La résistance a changé de camp

Soumis par Hayan Sidaoui le jeu 10/05/2018 - 20:48

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Faut-il encore rappeler quelques certitudes concernant la guerre en Syrie alors que nous autres levantins nous le martelons depuis sept ans ? Faut-il encore donner écho à ceux qui disent nous soutenir, alors qu’il ne s’agit que d’une façade pour camoufler leur venin distillé au compte-gouttes pour nous user lentement mais sûrement, ou encore à d’autres en mal de célébrité et de reconnaissance, qui nous inondent de fausses analyses et faux présages, en étant persuadés qu’ils ont tout compris alors qu’il n’en est rien ?

La guerre syrienne a un mobile et un seul : détruire le Hezbollah et ses soutiens régionaux, après sa victoire retentissante en 2006, qui avait suivi la libération du Sud-Liban en 2000 après 22 ans d’occupation sauvage et meurtrière.

L’argument qui consiste à affirmer qu’il s’agit de gaz naturel ou de pétrole est un faux argument car c’est Israël qui a la principale fonction de protéger les richesses du Moyen Orient au profit de l’Occident et c’est justement la raison pour laquelle il a été fondé en 1948 sur le sol des autres. C’est cette fonction qui lui procure la protection de l’OTAN, au risque que l’Occident paraisse dépourvu de morale et d’humanisme en applaudissant le massacre des Palestiniens.

Les victoires successives du Hezbollah soutenu par la Syrie et l’Iran ont déstabilisé l’entité sioniste et à travers elle l’Occident colonialiste tout entier. Ses exploits militaires, ses victoires politiques, sa compétence en matière de contre-espionnage qui a réduit les agents du Mossad au silence au Liban et sa popularité grandissante chez toutes les confessions du monde arabe sans exceptions, a fait de lui le danger potentiel pour la subsistance même de l’entité du crime, à savoir Israël.

La guerre déclenchée en Syrie n’avait pour objet que de démolir le Hezbollah et son principal soutien politique, militaire et logistique pour secourir Israël plus menacé que jamais. Raison pour laquelle ce même Hezbollah n’a pas hésité une seconde a envoyer ses troupes aguerries pour venir en aide à la grande sœur syrienne. Quoi de plus naturel d’autant plus de l’Irak à la Palestine en passant par le Liban, la Syrie et la Jordanie nous avons été, jusqu’aux accords de Sykes/Picot, et plus tard la fondation de la colonie israélienne sur le sol palestinien, un seul peuple et une seule nation.

De l’Euphrate jusqu’à la mer rouge nous mangeons quasiment la même cuisine, nous écoutons la même musique, nous lisons les mêmes auteurs, nous partageons la même culture ou le même multiculturalisme, nous avons hérité du même passé et nous avons toujours eu et avons encore le même ennemi : ceux qui guettent nos richesses depuis toujours.

Pourquoi aller chercher autre chose que l’évidence qui consiste à dire : nous sommes visés par le même ennemi depuis toujours et pour les mêmes raisons ?

La guerre syrienne n’avait donc pour principal objectif que démolir tout ce qui touche au porte-avion israélien dans l’océan arabe et, pour y parvenir, abattre une bonne fois pour toutes, tout ce qui résiste à cet état de fait qui perdure depuis la chute de l’empire Ottoman, autre occupant, autre ennemi.

La guerre Syrienne est perdue pour l’OTAN et son petit protégé israélien et cela depuis la libération d’Alep, tournant décisif de cette guerre. Depuis la libération totale d’Alep en janvier 2017, la libération de la totalité du territoire syrien n’est plus qu’une question de temps. Nous l’avons répété à maintes reprises et les événements nous donnent raison.

J’entends par-ci par-là quelques frayeurs qui persistent chez les nôtres et quelques espoirs pour ceux qui soutiennent l’ennemi, injustifiés les uns comme les autres.

À se demander ce que l’OTAN pourrait encore faire au bout de sept ans de dépense d’énergie et de moyens sans précédent !! Même la marionnette saoudienne est financièrement au bord de la ruine, épuisée par la résistance héroïque des Yéménites qui ont réussi à porter le combat sur le sol saoudien et qui se permettent désormais de bombarder les aéroports et les palais de la débauche de Najran jusqu’à Riyadh, épuisée aussi par les milliards versés au Levant sans le moindre succès sinon démolir et s’en prendre aux civils.

Je l’avais déjà affirmé en toute confiance plus d’une fois : l’Occident est à bout de souffle et sa puissance toute relative est mise à mal par la résistance levantine. Toutefois personne ne doute qu’il ne soit pas encore en mesure de donner « quelques coups », des coups de déni et de dépit ne pouvant atteindre que des victimes innocentes. Si l’honneur n’a pas de prix, l’indignité et le manque de conscience sont gratuits et donc plus facile d’accès.

Dès qu’Israël lance une petite escarmouche sur le sol syrien on voit défiler en boucle cette information, comme si Israël avait gagné la guerre, comme s’il faisait trembler nos certitudes et notre détermination, comme s'il était toujours intouchable etc. S’ensuivent des analyses parfois perfides et fourbes et d’autres fois hantées par un passé où nous perdions tout. Et nous perdions tout à cause de nos propres traîtres, jamais à cause d’une prétendue puissance. Le défaitisme est un mal courant quand on n’a connu que des déboires et tout inversement des rapports de force paraît inimaginable, nous avons du mal à le croire, du mal à se dire : nous y arrivons enfin !

Fort heureusement, ce défaitisme recule dans le monde arabe de même que l’infâme traitrise, autrement dit, tout ce qui a servi d’armes à nos ennemis est désormais en cours de disparition. Les monarchies du Golfe mises à mal, frôlant la faillite, l’alliance déterminante avec la Russie, la popularité décroissante du clan pro-saoudien comme viennent de le démontrer les élections législatives libanaises, sachant que l’opinion publique libanaise est un baromètre pour tout le Proche et Moyen Orient, mais surtout, la cohésion de tout un peuple, sa détermination et son refus de se soumettre quitte à mourir, mourir debout c’est infiniment mieux que vivre couché.

Donc, à chaque fois qu’Israël s’aventure depuis la libération d’Alep à « piquer » la Syrie les déçus du camp sioniste crient victoire et « nos peureux conditionnés » se lamentent à leur tour ! Des « piques » qui n’ont pour objet que de rassurer l’opinion publique israélienne plus déstabilisée et plus craintive que jamais, sans effet je le crois.

Je ne sais plus, nous sommes nombreux au Levant à ne plus savoir comment expliquer au moins aux nôtres que désormais le monde change, que ce à quoi nous assistons aujourd’hui est historique, que rien n’est impossible si l'on s’arme de confiance et de justice, que rien, plus rien ne peut plus nous arriver.

Nous vivons un âge d’or, douloureux mais salutaire, douloureux comme chaque accouchement car nous accouchons d’une nouvelle ère.

La Syrie et le Hezbollah, je l’avais déjà dit dans un précédent article, répliquent à chaque coup de pique israélien ou otanusien et de la meilleure des manières en nettoyant le sol syrien et libanais comme irakien, de leurs soldats mercenaires dotés de moyens hors du commun. Et pourtant ils ont été défaits plus d’une fois au point que le peuple syrien contrôle désormais 90 % de son territoire. La Syrie réplique donc en faisant dans un premier temps ce qui est prioritaire : libérer son peuple au plus vite de la souffrance gratuite qui n’a que trop durée.

Comme je l’avais déjà annoncé et répété depuis des années, le point final de la guerre syrienne ne pourrait être que la libération de la Palestine, toute la Palestine et c’est d’une logique implacable. Oser s’attaquer de la sorte à la Syrie bastion de la résistance au sionisme depuis 1948 revenait à ouvrir la boite de Pandore. J’avais écrit en 2013 que, qui s’attaque à la Syrie cinq fois millénaire creuse sa propre tombe et je n’ai cessé de le répéter, faisant l’écho de l‘écrasante majorité des levantins.

Le bombardement d’hier sur la partie occupée du Golan par une soixantaine de missiles dont aucun n’a été intercepté, tranche avec les deux missiles israéliens tirés et tous deux abattus avant hier, n’est que la début de la fin ou bien le début de la libération de tout territoire arabe occupé. Un avant-goût de ce que sera l’épilogue du chaos prémédité et organisé en Syrie et dans tout le Levant, un prélude pour la libération de la Palestine, un prélude à la paix, la vraie, celle « des braves ».

Tsahal a donc subi des pertes considérables, tout en étant totalement impuissante, une soixantaine de missiles tirés aucun intercepté causant des dizaines de victimes parmi les soldats du diable et démolissant tous les centres de commandement et de renseignement électronique du Nord d’Israël, rendant son armée aveugle pour un moment.

La propagande occidentale essaye de transformer la guerre syrienne en guerre israélo-iranienne car il leur est tellement difficile de reconnaître notre supériorité militaire désormais acquise, sachant que si l’Iran, soutien de la résistance rentrait en guerre, la défaite du clan sioniste ne serait que plus accélérée, ce n’est que surenchère pour exciter l’opinion publique. Il faut comprendre qu’une escalade militaire avec l’Iran et une guerre totale avec Israël n’auront qu’un effet dévastateur pour Israël et pour chaque capitale de l’OTAN, sans oublier que la Turquie sera la première visée après Israël. Cette escalade que l’OTAN et Israël veulent à tout prix éviter malgré leur déclaration d’apparat, nous la souhaitons et nous l’initierons sans le moindre doute, chose qui sera faite en son temps à moins que d’ici là nos ennemis capitulent. Nous en souffrirons face à des états criminels mais nous en seront délivrés une bonne fois pour toutes.

C’est que nous reconnaissons les vrais levantins qui ne refusent rien à ceux qui frappent à leur porte, alors que d’autres nous avaient prédit déjà que nous ne pourrions rien faire à la suite de l’attaque israélienne réussie le 30 avril dernier, et encore à moitié.

Pour finir un proverbe levantin : « qui n’aime pas les cauchemars ne va pas dormir au cimetière », Israël a transformé le Levant en cimetière, pourra-t-il encore y dormir longtemps ? J’en doute.

La résistance a changé de camp, c'est désormais l'injustice qui essaye de résister à la justice. Nous n'avons aucun doute sur l'issue de cette bataille.