Politique trafiquée ou mercantilisme criminel

Soumis par Hayan Sidaoui le lun 11/12/2017 - 16:29

L'air en Occident, en Europe et particulièrement en France est devenu irrespirable. Mensonges, propagandes démagogiques, rabaissement de l'humain au point d'en oublier toute notion de conscience ou d'humanisme. Inversion des valeurs et promotion de l'inculture pour ne pas dire de l'obscurantisme.

Toutefois, malgré la propagande et la censure staliniennes ambiantes, quelques voix persistent à résister au torrent de mensonges aveuglant, devenu politique d'état, et cherchent tant bien que mal la vérité, même parfois des bouts de vérité, dans le simple souci de comprendre mais aussi de confronter leur conscience avant de juger !

Ce sont des cas certes rares mais ont le mérite d'exister d'autant plus qu'au premier abord ces personnes méritoires n'ont aucun lien ou point commun avec les théâtres lointains où se déroulent des événements tels la Syrie, la Libye, le Yémen, l'Égypte, le cameroun ou le Nigéria...

Axelle Bertrand fait partie de cette "race" de justes où le bon sens, le pouvoir distinctif du cerveau humain et le souci de ne pas condamner à tort et à travers un tel ou un autre contribuent à élucider certaines vérités ou réalités voilées par le rouleau compresseur d'une propagande partisane, mercantile et même criminelle. La recherche menée par Axelle Bertrand est claire, limpide et argumentée même si je ne considère pas les causes évoquées de la guerre artificielle israélo-otanusienne comme étant les seules mèches du chaos organisé et imposé en Syrie, car je crois que la mystification du "peuple élu" y contribue aussi, mais ceci est un autre sujet qui mériterait d'autant une approche sérieuse.

 

"Voici :

Les médias mainstream nous abreuvent d’informations sur les conflits armés dans le monde et pourtant les intérêts sous-jacents sont soigneusement occultés par la propagande.

Les questions à se poser devraient être : A qui profite le crime ? Et quel est le mobile du crime ?

Pour comprendre, quelques cartes géographiques seront indispensables. Les enjeux énergétiques sont multiples mais seul le volet révélateur du transit du pétrole sera observé ici.

Regardez simplement ces quelques cartes.

Transit du pétrole mondial en 2009

La première représente le transit du pétrole mondial en 2009. Les 2 passages « clef » de ce transit sont les détroits d’Ormuz et de Malacca.

Le Yémen et la route du pétrole
Carte 1

Le détroit d’Ormuz entre l’Iran et l’Arabie Saoudite donne l’accès à la Mer d’Arabie pour distribuer le pétrole à la fois vers l’Europe, les Etats-Unis et vers l’Asie en contournant le continent africain par le sud.

Le second passage « clef » est le détroit de Malacca, sorte d’aiguillage géant où se concentre le trafic maritime international. Il est le point de rencontre des deux routes principales de navigation qui relient l'Europe et le Moyen Orient à l'Asie Orientale.

Ces détroits constituent donc des points de passage obligés et vitaux que les différentes puissances en présence essaient de contrôler.

Nouvelle route de la soie à travers le Myanmar

Transit mondial du pétrole
Carte 4

Il y a donc grand intérêt pour les puissances émergentes à ouvrir de nouvelles routes surtout si celles-ci sont plus courtes et donc plus rentables. C’est le cas du projet chinois de nouvelle route de la soie à travers le Myanmar (Birmanie) qui permettrait à la Chine d’exporter vers l’occident directement depuis l’océan Indien sans obligation du passage par le Détroit de Malacca (carte 4).

Le conflit au Myanmar, dans la province de Rakhine, peut représenter une opportunité pour la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis de faire échouer ce projet chinois et de se débarrasser d’un sérieux concurrent.

Les mécanismes habituels d’interventions onusiennes permettraient de justifier une nouvelle ingérence et d’installer des bases militaires afin de contrôler cette porte entre la Chine et l’Océan Indien.

Projets de gazoducs

Projet de gazoduc
Carte 2

La carte 2 représente d’autres possibles nouvelles routes : les projets de gazoducs qui achemineraient le pétrole extrait au Moyen-Orient.

Le pipeline rouge part de l’Iran, dont les gisements sont suffisamment importants pour alimenter le pays et pour exporter, traverse l’Iraq et la Syrie pour rejoindre la Méditerranée. Le pipeline violet part du Qatar traverse l’Arabie Saoudite et la Syrie pour arriver en Turquie.

Ces 2 lignes qui se croisent en Syrie dessinent à elles seules les alliances (Iran-Iraq-Syrie-Russie >< Qatar- Arabie Saoudite-Turquie-USA-France) entre les pays et le point névralgique qui est le territoire syrien, lui aussi riche en pétrole. Point d’autant plus important qu’il est une grande porte ouverte sur la Méditerranée.

Etant donné la reconquête du territoire syrien par le gouvernement légitime et le peuple syrien après 7 années de guerre par mercenaires interposés, un plan B, représentant lui aussi une porte sur la Méditerranée, est appliqué. A coup de bombardements sur la population du Yémen, l’Occident qui s’appuie sur ses alliés l’Arabie Saoudite, la Turquie et Israël tente d’en prendre possession..

Ports sur la Mer rouge et au Yémen

La chine et la route du pétrole
Carte 3

La carte 3 nous en dit un peu plus : La coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite vise notamment les ports qui se trouvent sur la Mer rouge au Yémen.

Contrôler le Détroit de Babel Mandeb, c’est contrôler le transit via la mer rouge jusqu’en Méditerranée. Aujourd’hui, le Yémen est sur le point de mettre en échec cette tentative de prise de contrôle de son territoire. Comme les impérialistes ne manquent jamais d’idées, le Venezuela est aussi dans leur ligne de mire. Le Venezuela représente la plus grande réserve de pétrole connue dans le monde à ce jour. Une réserve qui se trouve à 5 jours du Texas au lieu de 45 jours pour le pétrole provenant du Moyen-Orient. On comprend donc l’intérêt que suscite le Venezuela pour leur voisin les USA. Les USA sont les plus gros consommateurs de pétrole au monde et doivent importer 60% du pétrole qu’ils consomment.

Les Américains sont accros au pétrole qui est devenu un produit de première nécessité pour leur armée, leur industrie et leur économie. Ils sont complétement dépendants puisque leur propre production ne suffit pas à assouvir leurs besoins. Le mobile du crime vous semble-t-il plus claire à présent ? Oubliez les boniments fondés sur les guerres de religion, les guerres civiles, les guerres de civilisations, …rangez au placard les argumentaires basés sur les conflits chimériques entre chiites et les sunnites, sur les dictateurs élus à 88% qui mangent les enfants et les armes de destruction massive introuvables, …

Le nerf de la guerre, a toujours été le pouvoir. Le pouvoir aujourd’hui, c’est le contrôle des ressources énergétiques et des routes de la mondialisation ! "

 

Axelle Bertrand