La sainte agonie

Soumis par Hayan Sidaoui le dim 18/03/2018 - 22:36

Rubrique

La « Sainte Géographie »

Occident. Un terme bien mystérieux.
Par rapport à quoi peut-on déterminer un Occident ou un Orient ? Par rapport à quel « nombril » ? La terre n’est-elle pas sphérique ? Par quelle logique géométrique il nous est possible de fixer un « centre » à sa surface, centre qui régirait les quatre points cardinaux ?
« L’Occident » a décidé seul des appellations selon sa propre « Sainte Géographie » telles que Proche-Orient, Moyen-Orient, Extrême-Orient mais chose étonnante, cet « Occident » se représente comme un ensemble indivisible, il n’y a ni Proche-Occident, ni Moyen-Occident, ni Extrême-Occident !

Il se trouve que notre Proche-Orient n’est autre que votre Moyen-Orient et que notre Moyen-Orient n’est autre que votre Extrême-Orient. L’Europe de l’Est étant pour nous le Proche-Occident et celle de l’Ouest le Moyen-Occident alors que l’Amérique du Nord est notre Extrême-Occident sans oublier celle du sud qui est le Moyen-Occident pour l’Afrique et ainsi de suite.

Toutefois, si « centre » il y a, il ne pourrait se situer qu’au Croissant-Fertile, en Asie Mineure. C’est dans cette partie du monde que la civilisation au sens urbain et sociétal a vu le jour il y a environ 5300 ans. C’est aussi dans cette région que la notion du pouvoir centralisé et celle de la religion qui va avec sont apparues.

Être le « centre du monde », le vrai, est-ce pour autant une sinécure ? Ma réponse est non.
Non, car cet état de fait attire toutes les convoitises à fortiori si ce « centre » est bien fourni en richesses de tous genres. Il aimante, pêle-mêle, les criminels, les mercantiles, les sans-scrupules ou bien les « sans-dents » comme dirait un Hollande, un des plus grands criminels de guerre depuis le trio Beguin-Sharon-Shamir, un trio qui s’est « distingué » dans les années 1970 et 1980 au Sud-Liban avec comme sommet de l’inhumanisme les massacres de Sabra et Chatilla dans la banlieue de Beyrouth lors de l’été 1982, crime contre l’humanité, délibéré et froidement planifié, avec la « bénédiction » du même « Occident ».

Un « centre » riche aussi bien en Histoire qu’en matières premières et autres denrées rares. Dès lors, comment ne pas considérer comme une malédiction notre appartenance à ce « centre » où depuis des siècles « l’Occident » tout entier a pris l'habitude de venir se servir, au doigt et à l’œil, quitte à sacrifier sauvagement des populations entières ! Comment ne pas s’indigner quand un envahisseur criminel tel que Louis IX soit élevé au rang de Saint par ce même « Occident » où un Bush ou un Obama, autres ciminels de guerre, se voient lauréats du prix Nobel de la paix pour leurs abjects crimes !

La « Sainte Géographie » de « l’Occident » s’accompagne par une « Sainte Histoire ». Une Histoire fabriquée de toutes pièces, non seulement les criminels deviennent des saints mais aussi le crime devient vertu, l’injustice devient justice, l’inhumanisme devient humanisme etc …
Cette inversion des valeurs, et c’est bien là où le bas blesse, perdure à travers les âges, au lieu de disparaître elle se pérennise, ce n’est pas un égarement passager d’une société donnée mais une matrice existentielle sans laquelle cet « Occident » n’est pas viable.
Pire, ceux qui parmi les peuples estampés « indigènes » par ce même « Occident » qui ne se plient pas à cette inversion des valeurs devraient passer par l’épée, l’épée dont la gaine n’est autre que la « démocratie » où justement la perversion des principes les plus élémentaires en sont la substance.

Nos richesses ne sont autre que nos malheurs. Combien de mères, de pères, de sœurs, de frères, de filles et fils auraient préféré voir le jour sous d’autres cieux quitte à partager la pauvreté avec les leurs vivants plutôt que l’or avec leurs proches martyrs ou sacrifiés sur l’autel de la « sainte Géographie Occidentale ».

Mais nos richesses ne sont pas constituées uniquement d’or qu’il soit noir ou jaune mais aussi de vraies valeurs humaines dont la définition est contraire à celle de l'auto-proclamé « Occident libre et démocratique ».
C’est cet état de fait qui nous impose un devoir, une responsabilité quasi universelle comme une fatalité. Naître sur cette terre nous confie le devoir de résister au despotisme qui pollue la planète depuis la nuit des temps, nous incombe la responsabilité à veiller à ce que la justice règne, à ce que la bannière de la liberté soit toujours levée bien haut quel qu’il en soit le prix ou le sacrifice.

Il est de notre devoir d’abattre le mercantilisme criminel camouflé par le voile de la « croyance » ou par le masque de la « démocratie ». Le devoir de porter haut l’humanisme initié par le code des lois d’Hammourabi, confirmé par Akhénaton, le premier monothéiste, et prolongé par les « saintes » paroles des prophètes. Un humanisme que nous défendons corps et âme en continuant le combat, coûte que coûte, sans jamais abandonner. Un humanisme contraire à celui de « l’Occident » aux dents longues, barbare, sauvage, opposé à notre « Orient » où la justice des hommes libres, libres d’esprit, brandiront pour toujours les bannières de la justice et de l’insoumission à la perversité et à la barbarie peu importe le prix à payer.

Naître sur cette terre est aussi le devoir de refuser que ce bas monde ait un « centre ». Le combat que nous menons est de facto un combat universel et pour toute l’humanité que nous le voulions ou pas. Naître sur cette terre est en soi un destin préétabli auquel il est difficile d’échapper, c’est bien ce destin là qui constitue notre propre « sainte Géographie ».

Agonie meurtrière

De Der’a à Ghouta en passant par Alep, Palmyre, Deir Ezzor, Zabadani, Qoseir ou encore Tel Afar, Mossoul... et avant d’arriver à Idlib ou encore Rakka et plus tard à Jérusalem n’en doutez point, notre propre « Sainte Histoire » s’affirme, s’impose et se pérennise. Les massacres de civils délibérément commis par « l’Occident » ne sont que le reflet de son agonie, tel un fauve blessé à mort et qui ne cesse de griffer par dépit jusqu’à son dernier soupir, qui de toute façon viendra. C’est cette attitude, mélange de barbarie et de ridicule, qui résume à elle seule tout le code génétique de cet « Occident » dont le seul breuvage « bénéfique » ne pourrait être que le sang des autres, dont le « confort » ne pourrait se construire que sur la misère des autres et dont la viabilité ne pourrait s’étayer que sur l’injustice où la fourberie devient principe et où le mensonge devient valeur, un « Occident » dépourvu du « langage » humain, un « Occident » désormais gémissant victime de son propre inhumanisme.
Notre victoire est inévitable, elle est logique et naturelle. Comment peut-il en être autrement puisque notre victoire est celle de toute l’humanité ou plus exactement celle de tous ceux qui croient en l’humanité.
Cet « Occident » se meurt, s’autodétruit. Ce n’est pas autant notre victoire que sa propre défaite tout aussi naturelle car son existence est contraire à la nature humaine, à ce qu’il y a de bon en l’Homme. Les croyants diront « Dieu l’a emporté sur le diable », les athées diront « la nature reprend ses droits », les deux ont raison, les deux applaudiront la victoire de ce qu’il y a de bon chez l’Homme sur ce qu’il recèle de mauvais. Mais le diable ne meurt jamais sans causer le plus de dégâts possible, nous, nous autres humains, nous allons encore souffrir sans le moindre doute mais d'une souffrance salutaire et salvatrice pour les « vainqueurs », une souffrance purificatrice pour les « défaits » à condition de prendre toute la mesure de leur défaite et d'en tirer les leçons qui s’imposent.
En attendant le monde change, il n’y aura pas de troisième guerre mondiale comme certains semblent le vouloir. Cette guerre ne viendra pas car « l’Occident » est à bout de souffle, gravement blessé et affaibli, incapable de se relever avant un long moment.

L’inévitable épilogue

Nous abordons une autre forme d’opposition, certes malheureuse mais moins meurtrière. Une seconde guerre froide se profile, se met inéluctablement en place mais où les rôles seront inversés par rapport à la première d’avant 1989. Une guerre froide où « l’Occident » devient « Orient » et vice-versa. C’est désormais à « l’Ouest » où s’établira le nouveau rideau de fer, où le système stalinien renaîtra de ses cendres. Et c’est à « l’Est » que régnera la justice, la vraie cette fois-ci et non pas celle déguisée que brandissait le monde auto-désigné libre d’avant 1989.

Désormais le flux de migration s’inversera, ceux qui chercheront la liberté passeront de « l’Ouest » à « l’Est », et nous les accueillerons avec bienveillance et bonheur car ils grossiront nos rangs pour faire triompher les vraies valeurs humaines et non pas comme avant 1989 où le flux inverse n’enrichissait que la propagande démagogique pour justifier la spoliation et le massacre des « autres », ces indigènes si gênants car « assis » sur des richesses tant convoitées.

En réalité, cette agonie de « l’Occident », d’abord meurtrière puis « froide » aura à terme comme conséquence de mettre en quarantaine le mal, le virus mortifère, qu’est le sionisme qui sera isolé dans un « Occident » enfermé par quatre murs de « Berlin » alors que jusqu’alors il polluait l’air de ce monde en toute liberté.

Quand j’évoque cet « Occident » que j’appelle sans cesse "sionisé", j’évoque naturellement le sionisme, ce cancer, que certains croient incurable et que nous autres, levantins, nous croyons curable puisque nous sommes en passe de le vaincre grâce à Notre « Sainte géographie » et Notre « Sainte Histoire ».