’auteur est un Han dont les parents ont été envoyés au Xinjiang, c’est là qu’il est né; en France on le définirait (peut-être) comme un immigré de la 1ère génération...

    - Autres articles de Gérard Luçon :

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  • Au Pays du Thym

    Soumis par Hayan Sidaoui le jeu 05/12/2019 - 18:56

    Rubrique

    Au pays du Thym

    Mon réveil ce matin là ne fut comme aucun autre, comme si je me trouvais en lévitation entre ciel et terre, comme si l'apesanteur m'avait un instant oublié. Un réveil à la fois limpide et brumeux, lumineux et sombre, grisant et décourageant !
    C'est à ces moments là de l'existence, quand le clair et l'obscur se présentent à nous conjointement et non pas à tour de rôle comme de coutume au gré des méandres qui parcourent notre chemin, que nous explorons ce qui nous a toujours échappé : l'incohérence de ce que nous sommes.
     
    Quelque chose s'est passé. Un événement inopportun, un inattendu inconsciemment attendu, que notre subconscient repousse sans cesse jusqu'à ce qu'il s'impose à nous sans nous en laisser le choix !
    Les sensations flottent avec l'esprit hors de la gravité terrestre mais non hors du temps. Le temps est la seule abstraction palpable à chaque instant et tant qu'on respire.
    J'avance machinalement vers la cuisine, encore un peu endormi, comme si le verre d'eau habituel après chaque réveil allait par son effet m'informer.
     
    Le temps, cette notion abstraite qui pourtant nous touche à chaque instant, nous emporte sur son passage, nous emmène comme un courant d'eau emporte une branche d'arbre flottante à sa surface. Il nous érode, il nous use, il gère à sa guise notre dérive en omettant de nous apprendre à nager. 
    Nager à contre courant n'est possible qu’en consentant d'énormes efforts qu'il est impossible de soutenir continuellement, le temps ne connaît pas le repos.
     
    Non seulement le verre d'eau ne fait pas l'effet escompté mais de surcroît, l'eau ingurgitée m'agresse en envahissant ma gorge avec désordre et me causant une quinte de toux.
    Il est ‪6h20‬. Tout en essayant de reprendre mon souffle et le cours d'une journée ordinaire, meublée comme les précédentes par les tracasseries et les responsabilités quotidiennes, le réveil de ma fille interrompt brusquement cette quinte : « Bonjour papa c'est l'appel de ma tante qui vient de me réveiller car elle n'arrivait pas à te joindre : papi est mort cette nuit. »

                                                                            
    Nadim, né en 1932, était, à la sortie de la seconde guerre, un jeune adolescent d'une famille nombreuse de la bourgeoisie locale issue d'un gros village devenu petite ville.
    Ambitieux dans le sens intellectuel du terme, il était en perpétuel conflit avec son père.
    Un père dur et croyant, un notable de petite ville de province et commerçant respecté de tous qui n’avait eu sur douze enfants que trois garçons dont l'aîné était décédé en bas âge d'une mort subite. Il ne lui restait donc que deux garçons, et il en fallait au moins deux pour reprendre son affaire florissante, tel était son désir. 
    Nadim, dès son plus jeune âge était obnubilé par un seul objectif : devenir professeur de littérature et écrivain. Il détestait le commerce. Plus tard il dira à ses enfants: « L'esprit mercantile des commerçants me répugne, bien souvent le statut de commerçant, pour la majorité d'entre eux, octroie à ceux qui ne le méritent pas une apparence de notable, un notable qui veut toujours devenir encore plus notable. Ainsi se forment les petites bourgeoisies, inutiles pour la société sinon nocives, en opposition au savoir et au progrès car armées de valeurs superficielles voire fausses ! »
    Il avait bien raison Nadim, quand le chiffre tue le verbe, les sociétés déjà étriquées et muselées par les pseudo-traditions entretenues par les opportunistes deviennent ruminantes, elles abrutissent la pensée jusqu'à la supprimer. Ainsi naissent les frustrations coupables, ainsi se répand l'interdit qui à force se mue en crime.
     
    Je me suis assis sur mon fauteuil, hagard, les yeux rivés sur rien. 
    Je viens de perdre mon meilleur ami que je n'ai pas vu depuis onze ans pour cause d'exil et un interminable conflit familial qui a tout détruit sauf la relation d'amitié avec mon père maintenue par un contact téléphonique plus au moins régulier.
    « Le vent ne va pas toujours là où désirent aller les navires », disait le poète Al-Mutanabbi. Même les navires doivent consentir un énorme effort pour « nager » à contre courant ! 
    Soudain, je m'aperçois que je ne flotte plus entre ciel et terre car brusquement rattrapé par la gravité terrestre. Pire, jamais je ne me suis senti aussi lourd sur le plancher. Le clair a disparu, l'obscur persiste.
     
    Les mirages ne poussent que dans le désert où rien d'autre ne s'épanouit, ils remplissent le vide, le néant, et supplantent un court instant l'inaccessible, le coriace espoir pourtant indélébile.
    On ne rêve que de ce qu'on ne peut atteindre, le reste n'est que divagation de l'esprit, tout espoir n'est que trompe l'œil pour les âmes crédules.
    Une fois les mirages disparus, terminant leur envoûtement passager, on se retrouve nu. Ni ombre, ni brise, ni parfum. Pas un souffle pour se rafraîchir, ni un nuage pour s'abriter des brûlures d'un soleil où la lumière devient soufre, où la vie devient gouffre. 
    « C'est la vie, la vie continue » ou encore « celui qui enfante ne meurt jamais », ce sont les formules consacrées dont les compatissants nous bombardent suite au décès d'un parent. Parfois sincères, parfois accompagnées d'un rictus à peine voilé. 
     
    Un soir, il y a quelques années, je partageais un verre avec Nadim, nous avions l'habitude de ce partage où nous nous retrouvions de temps à autre autour d'une idée, d'une pensée littéraire, philosophique, sociale ou politique. On ne refaisait pas le monde pour autant, on le jugeait chacun à sa manière.
    Soudain, Nadim me demanda de poser mon verre et d'ouvrir bien mes oreilles, puis d'un air assez particulier, le regard grave accompagnant un sourire presque enfantin, me déclara : « le jour de mes obsèques je ne veux ni prières ni de toutes ces traditions religieuses qui ne sont que les fausses façades des "notables parvenus", je compte sur toi pour que ce jour là tu imposes aux compatissants qui viendront présenter leurs condoléances les chansons de Fairouz, et tant pis si cela les repousse, je dirais même tant mieux, même si tu te retrouves seul devant mon cercueil car cela t'évitera de participer contraint à leurs simulacres de croyants".
    Je n'avais rien dit, j'ai juste été traversé par une pensée aussi fuyante qu'un éclair : « peut-être que mon père est le meilleur des croyants. »
     
    Le crime de Nadim n’était autre qu'une révolte. Une révolte pacifique mais ressentie comme violente pour ces notables auto-satisfaits de leur statut par ce qu'elle véhicule : une remise en cause des « valeurs » régnantes.
    Un règne si ancien qu'il est greffé dans leurs esprits ruminants, une révolte qui amène le désordre dans leur quotidien insipide que pourtant ils affichent comme une réussite.
    Un quotidien rébarbatif, anesthésiant l'intellect et glorifiant le factice, cette relique qui leur pend au cou comme une cloche et pourtant ils l'affichent comme une médaille, comme une insigne les distinguant de ces pauvres créatures qui réfléchissent. 
    Pourquoi se fatiguer à réfléchir, à se poser des questions sans réponses puisque Dieu pense pour nous et possède toutes les réponses. Soyons heureux et satisfaits de notre pain quotidien et de notre sommeil profond.
    Dormir est un luxe presque inaccessible pour ceux qui pensent et une récompense pour ceux qui ruminent.
    Il n'en fallait pas plus pour que Nadim accentue sa révolte, barricade son refus de l'ordre établi, l'encourageant à commettre, aux yeux de son père et de cette petite société provinciale, l'impensable, le pire, le point de non retour : devenir communiste.
     
    Devenir communiste par opposition aux perroquets-prêcheurs tout de noir vêtus, ces épiciers de la croyance à qui, paraît-il, Dieu avait confié la noble mission de répandre le bien. Par opposition aussi à ces patriarches notables qui suivent l'ombre du tout puissant où la miséricorde protège des rayons brûlants du soleil, où le mirage n'est pas celui d'un instant mais éternel car Dieu veille.
    Le communisme soudain de Nadim, petit bourgeois ayant grandi dans le confort et l'aisance matérielle, n'était pas vraiment né d’une conviction infaillible, du moins au début.
    Le confort bourgeois de son enfance et de son adolescence était bercé par l'enseignement coranique imposé par son père et aussi et surtout par l’enseignement, complémentaire du premier, de « Nahej Al-Balagha » ou « méthodologie de l’éloquence » d'Ali ben abi-Taleb, Ali signifiant l’exalté, cousin et gendre de Mahomet et philosophe de l'Islam naissant.

    Il est vrai que le monothéisme depuis Akhenaton, en passant par Moïse et Jésus jusqu'au prophète Mohammad, avait, du moins en apparence, les mêmes préoccupations humanistes que la pensée marxiste-léniniste avec toutefois, pensait Nadim, l'avantage suivant : sans un Dieu. Ainsi raisonna le révolté en herbe en pensant que l'absence d'un Dieu inciterait les ruminants à se poser eux-mêmes les questions et donc à chercher par eux-mêmes les réponses interdisant au tout puissant de le faire à leur place par procuration et par suffisance.
    À vingt ans bien sonnés, Nadim devenu un communiste convaincu que sa réflexion avait mûri, garda un penchant pour les écrits d'Ali, le considérant comme le penseur par excellence, un maître en la matière, dont l'éloquence, tout en n’enlevant rien à sa foi fervente, s'adaptait à toutes sortes de révoltes justes et progressistes, et où l'être humain était discrètement remis au centre du cercle universel.
    La révolte de Nadim, aristotélicienne par son fondement, devenue conviction, avait enfin trouvé ses armes, n'en déplaise au paternel. C'était l'heure de passer à l'action en déclarant haut et fort ses convictions sans plus jamais se cacher.
     

    - Papa, ça va ?
    - Oui ma chérie.
    - Faut pas te laisser abattre et te laisser envahir par la tristesse.
    - C'est mal me connaître ma fille.
    - Oui je sais mais moi-même qui n'ai jamais connu Papi j'en suis très attristée. C'est là où je réalise à quel point il était important de partir le voir.
    - Que veux-tu ? Ainsi va la justice de ton pays, la France, sectaire, raciste et surtout injuste. 
    Il se trouve que depuis que j’ai obtenu la garde de mes enfants après une âpre bataille juridique qui dura des années, il m’a été interdit de les faire sortir du territoire français. Ma fille majeure depuis un an le pouvait mais pas mon fils qui n'a obtenu sa majorité que huit jours après le décès de son grand-père, un grand-père souffrant depuis quatorze ans, ce qui lui interdisait tout voyage en avion.
    Le temps ne connaît vraiment pas le repos, même pas huit jours dans une éternité où il ne cesse de courir. 
     
    Ce petit échange avec ma fille me rappela un des romans de Nadim, inspiré d’un fait divers, où à travers un drame familial il émet une critique acerbe sur la justice de son pays natal, des années quarante-cinquante du vingtième siècle, et de la société qui se contente d'une justice à deux vitesses adaptée aux pseudo-traditions locales des croyants.
    Une justice où l’on tolérait le meurtre de la femme adultère tout en fermant les yeux sur l'inceste. 
    « Le tout puissant punira les coupables dans l’au-delà", une phrase à l'emploi si courant, si facile dont le seul objet est de soulager la conscience les yeux fermés.
     
    Les images de son enfance lui étaient revenues une fois sa carrière d'écrivain lancée, sur le tard il faut le dire.
    Après un mariage d'amour avec une cousine éloignée, plutôt raté, il se consacra pendant près de vingt-cinq ans à assurer ses responsabilités de père de famille tout en restant très proche de la politique après avoir milité au parti communiste jusqu'à ma naissance.
    En retraite prématurée, il entama son premier roman, premier d'une longue série, à l'âge de 57 ans.
    Tel était son désir depuis son plus jeune âge : devenir romancier.

    Ce qu’il devint suite à une expérience cumulée de très jeune enseignant dans l’unique collège de sa petite ville natale, directeur d'un Lycée qu'il fonda lui même dans la même ville, qui demeura pendant des années le seul lycée du Sud limitrophe de la Palestine et délaissée par les pouvoirs publics, de professeur à la Faculté de Lettres à Beyrouth, de journaliste, d'attaché de presse dans une Ambassade parisienne, tout en restant un communiste convaincu.
    « Écrire est plus efficace que de faire de la politique car on est plus libre, sans contraintes ou complaisance », aimait-il répéter. 

    C'est par l’écriture qu'il lui était possible de dénoncer toutes les absurdités et les incohérences de la société où il avait grandi,  non pour critiquer uniquement mais aussi et surtout pour attirer l'attention sur ce qui ne devrait pas être et qui freine l'épanouissement d'une société et des individus qui la composent.
    Il ne croyait pas au bonheur pour tous, loin s'en faut. À le fréquenter dans la durée je me suis forgé l'idée que son seul souci était de contribuer, autant qu’il se peut, à limiter les dégâts. 
    Nadim était une mine vivante de matière première. Une profusion d'images et de souvenirs transportés de manière presque clandestine dans les recoins de sa mémoire et enveloppée par une culture générale foisonnante. Un chargement devenu, au fil des ans, trop lourd pour ne pas s'en débarrasser. Le temps presse, la vieillesse guette, il faut faire vite pour libérer la cargaison véhiculée par une mémoire fatiguée de ce fardeau.
    Il en est de même pour moi, plus je pense à mon père disparu, il y a un peu plus d'un an, plus je me sens envahi par les images et les souvenirs de mon enfance. Ces bouts de vie qu’au fil du temps la mémoire archive dans l'un de ses tiroirs et que l'on oublie d'ouvrir sauf par accident.

                           
    Je nous vois grimper sur la petite colline côte à côte, puis subitement j'avais voulu le devancer pour lui montrer que j’étais fort du haut de mes huit ans.
    Le premier envol de l’oisillon est un mélange de peur, de fierté et de découverte. « L’aventurier » en herbe ne cherche pas vraiment l'aventure car il en ignore le vrai sens, il ne fait que mesurer ses capacités pour prouver à son « couveur » qu'il grandit et pour se rassurer lui-même. Avant de se cacher pour mourir, les oiseaux passent le plus clair de leur vie à exhiber leurs « exploits » comme si l'existence n'était qu'un simple envol sans lendemain.
    Il m'avait laissé faire, sans mot dire, l’œil inquiet de peur que je ne trébuche sur ce versant rocheux et abrupt tout en essayant par précaution de maintenir discrètement, afin de ne pas me vexer, une courte distance entre nous.

    Haletant et fier je m’étais arrêté.  
    - « Je suis au sommet ! »
    un sentiment de puissance me traversant le cœur, encouragé par un vent légèrement frais, véhiculant les parfums de la vallée, qui frappait mes joues me rappelant les petites tapes de félicitations de mon père suite à une bonne note obtenue au collège.
    Je regardais le beau paysage de notre Sud jusqu'à fixer la rivière en contre-bas avec l'envie inconsciente de me désaltérer. 
    Je le vois arriver derrière moi souriant en me disant : « Je te rappelle que nous sommes venus pour cueillir du thym et non pas des lauriers. »  
    J'ai mis des années avant de comprendre le sens de cette phrase. D'ailleurs, s'adressant à son fils de huit ans, je ne crois pas qu'il voulait que je comprenne, il voulait que je la retienne, persuadé qu'elle me servirait plus tard quand je serais en âge de comprendre.
    La vraie récompense pour tout être étant, non pas un quelconque trophée consenti par les autres, mais vivre pleinement, peu importe le risque ou les déconvenues.
    La seule réussite est d'assumer son statut de vivant, savourer le plaisant et gérer le contrariant. L'être humain ne devrait pas courir après un trophée, quelle que soit sa nature, mais après son bien-être, garant de clairvoyance aussi bien dans le bonheur que dans le malheur en traitant le clair et l'obscur à pied d'égalité comme deux inséparables régulateurs de notre existence.

                   
    Le thym sauvage du Sud du pays est une espèce propre à cette région du monde. Plante d'une vingtaine de centimètres aux feuilles larges dont la morphologie s'approche de celle des feuilles de menthe.
    Les sudistes aiment le cueillir le dimanche après un pique-nique familial en plein air, en escaladant les petites collines où il pousse librement, ce qui a pour avantage d'aider à la digestion après un repas bien copieux en plus de celui de pouvoir le savourer le soir pour rester léger puis de bien profiter d'un sommeil réparateur avant d'entamer une nouvelle semaine de travail pour les parents et d'école pour les enfants.
    Une fois lavées, les feuilles fraîches du thym sont posées dans un saladier, arrosées de jus de citron et d'une pincée de sel, d'un peu d'huile d'olive, puis on y ajoute un oignon vert finement haché, et on les déguste avec le pain local. 
    Une salade exclusivement du terroir disait mon père, savoureuse et nourrissante sans alourdir la panse. Goûteuse et simple comme cette belle région généreuse, verte et fleurie, où se succèdent les rivières, les gaves et les vallons. Rien n’est à changer, aimait répéter Nadim, sauf les cerveaux sclérosés de ceux qui l'habitent, cela suffirait pour connaître le paradis de son vivant sans avoir à attendre la faucheuse pour y avoir droit si ce droit existe vraiment.

    Ceux qui comme mon père ont initié la révolte dans son absolu, il y a fort longtemps, sont tous morts. Les célèbres comme les inconnus n'ont pas pu voir le fruit de leurs efforts ni en apprécier les effets ou les méfaits.
    Nous ne saurons jamais ce qu'ils sont devenus, certains croient le savoir car croient à la vie après la vie, plus aseptisée car éternelle.
    Nadim n'y croyait pas. Seule la révolte des vivants est éternelle, peu importe le mobile dès lors qu'il est juste. L'idéologie, pensait-il, n'est pas une finalité en soi mais un outil, une arme dressée contre l'absurde des croyances pré-fabriquées et l'injustice qui en découle. Et quand ce n’est pas l’injustice c'est le mal-être qui prévaut, défigurant l'être dont la vie devient supplice toutefois accepté jusqu'à finir par l'apprécier. 
    Maigre consolation est l'attente pour accéder au paradis céleste promis, de mille et une manières, depuis plus de cinq mille ans, par des promoteurs de la séparation du bien et du mal, les entrepreneurs de l'enfer comme du paradis, ces distributeurs de promesses, de récompenses, de menaces et de châtiments ne sont que les iconoclastes de la régression des êtres humains qui ainsi sont divisés en deux catégories: les bêtement croyants et les contraints à passer leurs vies tout en gaspillant leur énergie à justifier leur non croyance ou à l'occulter de peur d'être marginalisés, voire pire, de peur d'être mis au pilori et tout cela aux dépends du progrès à la traîne derrière le temps qui court.

    Me voici dans l’avion pour aller enterrer mon père. Je vais fouler à nouveau de mes pieds le sol où pousse le thym pour la première fois depuis onze ans, une éternité.
    Un peu moins de quatre heures pour me remémorer nos conversations téléphoniques qui  réveillaient ma mémoire olfactive. J'aimais sentir le thym à travers ses paroles, ses paroles avides de me revoir et connaître ses petits enfants. Triste destin que celui des battants contre l’ordre établi, ils doivent se contenter des seuls parfums.

    Entre ciel et terre je ne pensais qu’à mon père et à sa tendresse persévérante. Qui a dit que la tendresse est réservée aux mères, quoique la leur soit indispensable aussi ? Plus qu’un couveur, c’était un pédagogue. Combien de fois m’a-t-il rappeler à l’ordre suite à mes excès ! Il me disait :
    - «  laisse-toi aller à tes désirs mais contrôle ton instinct » 
    Conscient de ne pas avoir sa force je ne pouvais répondre que ceci :
    - «Je vais essayer »
    Que peut faire un jeune homme fougueux, manquant d’expérience et à l'ambition vorace, sinon essayer de modérer sa fougue ... ayant eu la chance d’avoir un excellent maître et la malchance d’être un impatient. Je me pose encore la question de savoir comment a-t-il fait pour ne jamais être la proie des croyants ordinaires ? 

    L’avion a atterri, terminant son vol sous le soleil timide de l’hiver levantin. Je songeais au long voyage de mon père, de son nid natal douillet jusqu'à chaque recoin de l’humanité dans un « envol hélicoïdal ascendant » comme il avait lui même qualifié sa vie. Une seule obsession m’habite depuis cet atterrissage au pays du thym: si seulement je pouvais trouver sa boîte noire. 

    * annexe du 4 mars 2023: https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=pfbid037P7XFcnh7RggdDA59Paw…

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  • Fairouz

    Soumis par Hayan Sidaoui le lun 30/09/2019 - 10:20

    Rubrique

    Fairouz, notre ambassadrice vers les étoiles comme la surnomment les libanais.
    Fairouz, fierté des levantins, de tout les levantins, est l'une des plus belle des mille est une facettes du Levant
    Une voix envoûtante que le Levant sait si bien en reproduire l’écho.

    Un tout petit aperçu d'un répertoire pléthorique composé exclusivement de chansons à texte
    ( traduction express de ma part, sur le vif en écoutant la chanson)

    Parle-moi de mon pays
    Toi brise que je te vois dans les arbres passer

    Raconte-moi mes parents
    Raconte-moi ma maison
    Raconte-moi le voisin de mon enfance
    Raconte-moi une (la) longue histoire ( de nos jouissances )

    Toi brise qui connaît la terre des lauriers
    ma maison va-t-elle bien
    Demande-lui si de moi elle se souvient
    Demande-lui si elle m'attends
    Pour passer ensemble les veillées

    Raconte-moi brise
    Comment vont les oliviers
    Comment vont ce garçon et cette fillette
    À l'ombre du moulin (cachés)

    L'amandier, la terre et notre ciel
    Sont, notre patrie et l'air qu'on respire
    Ainsi que les bougeons des jours ingrats (où l'on soupir)
    ...

    Le lien de la chanson :
    https://m.youtube.com/watch?v=QKKwgFwfvyI&feature=youtu.be

    PS: Fairouz son surnom d’artiste signifie saphir en langue arabe.

    *publié sur mon compte FB le 29 septembre 2016

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  • L'amour dans tous ses états

    Soumis par Sandrine Deci le mer 03/07/2019 - 19:51

    Rubrique

    L'amour ce terme générique qui recèle bien des choses, ses noms sont innombrables, infinis et parfois inqualifiables. 
    L'amour est un Monde à lui tout seul, je dirais un Univers où des galaxies de ressentis humains côtoient les comètes, celles de l'enthousiasme fulgurant comme celles de la haine qui n'est jamais en reste !

    "On ne badine pas avec l'amour" disait Musset, cet amour qui a habillé Baudelaire, le plus beau des poètes, de spleen, de nostalgie et par conséquent de génie où, dans les jardins privés, poussent les fleurs du mal aux pétales éphémères mais toujours renouvelés.

    Cet amour qui a tant fait chavirer femmes et hommes, parfois les torturer, d'autres fois les menant à la folie, à la mélancolie puis à la mort car, au départ, il y avait la promesse du bonheur, de la plénitude et des retrouvailles avec soi-même à travers l'autre, le complément indispensable ... Un rendez-vous toujours manqué, à défaut vite périmé !

    "Il n'y a pas d'amour heureux", mais il y a les yeux d'Elsa. Le regard qui compense l'inachevé, qui maintient l'illusion qui, à son tour, retarde l'échéance, non pas celle de la mort, mais celle d'une vie vide de toute substance car, menteur ou idiot qui dit le contraire, aimer et être aimé donne un sens au temps qui passe, adoucit l'antichambre de la mort qu'est l'existence, meuble l'énergie humaine en la rendant utile, utile car elle nous emmène au plus profond de nous-mêmes où nous découvrons des abîmes insoupçonnés, ceux de la dépendance et de l'impossible indifférence, à défaut d'atteindre les sommets inaccessibles nous dégringolons vers les abysses de l'indécence, sinon nous végétons en apesanteur dans une existence insipide où la réussite, le succès, les victoires et la renommée perdent leur sens car "l'autre" n'est plus pour nous admirer !
    À ce sujet je cite Chateaubriand qui décrit ce qu'est notre existence avec un réalisme désespérant mais oh combien juste:
    "Quelle importance pourrions-nous attacher aux choses de ce Monde? L'amitié? Elle disparaît quand celui qui aime devient faible ou quand celui qui aime devient fort ! L'amour ? Il ne peut être que fugitif, trompé ou coupable ! La renommée ? Nous ne la partagions qu'avec le crime ou la médiocrité ! L'argent ? Pourrions-nous compter comme un bien cette frivolité ? Et, il ne reste à l'homme que ces jours dits heureux ignorés dans l'obscurité des soins domestiques et qui ne lui laisse l'envie ni de perdre ni de recommencer la vie!"

    Dans un autre style, moins fataliste et plus épicurien, Molière nous dit aussi la même chose en s'appuyant sur son Don Juan, décrié pour son côté volage, qui, selon lui, par pur "altruisme", annonce à son valet qu'il est idiot de se consacrer toute sa vie à une seule femme privant toutes les autres de son charme, ou encore affirmant que la fidélité est une prison ... Don Juan était-il prétentieux ? Misogyne ? Un être superficiel courant après le plaisir ? Non, détrompez-vous, ce n'est, tout comme Chateaubriand, qu'un déçu et un désespéré qui par dépit a opté pour les conquêtes sans fin comme étant ses propres "soins domestiques". 

    J'aurais pu m'étendre plus ma réflexion car le thème de l'amour qui a préoccupé femmes et hommes depuis la nuit des temps mais qu'en est-il de nos jours ? Nous vivons une époque agitée, que je qualifierais de transition où les sociétés modernes cherchent un autre souffle et, par conséquent, où les valeurs se perdent ou s'inversent, où les préoccupations sont d'abord matérielles, où l'opportunisme est garant de survie; dès lors nous sommes bien loin du lyrisme des siècles précédents où les sentiments étaient guides, où les relations humaines étaient commandées par une réflexion constante et non pas par le besoin ou par l'utilité et il en était de même pour le sentiment amoureux cela va de soi. Nous sommes loin des sentiments chevaleresques si bien portés à leur paroxysme par "Roméo et Juliette" de Shakespeare sans oublier l'autre versant, qui va avec, tout aussi bien exprimé dans "Hamlet" où le crime, la haine et les intrigues prédominent !

    Il est révolu le temps où la séduction était un art, fini le temps de "Roméo et Juliette" où l'amour était élevé au rang du noble sacrifice au propre comme au figuré, nous vivons plutôt l'ère de "Rodéo et Souillete" où l'amour devient simple accouplement, où l'épanouissement se retrouve dans le combat qui s'ensuit naturellement, "salope bipolaire" contre "pervers narcissique", les termes à la mode à chaque séparation quasiment sans exception et aussi sans aucune réflexion, le même manque de réflexion où la pulsion charnelle remplace la séduction, on ne plante plus des jalons, on plante tout court ! Dans les accusations mutuelles et systémiques de "salope bipolaire" et de "pervers narcissique" il y a sûrement une part de vérité qui reflète ce que sont devenues nos sociétés "modernes" où le mensonge, l'artificiel et l'inculture ont vaincu toute valeur et tout principe et où la soumission a vaincu toute liberté d'esprit indispensable à l'envol des sentiments quels qu'ils soient ! Il n'y a toujours pas d'amour heureux de nos jours mais pas pour les mêmes raisons que chantait Aragon, il n'y a toujours pas d'amour heureux car tout simplement il n'y a plus d'amour ! 

    Alors échappons-nous vers d'autres cieux lointains dans le temps et dans l'espace : Sumer la toute première civilisation connue à ce jour où dans un confort nouveau, femmes et hommes approfondirent les relations humaines et donc le sentiment amoureux, donnant naissance au lyrisme sentimental quasi liturgique !

                                                      Hayan Sidaoui

     

    La séduction dans l'ancienne Mésopotamie par Sandrine Deci :

    C’est une région du monde aujourd’hui synonyme de guerre et d’horreur, en Syrie, en Irak… Il y a 5 000 ans, c'est le berceau de la civilisation : l’écriture, le calcul, les villes, la roue, l’astronomie… ont vu le jour en Mésopotamie.

    Entre le Tigre et l’Euphrate, s’étendait le pays de Sumer.Il correspond pour sa plus grande part à l'Irak actuel.

    Des sentiments amoureux il y 5000 ans, nous en avons peu de trace, juste des sources judiciaires, ce sont des textes dit « de la pratique » : jugement, constat d’adultère, recueil d’incantation, chant de fiançailles entre le roi et la déesse, hymnes, philtre d’amour, potion etc.

    Grace à la création de l’écriture, nous disposons sur des tablettes en argile des plus anciens textes sumériens, puis akkadiens. Certains mythes akkadiens sont beaucoup plus détaillés que les sumériens, ou même portent des informations différentes. On peut supposer que ces précisions aient été contenues dans des tablettes rédigées en sumérien qui ont été perdues.

    Le plus ancien poème d’amour

    Une épouse du roi sumérien Shu-Sin qui a régné de -2037 à -2029 récite le plus ancien poème d’amour sumérien, venant de tradition orale antérieure. Le premier poème écrit présenté ici est traduit du sumérien par l'éminent sumérologue Samuel Noah Kramer[1]. Il en dit :

    « Je me suis vite rendu compte que je lisais un poème, divisé en plusieurs strophes, célébrant la beauté et l’amour, une mariée joyeuse et un roi nommé Shu-Sin (qui régnait sur le pays de Sumer il y a près de quatre mille ans). … Ce que je tenais dans ma main était l'une des plus anciennes chansons d'amour écrites par la main de l'homme.

    Elle impliquait un roi et son épouse et devait sans doute être récitée au cours du plus sacré des anciens rites, le rite du mariage sacré... Le poème a probablement été récité par l'épouse choisie (la grande prêtresse d’Inanna telle qu’elle apparaît dans la dernière ligne du poème) du roi Shu-Sin au cours d’une des célébrations du Nouvel An. »

    Dans ce texte, on répète les mots car cela rend les choses plus concrètes pour les mésopotamiens :

    « Époux, cher à mon coeur,

    Grande est ta beauté, douce comme le miel.

    Lion, cher à mon coeur,

    Grande est ta beauté, douce comme le miel.

    Tu m'as captivée, laisse-moi demeurer tremblante devant toi :

    Époux, je voudrais être conduite par toi dans la chambre.

     

    Époux, laisse-moi te caresser :

    Ma caresse amoureuse est plus suave que le miel.

    Dans la chambre remplie de miel,

    Laisse-nous jouir de ton éclatante beauté.* »

     

    Poésie érotique

    Une tradition de poésie amoureuse mésopotamienne, notamment, l’amour entre Nabu et Tashmetu :

    « Oh ! Tashmetu, dont les cuisses sont une gazelle dans la steppe, dont les chevilles sont une pomme de printemps, dont les talons sont des obsidiennes, dont l’ensemble est une tablette de lapis-lazuli. »

    Thomas Römer[7] fait une comparaison avec le cantique des cantiques :

    « Ses deux seins sont comme deux petits jumeaux d’une gazelle, qui paissent parmi les lys. Ses mains sont des anneaux d’or garnis de chrysolithe ; son ventre est de l’ivoire poli couvert de lapis-lazulis. Ses cuisses sont des colonnes de marbre blanc posées sur des bases d’or fin. Son visage est comme le Liban, il se distingue comme les cèdres. »

    Chez les rois et chez les dieux
    couple-mesopotamie-roi-Utnapishtim
    Dans le mythe sumérien[8], c’est l’union d’Enki maître de la sagesse, seigneur des eaux douces et des techniques, et de Ninhursag, la grande déesse mère et divinité sumérienne de la Terre. Trois tablettes d’écriture cunéiforme, retrouvées au niveau des anciennes villes d'Ur et Nippur, datant le mythe de la fin du IIIe millénaire avant J.-C., sont déchiffrées. Le récit se passe sur l'île de Dilmun, probablement l'actuel Bahreïn et une partie de la cote d’Arabie, terre sans eau avant le travail d’Enki et qui sera l’éden de la bible plus tard.

    La Mésopotamie, ne peut être mise en valeur que par l’arrivée de l’eau. Le dieu y construit d'abord un puits à l'aide de son puissant sexe.

    « Enki, pris d'une inspiration subite, creuse avec son pénis dans les talus, en direction de Nintur, plonge son pénis dans la cannaie, fait jaillir avec son pénis un immense et tendre manteau (de verdure) ».

    Les grands dieux ont rendu la terre féconde comme le sexe de la femme traité de la même façon par l’homme. L’acte d’amour intervient dans l’ordre du monde.

    Inanna, déesse de l’Amour et de la fécondité
    inanna
    De nombreux poèmes chantent les noces de la déesse Inanna avec le berger Dumuzi son bien-aimé de manière parfois très explicite[3] :

    « Quant à moi, à ma vulve, à moi, tertre rebondi. Moi, Jouvencelle, qui me labourera? Ma vulve, ce terrain humide que je suis, Moi, Reine, qui y mettra ses bœufs (de-labour)? »

    « Sitôt que du " giron " du roi l'  "eau (-du-coeur)" eût jailli,

    A ses côtés sortirent les plantes, à ses côtés poussa le grain :

    Steppe et vergers, près de lui, se chargèrent de luxuriance !

     

    Quels sont les critères qui séduisent ?

    Les bas-reliefs néo-assyriens distinguent les hommes mûrs barbus, des esclaves, jeunes hommes ou eunuques qui sont imberbes. Dans les premiers millénaires, une chevelure drue et volumineuse est un symbole de vitalité.

    Les cheveux et barbes attirent : « sa barbe est de lazurite ». L’Homme est comparé à un lion et il est « chevelu », à la toison épaisse.

    « Si la chevelure d’un homme ondule jusqu’à ses épaules, toutes les femmes seront amoureuses de lui ». L’Homme est grand, souple, musclé, la femme jeune, séduisante.

    On se prépare : Se laver, se coiffer, se vêtir et se parer de bijoux

    On se lave, on se met de l’huile de sésame et d'olive. Leurs senteurs sont fortes : on rajoute du pin, cèdre, genévrier, myrrhe… On se maquille homme comme femme, fard à paupière, à la fois esthétique et aseptique, le Khôl, on se met de l’ocre sur le visage… Le maquillage est une arme de séduction : Inanna porte un maquillage qui s’appelle « Qu’il vienne ! Qu’il vienne ! ».
    femme-ancienne-mesopotamie
    « Aucune herbe n'est aussi douce qu’une épouse »[8].

    Dans ce chant de fiançailles :

    « Mes charmes c’est ma chevelure, pareil à une laitue la plus belle des plantes »

    La laitue d’eau est un symbole en Mésopotamie de l’abondance, promesse d’un érotisme torride.

    Les hommes portent une jupe, kaunakès, appelé ainsi par les Grecs plus tard. Les femmes sont en robe longue. Les hommes et femmes se parent de bijoux en or, argent, fer, qui enchâsse des pierres turquoise, lapis-lazuli, améthyste, agate… Etre beau et montrer son rang social, où le bijou est un symbole, une amulette qui protège et donne force et pouvoir dans le domaine amoureux.

    Virginité ?

    Paroles crues car à l’époque, nommer les choses c’est les rendre réelles. On ne conte pas fleurette on conte fruit. L’important c’est la fécondité, les enfants assurent la transmission du patrimoine familial et prendront soin des anciens et des morts en les honorant (le culte des ancêtres).

    En Mésopotamie on n’est pas bridé par un péché originel, l’amour charnel a un côté positif car il permet la procréation, la virginité n’a pas de valeur supplémentaire en dehors de s’assurer d’être le père de son futur enfant.

    La femme est complète quand elle n’est plus vierge, elle passe de l’immaturité à la maturité sexuelle, l’homme doit bien savoir faire l’amour pour être un vrai homme. Relire l'Epopée de Gilgamesh qui le relate.

    Plus le plaisir attendu est présent, plus l’union sera réputée féconde. Parmi les 5 sens, c’est l’ouïe qui est le plus important, les relations sexuelles doivent être sonores, car on a plus de chances de tomber enceinte, l’homme doit être viril, il doit combler sa femme, sinon il est l’objet de railleries et devra user de potions et incantations pour raviver sa virilité.

    Filtres et sorts

    On a retrouvé des tablettes mésopotamiennes portant des prières et rituels destinés à assurer l’épanouissement sexuel. Cela concerne une femme voulant satisfaire un homme, un homme voulant satisfaire une femme, et un homme voulant satisfaire un autre homme. Pas de trace d’une femme avec une femme, cela ne veut pas dire que ça n’a pas existé. Des listes divinatoires relatives aux aléas de la vie quotidienne envisagent des cas de relations sexuelles diverses, originales, hors du domicile et dans des positions diverses.

    Les informations suivantes sont dans des comptes-rendus de Jean Bottéro[4], accompagnées de quelques explications : 

    « L'étude des namburbû, les conjurations contre le mauvais sort prévu par les calculs divinatoires [...] ,  pour une femme, permet la mise à l'écart de sa rivale dans le cœur ou la vie d'un homme : « Pour effrayer une rivale ». Une autre cherche à défendre l'épouse contre les tentations qui la porteraient à déserter le foyer : « Pour que la femme de l'intéressé ne lève pas les yeux < vers > le pénis d'un autre ».

    La panne sexuelle et l'impuissance tourmentent l'homme depuis toujours. Des plaquettes gravées vieilles de 3 700 ans, trouvées dans le temple de la déesse Ishtar de Babylone, en Mésopotamie, contiennent des incantations à la virilité : « Que le vent souffle, que frémisse la futaie ! Que ma puissance s'écoule comme l'eau de la rivière, que mon pénis soit bandé comme la corde d'une harpe. »

    Des rites, des charmes qui perdurent encore aujourd’hui pour certains : voici une des recettes

    Pour l’ethnopsychiatre Tobie Nathan, « il est des moyens de rendre l’autre fou d’amour ». Et il les détaille dans son livre[5]. La déesse de l’Amour, Ishtar, est parfois représentée avec une grenade à la main. Le fruit était censé attirer le regard des hommes sur les jeunes filles qui en consommaient le jus en invoquant la déesse. La grenade est un fruit d’une grande portée symbolique, en raison de l'abondance de  ses grains, « des perles gourmandes et brillantes », elle est symbole d´amour, de fertilité et de prospérité. La grenade était un fruit sacré pour les Assyriens.

    grenade-filtre-amour

    Ainsi ce procédé, « il faut prendre comme à Babylone, une grenade ou une pomme, belle, gonflée de suc, appétissante. Isolez-vous dans une pièce sans témoin, sans lumière et récitez  lui cette prière : « La plus belle des femmes a inventé l’amour ! Ishtar, qui se délecte des pommes et des grenades, a créé le désir. Monte et descend, pierre d’amour, entre en action à mon avantage. C’est Ishtar qui doit présider à notre accouplement ! ».

    Jean Bottéro ajoute la précision suivante : « Prière à réciter trois fois sur une pomme ou une grenade, que l’on fera croquer ensuite à la femme désirée. Dès lors, elle s’abandonnera et on pourra lui faire l’amour ». Une recette invitant à l'amour.

    *poème de louange, appelé un « balbale » en sumérien, à Inanna.

    Poème complet : http://danco.org/textes/amour.html

    * lien d'inscription au site:
    http://www.hayansidaoui.net/user/register

    Notes :

    1 - L ’Histoire commence à Sumer, Samuel Noah Kramer, plusieurs éditions.

    2 - Lorsque les dieux faisaient l’homme, mythologie mésopotamienne, Jean Bottéro et Samuel Noah Kramer, Gallimard, 1989.

     - Babylone et la Bible : Jean Bottéro, entretiens avec Hélène Monsacré, Paris, Les Belles Lettres, 1994

    3 - Le Mariage Sacré, Samuel Noah Kramer, Berg International, 1983.

    4 - Antiquités assyro-babyloniennes, Jean Bottéro,  École pratique des hautes études. 4e section, Sciences historiques et philologiques. Annuaire 1974-1975. 1975. pp. 95-144.

    5 - Thomas Römer est professeur à la Faculté de théologie et de sciences des religions de l'Université de Lausanne, auteur de plusieurs livres sur le milieu biblique.

    6 - S’il n’y en a qu’un à lire : Sexe et amour de Sumer à Babylone, Véronique Grandpierre, 2012, folio Gallimard

  • Le nouveau ancien monde

    Soumis par Hayan Sidaoui le jeu 21/02/2019 - 13:05

    Rubrique

    Le nouveau ancien continent.

    Ce n'est ni Chistophe Colomb ni Amérigo Vespucci qui ont découvert "le nouveau continent" qui en réalité est plus ancien que l'Europe.
    Deux éléments étayent cette vérité : la première, ce continent été habité, comme l'attestent les découvertes archéologiques, de longue date avant l'arrivée des colons espagnols déguisés en missionaires au service de Dieu, la deuxième, des archéologues ont exhumé dans les années 2000 en Egypte une momie datant de 1300 ans av.JC où son analyse bio-chimique a révélé des traces de tabac dans la racine de ses cheveux.

    Alors que nous dit-on depuis notre enfance que c'est Christophe Colomb qui a amené le tabac des îles caraïbes, une plante jusqu'alors inconnue du monde "connu".

    Une conclusion s'impose : les Égyptiens ont communiqué avec une civilisation américaine il y a 2300 ans, civilisation dont par ailleurs a construit des temples ressemblant étrangement aux ziggourats mésopotamiens c'est à dire des pyramides à degrés ou en escalier sachant que les pyramides égyptiennes qui étaient au début aussi à degrés, telle que la pyramide de Saqqarah, construite 2600 av J.C soit p'us de 600 ans après la première ptramide à degré mésipotamienne construite à Ur dans l'Irak actuelle, première d'une longue série contruite par le premier architecte connu de l'Histoire Imhotep, et qui n'est que le développement architectural des ziggourats mésopotamiens jusqu'à atteindre la perfection avec la pyramide de Cheops.

    Une autre donnée vient étayer cette thèse, fort plausible. Platon (360 av.JC) évoque l'Atlantide dans deux de ses dialogues: Timée et le Critias.

    L'Atlantide est donc évoquée par Platon qui non seulement il en donne une description assez précise mais en donne même des mesures qui selon lui ont été rapportées par des prêtres égyptiens deux siécles plutôt (environ 560 av.JC).

    Des archéologues ont repéré, à la fin des années 1990, à l'Altiplano ou plaine d'altitude (3200 m d'altitude) au nord de la Bolivie un site qui correspond aussi bien à la description de Platon qu'à ses mesures au mètre près et qui correpond à un rectangle parfait de plus de 400 mètres de long nettement délimité encore aujourd'hui et situé au milieu de la plaine.

    Outre les innombrables récits légendaires et farfelus qu'à inspiré l'Atlantide beaucoup d'historiens, d'archélogues et scientifiques s'accordent à dire que l'Atlantide est une réalité, et non pas une légendaire ville engloutie par l'Océan, et qu'il s'agissait d'une ville antique du continent américain où certains de ses pensionaires ont communiqué avec le "vieux" monde il y a plus de 3000 ans soit 2500 avant Christophe Colomb. D'ailleurs la légende européenne de l'Atlantide a même donné son nom à l'Océan atlantique qui sépare l'Amérique de l'Europe et de l'Afrique.

    Il serait trop ici de développer et de reproduire les références historiques et archélogiques qui étayent cette vérité mais avec un peu de patience il est aisé de les retrouver dur le net.

    Ceci étant précisé, l'Atlantide me fait penser à Yasser Arafat qui fut de son vivant l'un des chefs d'états les plus cultivés de son époque dont le métier était architecte avant de se "marier à la cause palestinienne" comme il le disait lui-même.

    Quand en 1982, juste avant les massacres de Sabra et Chatilla, il fut chassé de son fief beyrouthin par la force multinationale avec des milliers de combattants palestiniens, des journalistes français l'ont interrogé sur le bâteau qui le menait à son exil forcé et provisoire vers Tunis, ils lui ont demandé où "pensez-vous aller ?" Il a répondu : " je vogue vers mon Atlantide".
    Il me semble que ses héritiers, les jeunes révoltés palestiniens, vont finir par lui donner raison.

    Vivement la nouvelle ancienne très chère Palestine.

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