Migration ou mi-vérité

Soumis par Hayan Sidaoui le sam 23/12/2017 - 22:22

Rubrique

Gérard Luçon fait partie de mes rares contacts virtuels avec qui j'ai noué une véritable amitié.
Je ne suis pas toujours d'accord avec certaines de ses perceptions et vice versa mais il appartient à une minorité de français dont la perspicacité, le bon sens et surtout l'honnêteté intellectuelle ont su maintenir la flamme du véritable "esprit français" qui résiste tant bien que mal au rouleau compresseur de la propagande mais aussi au sectarisme primaire inscrit dans le code génétique de la France.

Ainsi, je ne suis pas en tout point d'accord avec son article qui suit mais j'ai estimé que son point de vue sur l'immigration, somme toute classique, qu'on appelle à tort "migration" mérite d'être lu. La contradiction posée et argumentée n'est-elle pas mère de tout progrès ?

Cet article rédigé il y a deux ans par Gérard Luçon est toujours d'actualité bien que les médias l'ont relégué au second plan pour des raisons "mystérieuses".

Je n'en dirais pas plus vous laissant juges.

Gérard Luçon
Écrit en septembre 2015

Rroms, Donbas, Daesh, l’Occident en pleine dérive

Irakiens, Afghans, Erythréens, Libyens, Syriens, Maliens, Centrafricains, …. La voie est ouverte, grande, béante ! Mais attention, pas pour tous, il est par exemple hors de question de s’occuper du million et demi de réfugiés du Donbass, femmes et enfants partis pour fuir les bombardements et la guerre civile.

Et c’est là que le premier bât blesse ; ainsi dans le Donbass les hommes en âge de se battre restent et se battent, dans les autres pays mentionnés ci-avant ils fuient, et ils composent environ 80 à 90% des fugitifs. Alors parmi ces hommes en âge de combattre combien viennent avec un autre objectif ? les filières partant de Gao et Kidal pour emmener en convoi, au nez et à la barbe des troupes françaises (pour ne pas dire avec leur complicité tacite), des centaines d’adultes vers le Niger et la Libye sont connues ; arrivés dans le sud libyen ils sont pris en main et formés au maniement des armes et des explosifs et deviennent des petits « Daeshistes ». Ensuite ils remontent sur la côte et se joignent aux autres pour traverser vers l’Occident, terre promise et en même temps haïe ?

La chancelière allemande l’a décidé, pour soutenir ces « pauvres gens » ils vont en accueillir un paquet, et comme nos dirigeants sont encore une fois à la traîne, pour ne pas dire à la ramasse, ils décident d’accueillir une partie des réfugiés allant en Allemagne pour soulager ce pays nécessiteux !

Et c’est là que le second bât blesse ; décidément les comiques troupiers qui prétendent gouverner n’en ratent pas une, au lieu d’être en avant et de montrer qu’ils sont à un haut niveau de décision, ils agissent comme si le président français n’était que le Gauleiter représentant l’Allemagne et ses intérêts en France ! Et pourtant nous avons été le premier pays à reconnaitre cette coalition syrienne faite de bric et de broc et à les armer « à tire-larigot », sans aucun discernement.

Donc c’est officiel, les gens amenés par les passeurs auront le gîte et le couvert, à la charge des gens bienveillants, ces gens qui sont saignés à blanc par l’Etat, et à la charge des Mairies, ces collectivités locales qui ont de plus en plus de responsabilités et de moins en moins de moyens ! Et bénéficiant en priorité d’un titre de séjour de 10 ans plus la CMU et les minimas sociaux, si ces réfugiés refusent de travailler seront-ils toutefois contrôlés et pourchassés par Pôle-Emploi comme de vulgaires resquilleurs français ?

Et c’est là que le troisième bât blesse ; ainsi on officialise un circuit d’approvisionnement en garantissant la prise en charge de la marchandise à l’arrivée. Nul doute que les passeurs vont mettre cela dans leur offre et en profiter pour augmenter les tarifs, parce qu’ils sont peut-être sans foi ni loi, ces passeurs, mais ils ne sont pas couillons, certaines ONG ont aussi compris l’aspect lucratif de cette filière ! Et dans le même registre, quelles sommes vont percevoir nos mairies pour ces accueils imprévus mais demandés par le clergé, le gouvernement et un paquet d’acteurs en mal de notoriété et d’objectifs.

Si ces réfugiés sont des gens victimes des agissements des américains et des pays qui les ont soutenus dans l’agression contre l’Irak, n’est ce pas à eux de les accueillir en priorité ? Et puis ces gens qui vivent dans des pays où sévit la peine de mort, ne serait-ce pas logique (toutefois ce serait aussi cynique) de les accueillir dans des pays où règne une justice qu’ils connaissent bien, celle qu’ont aussi les USA, l’Arabie Saoudite, les Emirats,… ?

Et c’est là que le quatrième bât blesse, au cas où nos maîtres américains ne voudraient pas assumer les conséquences de leurs actes je ne doute pas que nos députés et sénateurs, partisans des guerres néocoloniales, ont des patrimoines et des moyens financiers qui leur permettent de recueillir chez eux des milliers de réfugiés, après tout Neuilly a bien accueilli les Sarközy et autres descendants d’immigrés, je suis sûr que cette charmante ville de banlieue a des appartements vides et adaptés aux familles nombreuses. Pourquoi demander un effort au peuple de France ?

Alors moi qui suis français de souche et aussi un ferme et indécrottable partisan du droit d’accueil je suis prêt à faire un effort personnel si les réfugiés qui viennent sont des gens du Donbass, le Donbass étant potentiellement une terre qui sera partie intégrante de l’Union Européenne, à un moment ou un autre ; et puis ces gens du Donbass sont des chrétiens orthodoxes, donc ils méritent autant notre soutien que les chrétiens d’Orient ; et si ceux que le gouvernement, l’église et les merdias nous proposent sont des gens potentiellement terroristes, nous le découvrirons rapidement et l’apprenti-caudillo prendra les mesures médiatiques adéquates, comme d’habitude, à postériori, en agitant ses petits bras pour accompagner ses tics nerveux …

Au fait, les Roms, on les garde ou on les vire pour faire de la place ?

Immigrés: Erdogan à la barre !

Une simple approche géographique en dit long sur cette histoire de pauvres gens perdus en mer et rejetés sur le rivage dans une île lointaine.

Donc voici une petite carte qui explique assez clairement où se trouve cette fameuse île de Lesbos, l’espoir du peuple syrien, l’entrée pour eux dans l’Union Européenne.

Lesbos, au bout de la Mer Egée

Et la question qui me turlupine est la suivante : comment ces gens ont-ils pu rater autant d’îles qu’ils avaient sur leur route ?

-Chypre, membre de l’UE serait trop près du Liban pour en faire une terre promise ?

-Rhodes, 1ère grande île grecque aurait été invisible ? Noyée dans le brouillard ?

-la Crète, pas sur la route ?

-et toute cette multitude d’îles grecques qui bordent la Turquie, et qu’ils n’ont pas vues ? Des courants marins et des vents contraires ?

Bref on nous prend pour des bigorneaux ! Ces gens sont venus de Syrie et autres pays pacifiés par les USA et l’OTAN par voie terrestre.

La route est simple, soit on longe la côte méditerranéenne, soit on passe par Ankara, et on atterrit entre Istanbul et Izmir ! Des routes superbes, des autoroutes, et des autobus.

Qui connait la Turquie et notamment sa partie orientale sait très bien qu’on ne passe pas inaperçu et que la police et l’armée sont partout du côté de Gaziantep et de Diyarbakir. Les autorités turques avaient donc ordonné à ses militaires et ses poulets de fermer les yeux, et juste de vérifier si par hasard parmi ces réfugiés il n’y aurait pas des militants kurdes.

Arrivés au nord d’Izmir on voit très bien l’île de Lesbos, à quelques encablures, pas besoin d’un ferry boat, une simple barque vous y amène sans aucun problème. Et c’est à ce niveau que les choses se compliquent, car il ne faut pas que les grecs voient le manège joué par la Turquie. Donc ces chaloupes embarquent les clandestins de nuit, le risque est minime, c’est autre chose que de partir de Libye pour rejoindre l’Italie !

Il y a un autre problème particulièrement dérangeant dans cette magouille, c’est celui de l’obligation d’accueillir les réfugiés. La Convention du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés, dite Convention de Genève, définit les modalités selon lesquelles un État doit accorder le statut de réfugié aux personnes qui en font la demande, ainsi que les droits et les devoirs de ces personnes.

Tous ces réfugiés, entrés sur le territoire national turc, doivent y accomplir les démarches pour y être accueillis. Il en est de même pour ceux qui arrivent à Lampedusa, en Italie. Le simple fait qu’ils continuent leur route pour rejoindre d’autres pays n’en fait plus des réfugiés mais des gens en situation irrégulière, tout simplement, et dans ce cas ils doivent être reconduits dans leur pays d’origine ou dans le pays par lequel ils sont passés pour quitter 'leur enfer’.

Ensuite c’est à la Turquie de poser le problème selon les termes de cette Convention de Genève, en demandant l’aide des autres pays (comme l’a fait l’Italie) plutôt que de magouiller ainsi sournoisement !

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