Le point du président, partie I

Soumis par Hayan Sidaoui le dim 03/11/2019 - 23:40

Rubrique

Alors que Trump continue à arroser les réseaux sociaux de tweets hallucinants par leur ridicule qui ne trompe plus personne, en tous cas pas ceux qui se forcent à être aveugles, alors que son vassal, le régime français premier pourvoyeur de fausses rumeurs et champion du monde de la falsification, le dépasse par son propre ridicule désormais célèbre dans le monde entier où l’acharnement suicidaire tente de camoufler la raclée monumentale pour sa politique délibérément sioniste au Levant, le président de la république arabe syrienne nous gratifie d’une interview d’anthologie, réduisant les deux clowns pré-cités au statut de cancres de la diplomatie internationale leur donnant, indirectement, une leçon de présidence et une leçon de stratégie à la fois militaire et politique accentuant l’adhésion et le soutien inconditionnel de l’écrasante majorité du peuple Syrien et au delà, de tout le Levant libanais et palestiniens en tête.

Avec sa sérénité et son calme habituels, avec néanmoins une passion tangible pour son pays et pour son peuple, faisant preuve, comme à chacune de ses très rares sorties médiatiques, et pour cause il a une guerre « mondiale »à gérer depuis huit ans, d’une clairvoyance hors pair et d’une vision globale et détaillée de l’état des lieux dans le pays qu’il préside jusqu’à connaître à la perfection la réalité des habitants des zones encore occupées ou qui furent occupées depuis huit ans et qui se libèrent pas à pas, patiemment, avec méthodologie et avec la confiance qui démarque les grands de ce monde des nains qui se gargarisent de leur hypothétique puissance, puissance pour ces faussaires étant synonyme de criminalité et d’inhumanité !

Le président Assad n’est pas qu’un chef de guerre, il est avant tout un président, un président conscient des conditions que subissent les syriens, toutes tranches d’âge et toutes les composantes culturelles du peuple syrien comprises, preuve que l’appareil de l’état et les administrations ont continué à fonctionner malgré huit années d’une guerre ravageuse qui plus est imposée. Tout n’étant pas naturellement parfait, il y a les conséquences directes de la guerre mais aussi il y a les brebis galeuses, un président, un bon j’entends, ne peut changer les hommes mais peut faire pencher la balance du côté des bons et des justes et c’est bien là que réside la vraie victoire de la Syrie sur ses agresseurs.

Les questions des deux journalistes des deux chaînes syriennes Al-Souriya et Al-Ekhbaria fusent en toute liberté dont certaines sont délicates, ou plutôt indélicates, pour un président qui continue à gérer un pays en pleine guerre, bien que le moral du peuple syrien et de son armée soit au beau fixe, aux conséquences désastreuses et dont il est naturellement impossible pour quiconque de totalement maîtriser une situation où l’enjeu est mondial. Et pourtant le flegme du président, teinté d’un réalisme rationnel, se colle au « jeu » journalistique avec assurance révélant avec responsabilité ce qu’il maîtrise et ce qu’il ne maîtrise pas, pas encore ...

À propos de la mort d’Al-Baghdadi
[Un président qui connaît ses ennemis]

En réponse à la question « la Syrie a-t-elle eu un rôle dans la mort d’Al-Baghdadi? »

- « pas du tout, nous avons appris ce que vous savez à travers les médias, les pays qui ont répandu la rumeur de notre participation voulaient donner, à notre insu, à cette « nouvelle » de la consistance auprès de leurs opinions publiques, voulant par la même occasion faire croire que la mort d’Al-Baghdadi fait partie d’une opération d’envergure contre le terrorisme ce qui n’est que le produit de leur imagination car nous et nous seuls, avec nos alliés nous nous battons réellement contre le terrorisme. Nous n’avons aucun lien avec aucune administration ou responsable américains, d’ailleurs nous doutons de la véracité de la mort d’Al-Baghdadi. Par ailleurs les américains n’ont pas montré son cadavre ou ses restes alors que rappelons-nous lors du tapage médiatique lors de l’exécution de Saddam Hussein où le monde entier était arrosé de photos et de vidéos depuis l’assassinat de ses deux fils, sa capture et sa pendaison, ils ont montré tous ces cadavres sous tous les angles... pourquoi ont-ils fait disparaître le cadavre d’Al-Baghdadi ? La mort de Ben Laden comme celle de Baghdadi ne sont que des duperies que personne ne devrait croire, je rajouterai que les USA, ne nous trompons pas, sont présumés coupables jusqu’à preuve du contraire et non pas présumés innocents jusqu’à preuve du contraire. »

Question : « la mort dAl-baghdadi signie-t-elle la fin définitive de l’EI ? »

- Réponse du président: « Al-Baghdadi représente une idéologie, qui court depuis deux siècles (sous entendu depuis l’apparition du wahhabisme) et donc sa mort, ou celle d’un autre, ne change rien à cette idéologique qui existe encore, je rappelle qu’Al-Baghdadi séjournait dans les prisons de Saddam et ce sont les USA qui l’ont libéré pour qu’il puisse justement jouer le rôle de symbole de cette idéologie, ce n’est qu’une personne qu’il est possible de remplacer à tout moment; nous sommes en droit de nous poser plusieurs questions, est-il vraiment mort ? Si oui, sa mort a-t-elle eu lieu d’u e autre manière que celle annoncée ? A-t-il été simplement enlevé ? Ou caché ? Ou remplacé ? Ou bien a-t-il subit une opération chirurgicale changeant son apparence... la politique américaine ne diffère en rien des scénarios produits à Hollywood qui s’appuient sur l’imagination et la fiction ...tout ce qui touche à ce sujet n’est que duperies et supercheries, il n’est pas impossible de recréer Al-Baghdadi sous un autre nom comme il n’est pas impossible de recréer un autre DAESH sous un autre nom tout en gardant et en sauvegardant la même idéologie avec toujours le même créateur et gérant qui sont les USA. »

À propos de l’opération turque au nord de la Syrie et de l’accord turco-russe
[un président en guerre et un citoyen patriote mais aussi un diplomate avisé et un homme de paix]

Question : « tout d’abord les positions des russes ont toujours été claires même avant leur intervention et la construction d’une base militaire en Syrie, ensuite sa présence et son aide militaire répondent à notre demande et aux règles internationales et s’appuient avant tout sur l’unité et l’intégrité de la totalité du territoire syrien. Ce que je viens de dire est toujours en application et ne changera pas indépendamment des circonstances fluctuantes. Il faut savoir que la politique russe d’une manière générale, s’appuie sur la réalité des faits et du terrain, l’accord entre turcs et russes a déjà accompli deux choses, la première, le retrait des groupes armés du nord de la Syrie en les remplaçant par l’armée syrienne qui progressivement étend son autorité sur toutes ces zones, ce qui n’efface en rien l’aspect négatif de la présence turque en attendant, la seconde phase à venir, y mettre fin définitivement . L’accord turco-russe est un accord provisoire à court terme, qui nous a permis de mettre les civils à l’abri des groupes terroristes, il faut séparer les objectifs à court terme et les objectifs stratégiques à long terme, l’accord entre les turcs et les russes relève de la tactique pour régler un problème immédiat et local, mais ne change rien à la stratégie d’ensemble et notre vision commune avec les russes c’est à dire mettre fin à toute présence étrangère en Syrie. Pour nous cet accord est positif, je vais vous expliquer pourquoi. Nous savons que la Turquie a des visées et des convoitises illégales en Syrie et bien entendu nous la condamnons avec fermeté. La présence turque en Syrie répond à une volonté américaine qui soutien les convoitises turques, par contre les bonnes relations entre turques et russes brident ces convoitises que les américains encouragent, c’est le premier point positif de l’accord. D’autre part, cet accord coupe l’herbe sous les pieds des américains mettant à mal leur projet au nord de la Syrie. Laissez moi vous rappeler la récente initiative allemande, qui a fait l’unanimité auprès des membres de l’OTAN et exprimait une volonté américaine, qui consiste à sécuriser la région sous contrôle international ce qui revient à faire sortir cette région du nord du contrôle légal et légitime du gouvernement syrien et ainsi diviser le pays. L’accord turco-ruse a déjoué ce plan américain. Donc, cet et accord a produit immédiatement deux avantages conséquents : brider les convoitises turques et déjouer le complot américain, il est clair que cet accord n’a pas, pour l’instant, exaucé tous nos souhaits mais présente un grand pas en avant vers une libération totale du territoire syrien que nous pensons proche, et limite les dégâts de manière substantielle. »

Question : « vous avez qualifié l’accord turco-russe de provisoire, mais nous savons que la Turquie ne tient jamais ses engagements, ma question est : Quelle suite donnerez-vous si la Turquie refuse de quitter le territoire syrien pour s’y installer durablement, Vous avez à maintes reprises affirmé que la Syrie usera de tous les moyens pour forcer la Turquie à sortir de Syrie, certains disent que cet accord empêcherait la Syrie d’utiliser la force contre la Turquie, qu’en pensez-vous ?

- « Je vais prendre l’exemple des accords d’Astana qui devait amener la Turquie à quitter la Syrie et la Turquie n’a pas tenu sa promesse ce qui nous a pas empêché de libérer des vastes zones occupées par des milices pro-turcs avant et après le dernier accord entre russes et turcs, avec certes un an de retard, mais cette année écoulée a permis aux russes de chercher, d’explorer et enfin de mettre en œuvre une solution diplomatique pour faire sortir du nord tous les groupes terroristes et cela n’est qu’un début pour une libération progressive et totale du nord de la Syrie sachant qu’Erdogan a œuvré, depuis le début de la guerre, à créer une animosité artificielle entre les deux peuples turc et syrien pour en faire deux ennemis en cherchant un affrontement militaire entre son armée et la nôtre. Je rappelle que la Turquie, au tout début de la guerre a collaboré avec nous, contre le terrorisme jusqu’à sa surprenante volte-face apparue très vite et très tôt, il est clair à ce jour que la Turquie est un ennemi, mais n’oublions pas que beaucoup de partis politiques turcs et l’ensemble de l’opposition à Erdogan sont farouchement opposés à sa politique en Syrie. Pour nous Erdogan et ses partisans sont nos ennemis et non pas l’ensemble du peuple turc. Tout cela rajoute à l’efficacité de la diplomatie russe qui travaille en notre faveur tout comme les iraniens. »

Question : « À propos de ce qu'Erdogan fait depuis quelque temps dans les zones occupées (Idlib et sa province) à savoir construire des écoles, mettre sur pied des institutions étatiques, imposer certaines langues autres que l’arabe ... voulant démontrer que la Turquie est partie pour rester longtemps en Syrie, qu’en pensez-vous? »

- « Nous en sommes conscients, si Erdogan voulait quitter la Syrie il aurait quitté Idlib il y a longtemps. Tout d’abord la Syrie est une entité unique, tous les fronts du sud jusqu’au nord forment un même front, c’est le même théâtre d’opérations, Erdogan est le bras des États-Unies en Syrie, partout où nous nous sommes battus nous nous sommes battus contre les USA en se battant contre Erdogan qui dès le premier jour est celui qui a allumé tous les fronts dans les quatre coins de la Syrie. Je vous confirme que si à terme la diplomatie ne l’incite pas à partir il y aura une guerre ouverte avec la Turquie comme dernier recours, d’une manière ou d’une autre. Quoiqu’il fasse, il partira, mais dans l’immédiat nous laissons libre cours aux russes et donnons une chance aux «opérations » diplomatiques de la Russie, mais dans tous les cas Erdogan est un ennemi que cela soit clair pour tout le monde. »

Question : « Beaucoup affirment que la dernière invasion de la Turquie du nord de la Syrie est le fruit d’un accord tripartite entre turcs, américains et russes, quelle est votre réponse à ce sujet? »

- « Nous savions depuis longtemps que la Turquie, soutenue par les USA, a des visées sur le nord syrien et beaucoup ont mal interprété la récente position russe à l’ONU. Jje répète que la diplomatie Russie traite tout problème avec réalisme en tenant compte de la réalité du terrain, des possibilités opérationnelles, du rapport de force et des conséquences de tout affrontement potentiel, la Russie exploite à bon escient toutes les manœuvres diplomatiques possibles pour préparer le terrain à une sortie définitive de la Turquie de Syrie en essayant de limiter au maximum les dégâts pour nous et éviter toute éventualité qu’Erdogan puisse pérenniser voire élargir les zones qu’il occupe à d’autres zones aujourd’hui libres. Je peux vous assurer qu’il n’y a aucun accord entre les russes d’un côté et l’alliance américano-turque, le vote russe a l’ONU ne relève que d’une diplomatie pragmatique dans la perspective de libérer la totalité du territoire syrien. Il n’y a aucun secret ou manœuvre illicite, les russes jouent franc jeu, ils n’ont pas hésité à rendre public leur récent accord avec les turques ni notre accord implicite avec les USA quant à leur retrait de notre pays, il n’y a aucun deal secret ou invisible, ce que vous voyez sur le terrain reflète parfaitement ce que nous disons depuis le début de cette interview, ce qui nous réconforte. »

Question: « Nous savons que la Turquie et les USA n’affichent pas leur complicité même si nous savons qu’ils collaborent étroitement notamment au sujet de l’établissement d’une zone tampon au nord de la Syrie et sous contrôle turc alors qu’Obama a toujours été contre ce projet, est-ce que cela signifie qu’Obama était « meilleur » que Trump? 

- « Nous ne devons jamais faire confiance ou compter sur un président américain quel qu’il soit, nous ne nous leurrons pas il n’y a rien à espérer des USA. Le jeu qui consiste à faire apparaître qu’Erdogan est entré dans le nord syrien à l’insu des USA est un jeu de dupes qui veut faire croire que la Turquie est une puissance indépendante qui mène sa propre politique en Syrie. Je vous confirme que toute action turque en Syrie n’est que le produit d’une décision américaine en amont, le reste n’est que théâtre avec dans les principaux rôles les américains et les turcs. Il est bon de rappeler ici que les USA et l’Occident ont parié en 2011 sur une propagation des manifestations de Dera’a, où elles ont commencé, vers tout le pays ce qui ne s’est pas produit. Ensuite ils ont armé les manifestants et cela n’a pas pris non plus, ensuite ils ont misé sur des groupuscules terroristes pensant que cette folie suffirait à détruire la Syrie et la partager, fin 2013 début 2014, après quatre ans où nous combattions seuls, le terrorisme a failli mettre à mal notre armée d’où l’intervention russe pour rétablir la situation. Il ne restait à l’Occident que d’activer le turc pour tenter de renverser la table et redonner l’initiative aux USA. Mais pour revenir à votre question, c’est Trump qui est le meilleur président américain non pas parce qu’il mène une bonne politique vis à vis de la Syrie mais parce qu’il est le plus transparent et donc un ennemi facilement lisible, comme tous ses prédécesseurs qui comme lui ont commis des crimes, en jouant le rôle des défenseurs des droits de l’homme alors que ce ne sont qu’un amas de criminels qui ne défendent que les intérêts des lobbies qui gangrènent leurs propre pays, USA en tête, et tous les autres pays Occidentaux, pour en fin de compte obtenir le prix Nobel de la paix, et Trump comme eux l’aura ! La preuve de sa transparence est qu’il affiche publiquement qu’il convoite le pétrole syrien, c’est cela la réalité de la politique américaine ... que pourrions-nous espérer de mieux qu’un ennemi facile à lire, cela dit entre Trump et Obama où d’autres la différence n’est que formelle mais leur réalité est la même. »

Question : « une rumeur persistante affirme que les USA, avant leur retrait de Syrie, ont promis aux FDS de faire pression sur la Russie pour qu’elle, à son tour fasse pression sur vous afin d’accorder aux kurdes un certain nombre de choses que vous avez toujours refusé, est-ce la réalité? »

- « Je vous ai déjà dit que tout ce que les USA annoncent n’est que tromperies à ne jamais prendre au sérieux, ne perdons pas notre temps avec cela, le seul accord entre russes et kurdes, ou plutôt les groupes kurdes car il y en a plusieurs, est de confier toutes les zones sous leur contrôle à l’armée syrienne et c’est exactement ce qui se passe. Nous avons déjà repris le contrôle de la majeure partie de ces zones malgré quelques difficultés naturelles et d’autres qui se présentent mais en fin de compte nous reprendrons la totalité de ces zones dans un avenir très proche, la présence de notre armée dans ces zones ainsi libérées (sans combats meurtriers) signifie la présence de l’état, de ses institutions et de ses administrations. Je voudrais signaler que nous avons des relations très anciennes avec une bonne partie des kurdes depuis de longues années qui ont toujours collaboré avec nous, il ne faut généraliser et mettre tous les kurdes sur le même banc des accusés. Toujours est-il, et je l’annonce avec certitude, que chaque mètre carré abandonné par les milices kurdes reviendra au giron de l’état syrien qui naturellement offrira aux populations de ces zones tous les services de l’état, cela est déjà en passe de s’établir progressivement. Toutefois je tiens à préciser que cette opération est loin d’être sans difficultés dans des zones qui ont échappé à la légalité pendant huit ans et où notre contrôle sera direct par endroits et momentanément indirect dans d’autres (confié à des milices kurdes loyalistes) comme l’impose la réalité du terrain. L’instauration de l’autorité totale de l’état après ces huit années demande du temps, il ne faut pas brusquer la réalité populaire établie depuis toutes ces années où l’État était absent du fait de la contrainte de la guerre. De ce fait nous ne demanderons pas à certains groupes armés de nous remettre leurs armes car ils auront un rôle à jouer, l’instauration totale de l’autorité de l’état se fera en douceur et c’est notre seul objectif non négociable. »

À propos des kurdes
[le président de tous]

Question : « Après tout ce qui s’est passé ces huit années passées, est-il encore possible de cohabiter avec les kurdes en paix ? »

- « Soyons clairs, beaucoup de choses ont été défigurées et faussées pendant cette guerre (par la propagande occidentale), il n’est pas objectif d’affirmer que telle ou telle communauté a été dans son ensemble loyale ou déloyale, généraliser serait une erreur et une approche irrationnelle, il y a eu dans le nord de la Syrie des traîtres chez les kurdes mais aussi chez les arabes, comme il y a eu des loyaux chez les deux ... la supercherie qui s’est produite est de faire croire que la minorité kurde qui a fait allégeance aux USA est le porte parole de tous les kurdes ce qui est entièrement faux d’où l’amalgame généralisé, il en est de même pour les autres entités culturelles du nord syrien. Et c’est justement là que les USA ont tiré leur épingle du jeu pendant des années en armant lourdement ces minorités déloyales les rendant seules visibles et leurs donnant un poids politique et donc de facto affaiblissant les loyaux parmi ces communautés. Je confirme que la majorité des kurdes n’ont jamais coupé le lien avec nous et nous avions avec eux des excellents rapports y compris dans les zones qui échappaient au contrôle de l’état, mieux, ils proposaient constamment des réelles réformes et projets de nature exclusivement patriotique, preuve en est leur accueil exceptionnel, au même titre que le reste de la population du nord, quand nous sommes rentrés récemment dans les zones abandonnées par les milices inféodées aux USA. Oui il est parfaitement possible de vivre en harmonie entre toutes les entités culturelles en Syrie, kurde comprise, sinon la Syrie ne retrouvera jamais la stabilité et la sécurité. »

Question : «Où se trouve réellement le problème avec les autres groupes kurdes qui sont réticents et qui refusent l’autorité de l’état ? »

- « Cette problématique se pose à nous depuis des décennies, et pendant des décennies nous, l’État syrien, les avons soutenu dans leur lutte contre la Turquie au point que nous avons faillie le payer cher car notre soutien nous a conduit à un affrontement armé avec les turcs en 1998, que nous soutenions car nous étions conscients de leurs droits culturels légitimes. De quoi ces petits groupes accusent l'État Syrien ? Ils l’accusent de chauvinisme (arabe) à travers le parti Ba’ath sachant que quand ces accusations ont commencé, dans les années soixante, le parti Ba’ath n’était qu’un petit parti et n’était pas encore au pouvoir ! À supposer que leur accusations soient fondées, est-il possible que moi-même je puisse être partisan d’une politique d’ouverture et en même temps hermétique ou intolérant à leurs revendications culturelles ? C’est impossible. Laissez moi prendre l’exemple d’une autre entité culturelle qui, qui plus est, arrivée en dernier en Syrie, les arméniens. Tout d’abord ce sont, dans leur totalité, des citoyens à part entière et des patriotes exceptionnels alors que la communauté arménienne a sa propre culture très marquée, ses propres églises et même, et ce qui est beaucoup plus sensible, ses propres écoles. Il m’arrivait d’assister à certains fêtes et mêmes mariages arméniens, ils chantent leurs champs traditionnels en arménien mais ils n’oublient jamais de chanter l’hymne national syrien en arabe. Peut-on accorder encore plus de liberté à une entité culturelle qui a ses spécificités ? La communauté arménienne de Syrie est la seule communauté de la diaspora arménienne dans le monde qui ne s’est pas diluée dans le tissu social local bien que son intégration à la nation soit exemplaire. Nous considérons que la sauvegarde de leurs caractéristiques culturelles comme naturel, alors dites-moi, pourquoi ferai-je preuve d’ouverture d’esprit avec les uns et pas avec les autres ? Pour une raison simple: certaines entités culturelles, ou plus exactement une partie d’elles, revendique leur séparatisme (sur une terre qui à l’origine est terre d’accueil pour eux). Nous voyons des cartes se répandre délimitant le « Kurdistan syrien » qui serait une province du Grand Kurdistan, dès lors c’est notre droit naturel que de défendre l’intégrité de notre territoire coûte que coûte. Donc, nous avons aucun souci avec la diversité du tissu socio-culturel de la Syrie, bien au contraire, nous considérons que c’est une heureuse et belle diversité qui constitue une richesse pour notre pays, cependant, la diversité positive est une chose et les projets séparatistes et les projets de morcellement de la Syrie en sont une autre. C’est là que réside notre problème avec une partie des kurdes. »

Question : « Vous affirmez que le « vivre ensemble » avec les kurdes est parfaitement possible alors que depuis des années des populations kurdes en nombre vivaient dans certaines zones hors de la légalité de l’État syrien, quels sont vos projets et la politique que vous envisagez mener pour pallier ce problème ? Comment ramener toute cette population à l’idée de vivre ensemble notamment les jeunes et les enfants qui n’ont jamais connu la légalité ? »

- « C’est en effet un problème qui nous attend, par ordre d’importance d’abord les enfants et ensuite les moins jeunes. Cette génération n’a en effet pas connu l’état et la loi, elle n’a connu que le désordre et l’illégalité des groupes armés. Pour nous ce sont les enfants en bas âge qui représentent le plus grand problème car n’ont pas appris la langue arabe (la langue officielle), certains parmi eux n’ont appris que des fausses valeurs et faux principes, l’extrémisme, que la nation est leur ennemi, en réalité ils n’ont appris que la propagande occidentale. Nous nous sommes rendus compte de ce fléau lors des dernières semaines et encore plus ces derniers jours suite à l’entrée rapide de l’AAS dans des zones vastes où ce problème s’est révélé à nous rapidement et à grande échelle. Nous avons chargé plusieurs ministères de se pencher sur cette question, notamment le ministère de l’éducation puis celui de la défense et d’autres encore qui vont rendre rapidement un rapport public où les grandes lignes de la solution que nous allons adopter apparaîtra clairement. L’objectif étant de résorber ce problème au plus vite, cette réintégration de ces enfants et de ces jeunes doit cependant se faire en douceur et nécessite des dispositions particulières appropriées à leur condition. »

Question : « Pour revenir à la politique et précisément aux USA, Trump a récemment révélé, après le retrait de ses troupes, vouloir installer dans notre pays un contingent limité près des champs pétroliers du nord-est et près des frontières jordanienne et israélienne, quelle serait la réponse de l’état syrien face à cette possible présence illégale? »

- « Tout d’abord, comme je l’avais indiqué au début, les déclarations des USA ne sont pas à prendre au sérieux, cela étant dit en réalité les USA n’ont pas encore totalement quitté la Syrie et leur présence peut revêtir un caractère direct ou indirect. Nous avons nos priorités opérationnelles sur le terrain et nous procédons par ordre, d’abord libérer le reste des zones encore occupées par des groupes armés (ex: Idlib) et quand nous arriverons ensuite aux zones où il y aurait une présence militaire américaine l’affrontement sera nécessairement inévitable ce qui ne veut pas dire forcément un front entre L’AAS et l’armée américaine, car soyons réalistes nous n’en avons pas les moyens que possède une grande puissance comme les USA, du moins dans l’immédiat. Reste l’option de la résistance, or celle-ci nécessite une adhésion populaire avec un état d’esprit des populations des zones occupées contraire à celui du séparatisme ou de la traîtrise, autrement dit si les USA maintenaient leur présence nous ferions de notre mieux en amont et nous prendrions le temps qu’il faut pour préparer le terrain à une résistance efficace. Mais n’oublions pas une chose primordiale, hormis l’évidence de l’esprit colonial et mercantile des USA et de leurs alliés occidentaux faut toujours garder à l’esprit que ce qui a amené en Syrie les USA, la Turquie et les autres ce sont d’abord des syriens traîtres à leur patrie sinon aucune présence étrangère en Syrie n’aurait été possible, à partir de là, si on veut éviter à la Syrie que ce type de présence persiste où se répète, nous avons d’abord la priorité de traiter la question de la traîtrise et de s’occuper en premier lieu de ces traîtres d’une manière ou d’une autre où le patriotisme et l’unité de la Syrie doivent passer avant toute autre considération. La traîtrise n’est pas un point de vue politique où pourrait être considérée comme une opposition à notre gouvernement, c’est une posture qui met les traîtres en marge de la nation dans toutes ses composantes politiques et par conséquent met la nation elle même en danger. Je peux affirmer avec assurance que le jour où les traîtres auront moins d’influence en confortant le patriotisme l’américain sortira de Syrie de lui même et il lui sera matériellement impossible d’y rester car il perdra tout point d’appui sur notre territoire, je vous rappelle que cela a déjà été vécu par le passé par le Liban et par l’Irak. Voilà quels sont les grandes lignes de la méthodologie que nous comptons adopter. »

La bataille d’Idlib
[ c’est d’abord une bataille politique]

Question : « La semaine dernière vous avez surpris tous les syriens et le monde entier par votre visite sur le front d’Idlib, vous avez aussi déclaré que la présence turque à l’est et à Idlib a l’Ouest allaient de pair pour disperser les efforts de notre armée. Peut-on conclure que votre visite au front d’Idlib est le signal de départ de la bataille de sa libération ? »

- « Il n’y a aucun rapport entre ma visite et l’instant zéro qui marquera le début de notre offensive, il m’arrive fréquemment de visiter les différents fronts pour saluer nos héros de l’armée car ce sont eux qui ont la mission la plus difficile et la plus périlleuse et il est donc naturel que je consacre mes visites en priorité à nos soldats. Ma visite à Idlib revêtait aussi un caractère politique car le monde entier focalisait sur l’opération turque au nord-est comme si le problème syrien se résumait uniquement à ce fait oubliant ceux qui se battent au quotidien dans la région d’Idlib et autour de la ville, des combats contre justement la Turquie même si les appellations diffèrent (Qaida, Al-Nosra etc ..), et je peux vous assurer que ces groupes présents à Idlib sont plus cher au cœur d’Erdogan que sa propre armée présente dans le nord-est. Il ne faut jamais oublier que la principale bataille et la plus importante contre le turc (et au delà l’OTAN) est celle de la libération d’Idlib. Donc, malgré la gravité de ce qui se passe dans le nord-est je voulais rappeler que la libération d’Idlib demeure la bataille de loin la plus importante dans l’immédiat. »

Question : « vous dites donc que votre visite au front d’Idlib n’est pas en rapport avec le signal de l’offensive pour la libérer, par contre serait-elle en rapport avec la rencontre entre russe et turcs qui a eu lieu le même jour? »

- « Très sincèrement, quand j’étais à Idlib j’ai oublié que cette rencontre entre turcs et russes allait avoir lieu (rires du président Assad)»

Question : « certains vous ont prêté une réaction de colère au sujet de la rencontre entre russes et turques, qu’en dites-vous ? »

- « Très franchement je ne l’étais pas du tout car, comme je l’ai indiqué, cette rencontre servait nos intérêts, peut-être que vous faites allusion à ce que certains ont considéré comme une insulte de ma part à l’encontre d’Erdogan qui serait due à une colère, en réalité je ne l’ai pas insulté ni été en colère, je l’avais traité de voleur, ce n’est pas une insulte mais un qualificatif que je maintiens car c’est réellement un voleur de tout ce qui vient de nos usines, de nos productions, de notre pétrole et enfin de nos terres, comment peut-on le qualifier ? De bienfaiteur? C’est un voleur et je n’ai pas d’autres synonymes. Je vous rappelle que je l’avais qualifié il y a un moment lors de mon intervention au parlement d’un voyou de la politique, c’est un voleur et un voyou, nous n’inventons rien car lui même s’annonce comme tel par ses faits et gestes, par ses ruses, par sa parole jamais tenue, par ses crimes ... pour revenir à votre question sur la rencontre entre turcs et russes, dites-vous bien que partout où la Russie met les pieds en Syrie cela ne va que dans le sens de nos intérêts, les russes et nous-mêmes nous suivons les mêmes principes et nous menons la même bataille chacun dans son registre, d’ailleurs nous commençons déjà à tirer profit des œuvres de la diplomatie russe. Je ne vous dirai pas si la Russie se joue du turc ou si elle a piégé Erdogan ou pas, ce qui n’est pas important en soi, mais ce que je peux vous dire est que la stratégie russe porte ses fruits et nous en profitons (sans mener un combat armé partout en Syrie). Donc il n’y a aucun lien entre ma déclaration à propos d’Erdogan et la rencontre entre turcs et russes. Je vous dirai même que nous sommes heureux des liens entre turcs et russes car le russe ne fait pas les yeux doux au turc au contraire il lui impose ce qui va dans notre sens, ce qui compte toutefois ce n’est pas autant la manière dont le russe traite le turc mais la finalité stratégique de ce lien entre eux.»

Question : « Je reviens à Idlib, l’émissaire de l’ONU en Syrie a qualifié dans la presse la situation à Idlib comme étant complexe, il a évoqué la solution militaire comme étant une solution à éviter à tout prix sous prétexte d’épargner les civils, rajoutant qu’une offensive de l’armée syrienne aggraverait la situation, qu’en pensez-vous et croyez-vous que la bataille de la libération d’Idlib sera retardée suite aux pressions internationales. »

- « Si l’émissaire de l’ONU en Syrie a une solution pacifique et claire pour résoudre la question d’Idlib c’est très positif à condition qu'elle aille dans notre sens. Laissez-moi vous dire que les choses sont très simples, qu’il aille en Turquie pour convaincre les turcs de séparer géographiquement les terroristes des civils, s’il est en même temps capable (il sourit) de distinguer le civil du terroriste ... le terrorisme ne se combat pas avec des théories ni à coups de leçons de moral. Et croyez-vous que nous allons attendre et nous plier à une résolution internationale que nous savons d’avance être une résolution otanusienne, si oui nous n’aurions jamais libéré le moindre mètre carré en Syrie. Ce qu’on pense ou ce qu’on raconte en Occident, même si naturellement nous en tenons compte, n’influence en rien notre stratégie et nos objectifs. Toutefois nous laissons toujours en priorité une chance à la diplomatie pour ne pas laisser à l’Occident le moindre prétexte ou pour nous reprocher quoique ce soit, le moment venu l’offensive sera lancée et c’est justement pour sauver les civils de l’emprise des terroristes. Comment pourrais-je contribuer à laisser ces civils sous le contrôle du terrorisme en les laissant à sa merci ? La logique occidentale est une logique inversée et bien évidemment de manière délibérée. Quelle logique rationnelle consisterait à considérer la libération d’Idlib comme un malheur pour les civils alors que les laisser sous l’emprise des terroristes les sauverait ? J’en conclu que pour l’occident les terroristes protégeraient les civils alors que c’est le contraire, seule la libération par une opération militaire sauvera les civils. »

Question : « Attendez-vous une résolution de l’ONU ou même une posture russe qui retarderait la libération d’Idlib, certains répandent la rumeur que vous subissez des pressions russes vous incitant à retarder l’offensive pour faire plaisir aux turcs, quelle est la véracité de ces propos? »

- « Le terme « pression » est imprécis, les russes, les iraniens et nous mêmes nous menons à l’unisson la même guerre sur le plan militaire et sur le plan politique, nous sommes en permanence en consultations réciproques pour évaluer en amont les répercussions de toute opération envisagée qu’elle soit militaire ou qu’elle soit politique. A plusieurs reprises il y a eu un accord tripartite (russes, iraniens, syriens) fixant la date du lancement des opérations militaires pour libérer Idlib et à chaque fois, et d’un commun accord, nous l’avons reportée car de nouveaux paramètres apparaissaient, parfois d’ordre militaire et d’autres fois d’ordre politique. Ces consultations permanentes entre alliés sont parfaitement naturelles. Un exemple, parfois l’Iran demande le report en fonction du contexte régional, d’autrefois ce sont les russes qui le demandent en fonction du contexte international et parfois nous le demandions nous-mêmes en fonction du contexte local et intérieur. Cela démontre que notre complémentarité est parfaite. En un mois il y a eu pas moins de cinq réunions entre les russes, les iraniens et moi-même et entre chacune de ces rencontres il y avait toujours du nouveau sur le plan militaire ou sur le plan politique ce qui nous amenait toujours à réviser nos résolutions de la précédente rencontre, donc le rythme de l’évolution de la situation constamment changeante retarde le lancement de la bataille d’Idlib. D’autre part, nous sommes en constant contact avec les civils d’Idlib et de sa région qui nous incitent à demander à ce que les civils, selon leur souhait, puissent quitter Idlib et sa région vers les zones libérées dans le but de les protéger et aussi pour limiter une effusion de sang supplémentaire de nos soldats (sous entendu libérer des zones occupées avec beaucoup de civils est toujours plus coûteux en vies pour les soldats comme ce fut le cas à Alep, Deir Ezzor et Ghouta), donc il y a tout un ensemble de paramètres qui influencent le choix de la date pour lancer la bataille finale de la libération d’Idlib, et soyez certain que les russes sont aussi enthousiastes que nous pour parvenir à libérer la ville d’Idlib au plus vite.»

Question : « Poutine avait déclaré que les grandes opérations militaires en Syrie sont terminées, qu’en est-il ? »

- « La fin des opérations des grandes batailles ne signifie pas la fin de la lutte contre le terrorisme, les grandes batailles sont en effet terminées (les places éminemment stratégiques telles que Alep, Ghouta, Deir Ezzor, Palmyre) et nous contrôlons la presque totalité du territoire syrien (sachant qu’en dehors d’Idlib les turcs n’occupent qu’une petite zone au nord-est et que des terroristes soutenus par les USA occupent une petite poche encerclées au sud-est près de la frontière irakienne et deux poches minuscules à la frontière jordanienne et à la limite de la partie occupée du Golan depuis 1967 par Israël). Prenons l’exemple de la libération récente de Khan Chaykhoun qui pouvait paraître une grande bataille de par sa situation stratégique (comme étant un verrou vers Idlib), en réalité il n’en était rien puisque nous avons assisté à un effondrement rapide des groupes armés qui tenaient la ville, ce que les russes entendent par la fin des grandes batailles (sous entendu que la libération d’Idlib sera moins difficile qu’on ne le pense, la difficulté n’étant que politique d’où le remue ménage incessant de l’Occident). Je le répète, la Russie a pour unique objectif en Syrie de combattre le terrorisme et de nous aider à libérer la totalité du territoire syrien.»

Question : « Concernant Idlib il y a encore beaucoup de points à soulever, comment allez vous négocier la présence des terroristes à Idlib, on se souvient que lors des libérations précédentes ils ont été regroupés systématiquement à Idlib. Pensez-vous vous que la Turquie acceptera de les accueillir une fois Idlib libérée sinon qu'envisagez-vous ?

- « Que la Turquie l’accepte ou pas c’est son problème pas le nôtre, en ce qui nous concerne les terroristes nous allons les traiter comme nous l’avions déjà fait lors des libérations précédentes, concernant ceux qui survivront à la bataille de la libération soit (concernant ceux qui sont de nationalité syrienne) ils acceptent de rendre les armes puis acceptent nos conditions de réintégration selon les lois, soit ils subiront l’affrontement militaire s’ils ne nous laissent pas d’autres choix (en clair leur liquidation). Si la Turquie refuse de les accueillir je ne vois pas d’autres alternatives. »

Question : « Certains médias parlent de contacts entre vous et les turcs, sont-ils réels, si oui à quel niveau se produisent-ils et qu’attendez-vous de tels contacts? »

- « Il y a eu en effet des contacts à un niveau d’officiers, certains pour des raisons militaires imposées par le terrain qui ont eu lieu à la frontière située près de Kassab (au nord de Lattiquié le long de la côte), d’autres ont eu lieu en Russie entre diplomates de second rang sans que cela produise le moindre résultat, ces contacts avait pour objet de vérifier si la Turquie allait respecter les accords d’Astana (d’il y a un an) où elle s’était engagée à quitter certaines des zones qu’elle occupe, nous avons vite conclu qu’elle ne respecterait pas ces accords. »

Question : « Donc ces rencontres ont bien eu lieu? »
- « Oui et nous avons insisté pour que la Russie soit représentée car nous ne comprenons pas le « langage » de la diplomatie turque. »

Question : «  Donc pas de rencontres bipartites ? 
-« Non toujours tripartites. »

Question : « Ces rencontres ont eu lieu avant le dernier accord turco-russe? Seriez-vous d’accord en ce moment même pour vous asseoir autour d’une table avec les turcs et cela après leur agression récente et après l’accord turco-Russe? »

-« vous voulez savoir si je serais d’accord pour rencontrer Erdogan ou lui serrer la main ou rencontrer un autre haut responsable turc ? Non car cela ne m’honore pas je n’éprouverais que du dégoût. Par contre il est de la responsabilité de l’état d’accepter une telle rencontre si cette rencontre pouvait porter ses fruits dans le sens de la libération de tout le territoire syrien et éviter ainsi l’effusion de sang, mais je sais d’avance qu’il n’y aura aucun résultat positif suite à une telle rencontre à moins qu’Erdogan pour une raison ou une autre soit très affaibli, mais selon moi Erdogan est une personne opportuniste et profiteuse, à l’esprit opportuniste et profiteur et à l’idéologie opportuniste et profiteuse. Une telle rencontre ne portera ses fruits que si Erdogan est sous grande pression soit internationale soit pour des raisons intérieures à la Turquie. »

Le rôle Israélien
[c’est une guerre israélienne]

Question : « la Turquie est un occupant, donc rencontrer un occupant comme l’est Israël (au Golan) signifierait que vous seriez capable de rencontrer les israéliens, c’est un sujet délicat quel est votre commentaire? »

- «  Cette question a déjà été ainsi posée et au sein même de mon gouvernement à savoir comment rencontrer l’occupant turc pour négocier ce qui ressemblerait à une négociation avec l’occupant israélien ? Cela est en effet délicat à une nuance près, nous ne reconnaissons pas l’État d’Israël alors que nous reconnaissons la Turquie État et peuple et cela malgré la politique d’Erdogan, aujourd’hui la,Turquie est un pays ennemi, mais nous avons avec la Turquie un passé qui a été parfois commun, la Turquie est donc un État légitime, quant au problème lié à la province d’Iskandaroune (province syrienne offerte par la France à la Turquie après la seconde guerre mondiale alors que la Syrie était sous mandat français) il est de nature différente que l’occupation israélienne du Golan où de la Palestine. Je rappelle que quand la Syrie a négocié dans les années 90 avec Israël (dans le cadre des accords d’Oslo) nous ne lui avons pas accordé notre reconnaissance comme État légitime ce que nous aurions fait si les accords avaient abouti à une paix juste et durable. On ne peut pas comparer les deux états turc et israélien, le peuple turc demeure un peuple frère et tout le pari d’Erdogan consistait à transformer nos deux peuples amis en peuples ennemis pour justifier sa politique criminelle à notre égard et gagner l’adhésion de l’opinion publique turque, nous devons rester vigilants et de ne pas regarder les événements avec les yeux d’Erdogan mais avec nos propres yeux, et je peux vous confirmer que l’opposition à Erdogan en Turquie est grandissante et importante y compris dans l’armée et dans les rangs des forces de l’ordre. D’autre part, plus d’une fois, iraniens et russes m’ont posé la question suivante: la terre est la vôtre et la cause est la vôtre pourquoi ne pas négocier directement avec l’occupant turc ? Je vous l’ai déjà expliqué mais à l’avenir si Erdogan est très affaibli sur la scène politique intérieure ou s’il est remplacé par quelqu’un de plus raisonnable je pourrai alors espérer obtenir des résultats d’une telle rencontre ce qui n’est pas le cas actuellement. »

Question : « je voudrais revenir à Israël, nous savons qu’Israel est le plus grand bénéficiaire de la guerre en Syrie, un bénéficiaire invisible, pensez-vous qu'Israël soit dans une situation plus confortable que jamais suite à l’affaiblissement de la Syrie par la guerre et, ainsi comme certains le prétendent, l’affaiblissement de l’Iran (embargo) ?

- « Israël n’est pas invisible, sinon linguistiquement, Israël est omniprésent en Syrie, avec les terroristes, les traîtres et d’autres outils encore, Israël est celui qui tirent les ficelles en Syrie depuis le début de la guerre soit directement soit indirectement notamment via les USA, ce sont les médias en focalisant sur DAESH ou sur la Turquie qui font oublier Israël alors que c’est le premier acteur de la guerre en Syrie et elle participe à tout ce qui se passe sur le terrain à travers ses outils pré-cités. Israël est notre ennemi historique, Israël est même un intervenant direct et actif dans cette guerre dont l’objectif est de détruire le peuple syrien et la nation syrienne. Même si on ne parle pas ou presque jamais d’Israel il est tout à fait évident de comprendre de manière intuitive, que cette guerre est une guerre israélienne, quant à son bénéfice pour Israël les événements prouvent qu’il a été éphémère, nous verrons bien de quoi l’avenir sera fait. »

Fin de la première partie, à suivre la seconde partie prochainement.

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